Lyon s’offre un Cornet d’air frais à Mestalla

Dernière sortie européenne pour l’Olympique Lyonnais qui voulait profiter de cette occasion pour conclure sur une bonne note une campagne qui aura été ratée.
À Mestalla les deux équipes du soir se présentaient en 4-3-3, système classique pour l’équipe espagnole mais plus étonnant pour les hommes d’Hubert Fournier.

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Deux équipes qui se positionnaient en 4-5-1 à la perte du ballon

En effet un 4-4-2 losange semblait évident avec les joueurs couchés sur la feuille du match. Mais chat échaudé craignant l’eau froide, il semblerait que le staff lyonnais n’est pas voulu reconduire le même système qu’au match aller.
Pour rappel c’est à l’issue de ce match que j’avais émis des doutes sur la possibilité de défendre avec une ligne passive de 3 attaquants puisque cela avait permis à Valence d’atteindre facilement les 20 derniers mètres pour ajuster des centres qu’ils maîtrisent parfaitement.

Un combat d’infirmes à Mestalla

Prévisible avant le coup d’envoi, les premières minutes ont confirmé ce constat : les deux équipes manquent cruellement de confiance. Et dans ce combat d’infirme, aucune équipe ne se détachait réellement.
Valence défendait dans un bloc médian en 4-5-1 avec Alcacer qui devait se charger de bloquer Gonalons avant de sortir sur Morel pour l’obliger à allonger. Ce plan a rapidement montré son efficacité, grâce à l’énergie de Alcacer et aux limites de Morel qui a beaucoup de mal à se retourner balle au pied. Il se faisait alors facilement enfermé par le bloc espagnol.
De plus Perez et Danilo se chargeaient des relayeurs lyonnais pour ne pas leur laisser la liberté de construire en étant face au jeu.

 
Côté lyonnais un bloc un peu plus bas a été adopté, là aussi en 4-5-1 mais sans les mécanismes de pressing qui existaient à Valence. On pouvait constater une différence dans les tâches défensives entre Cornet (en individuel sur Gaya) et Grenier (qui fermait d’abord l’axe).

Ce bloc était beaucoup plus cohérent que ce que l’OL a l’habitude de proposer, de par le système utilisé (qui permet une meilleure occupation dans la largeur) mais aussi du fait de la hauteur de ce bloc, qui était une bonne 15aine de mètres plus bas que d’habitude. Les lyonnais étant passifs défensivement, ils ne peuvent pas tenir la hauteur de bloc qu’ils tentent de tenir habituellement. En reculant de 15 mètres, les lyonnais ne permettaient pas à Valence de jouer dans leur dos.

Cependant on peut vraiment regretter l’absence de mécanismes permettant de récupérer le ballon. Il est très étrange pour une équipe de cette envergure de laisser l’adversaire jouer sans jamais vraiment tenter de récupérer le ballon. Au mieux quelques tentatives individuelles étaient à noter (notamment par Darder), avec évidemment bien peu de succès.
Lacazette fut le principal symbole de cette passivité. Car si Alcacer se signalait par son activité pour gêner Morel, on ne peut en dire autant de la pointe lyonnaise.

 
Avec leur bloc remanié, les lyonnais parvenaient à empêcher Valence de jouer dans la profondeur et bloquait plutôt bien l’axe du terrain. Mais en laissant autant de libertés aux milieux adverses, ils ne pouvaient empêcher des changements d’aile d’atteindre un joueur de couloir libre. Et pour y parvenir le FC Valence n’a rien inventé puisqu’ils ont utilisé exactement le même mécanisme qu’au match aller (décrit dans l’article précédemment cité) :

 
Laisser des positions de centre à l’adversaire n’est pas forcément critique … lorsque l’équipe est conquérante sur les ballons aériens à la réception de ces centres ou des corners qui vont résulter des centres contrés.
Ce qui n’est pas du tout le cas de l’OL puisque son adversaire a d’abord touché le montant avant de se voir refuser un but valable sur le 2nd corner du match. Quelques jours après avoir encaissé 2 buts de la tête sur coup de pied arrêté face à Angers.
En 2ème MT les hommes de Gary Neville ont réussi à trouver plus régulièrement des positions de centre, mais ils sont tombés sur une défense lyonnaise solide sur ce type d’action.

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Les duels aériens remportés par Valence (orange) et Lyon (bleu) dans chaque mi-temps

Les hommes d’Hubert Fournier ont eu plus de mal à produire des situations dans les 30 derniers mètres adverses de manière régulière. Mais les quelques situations trouvées étaient majeures et auraient pu permettre à Cornet ou Tolisso d’ouvrir le score. Et les lyonnais auraient pu s’en procurer d’autant plus s’ils avaient exploité les espaces énormes laissés par une défense centrale (notamment Mustafi) complètement perdue.

 
Malheureusement on peut regretter le manque de mobilité de Lacazette et la réticence plus générale des lyonnais à exploiter la profondeur puisqu’il n’y a que Tolisso qui tente régulièrement ce type de course.

Ne parvenant pas à exploiter les espaces laissés par l’adversaire (un problème récurrent à l’OL), les lyonnais étaient repoussés sur les ailes par le bloc adverse. Et plus particulièrement sur l’aile droite puisque Cornet collait la ligne ce qui lui donnait l’espace et le temps pour recevoir le ballon et se mettre face au jeu. Mais l’animation à droite manquait d’idées et de combinaisons, Cornet étant souvent laissé seul pour jouer son duel. Seul Darder est venu une fois combiner avec Cornet, ce qui donna une des meilleures situations de l’OL.

 
L’intensité des autres actions montre l’improvisation dans le jeu, chaque joueur tentant de répondre à sa manière à la problématique. Mêmes les dédoublements sont réalisés sur la pointe des pieds.

En prenant l’exemple du Bayern face à Arsenal, qui se retrouvait régulièrement avec Douglas Costa recevant le ballon sur le flanc droit, on voit parfaitement qu’une solution collective avait été préparée : Lahm propose continuellement une solution, soit à l’intérieur (underlapping) soit à l’extérieur (dédoublement ou overlapping).

 
À nouveau l’OL peine à tirer le maximum de ce qu’il peut créer par un manque évident de principes collectifs.

Un nouveau départ pour les lyonnais?

Comme après le derby remporté 3-0, l’analyse de la performance amène à émettre des réserves sur cette victoire.
Les lyonnais ont affronté une équipe au plus mal, qui a su montrer quelques mécanismes collectifs intéressants mais qui n’a jamais su mettre de rythme dans le match et qui a été régulièrement battue dans les duels individuels.
Le but refusé de Mustafi aurait certainement changé la physionomie du match et il serait hasardeux de miser sur des buts de ce type à chaque match pour Cornet.

Cependant tout n’est pas à jeter car le bloc défensif de l’OL est bien plus cohérent dans cette configuration que dans celle présentée depuis le début de la saison. C’est une bonne base pour reconstruire l’équipe, si le staff en est capable. Sinon c’est vers le président de l’OL qu’il faudra se tourner.

3 thoughts on “Lyon s’offre un Cornet d’air frais à Mestalla

  • 11 décembre 2015 at 12:03
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    Très bon article merci! Hier contre l’Ajax, Molde a aussi joué avec le même schéma (défense en 4-5-1 // attaque en 4-3-3) mais j’ai trouve leur défense très efficace (la ligne de 5 très porche des 4 défenseurs + il y avait toujours au moins 1 milieux qui sortait au pressing, la ligne de 5 se retrouvant souvent en zig-zag il était complique pour l’Ajax de jouer entre les 2 lignes). Peut-être une alternative a la passivité lyonnaise 🙂

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    • 11 décembre 2015 at 14:11
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      Merci à toi Juan!
      Effectivement la ligne de 5 au milieu permet d’avoir 1 (voire 2) joueur qui sort pour presser sans déséquilibrer l’équipe.
      Chaque entraîneur définit les conditions pour sortir au pressing, ce qu’on appelle les « déclencheurs » du pressing. Malheureusement l’OL n’a pas mis ceci en place depuis l’arrivée de Fournier.

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  • 11 décembre 2015 at 20:22
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    Contre le PSG on devrait revoir ce type de défense très basse. Par contre, sur d’autres matchs (Tours ?), j’aimerais voir le même 4-1-4-1 en phase défensive avec une véritable sentinelle (Gonalons) et une ligne de 4 beaucoup plus haute.

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