Est-ce possible de défendre avec 3 attaquants?

Tout d’abord je tiens à dire que même si la suite de l’article va être centrée sur l’Olympique Lyonnais, cet article est une réflexion plus générale sur l’animation défensive d’une équipe avec 3 attaquants.

L’Olympique Lyonnais vit un début de saison assez compliqué. Un déficit offensif mais aussi (et surtout?) une cruelle incapacité à récupérer le ballon face aux équipes prenant le temps de construire leurs offensives.
Les matchs face à Gent puis face à l’OM ont mis en lumière ces difficultés, les lyonnais étant quasiment incapables de récupérer le ballon alors qu’ils évoluaient en supériorité numérique.

Mais cette incapacité n’est pas apparue lors d’un triste mercredi soir belge, elle traîne depuis beaucoup plus longtemps. Car si elle ne sautait pas aux yeux lors des premiers matchs, l’explication était plutôt à chercher du côté des idées des adversaires qui n’étaient pas franchement mécontents d’éloigner le cuir le plus rapidement possible.

Comment expliquer qu’une équipe comme l’Olympique Lyonnais, équipe européenne jouant le haut de tableau dans son championnat, peine à récupérer le ballon face à n’importe quel adversaire cherchant à construire?

Comment défend l’OL?

À force de voir et revoir des matchs, j’en suis venu à me demander pourquoi est-ce que l’OL peinait tant à récupérer le ballon. Les classiques reproches de « détermination » ou « d’envie » pouvait s’entendre, mais ils n’expliquent pas tout.
Comme chacun le sait, l’OL joue depuis près de 2ans dans un 4-4-2 avec un milieu en losange. Mais si le losange est de plus en plus difficile à identifier lorsque l’équipe a le ballon (ce qui plutôt logique car les joueurs n’ont pas vocation à rester dans leur positionnement du coup d’envoi), c’est encore plus vrai lorsque l’équipe n’a pas le ballon. En effet l’OL se positionne actuellement dans un 4-3-3 lorsque son adversaire a le ballon. Pour être plus précis, Valbuena n’occupe pas une position derrière les 2 attaquants mais vient former une première ligne de 3 joueurs avec ses compères d’attaque.

433-défendre
Qu’on soit spécialiste de la géométrie ou non, pas simple de trouver le losange chez les lyonnais!

En phase défensive, l’Olympique Lyonnais a donc abandonné son 4-4-2 losange pour adopter un positionnement en 4-3-3. Un retour aux sources avec le fameux 4-3-3 lyonnais?
Pas vraiment puisqu’un coup d’oeil vers le passé nous permet de voir que dans son fameux 4-3-3, l’Olympique Lyonnais faisait redescendre ses 2 ailiers pour se présenter dans un 4-1-4-1 (ou 4-5-1).

De plus, aujourd’hui, l’objectif de la première ligne lyonnaise n’est pas réellement de récupérer le ballon en harcelant l’adversaire, mais plutôt de s’opposer à la progression de ce dernier.
L’OL se place dans une attitude plus passive en se regroupant pour empêcher l’adversaire de progresser. En étant actif, une équipe cherche à faire commettre des erreurs à l’adversaire et à mener le jeu même sans ballon. L’Athletic Bilbao est l’exemple d’une équipe qui défend de manière active, et la différence saute aux yeux :

L’animation de l’Olympique Lyonnais est aux antipodes de ce choix. Cependant même si cela ne correspond pas à ma sensibilité, adopter un bloc passif n’est en rien rédhibitoire au haut niveau.

Lignes de Troie, le cheval de Gerland?

Comme on l’a vu précédemment, l’OL a choisit de construire son bloc défensif autour de 2 idées :

  1. 3 lignes disposées en 4-3-3 en faisant jouer Valbuena avec les 2 attaquants
  2. Une approche passive pour s’opposer à la progression de l’adversaire

Et c’est en cumulant ces 2 choix que les lyonnais se mettent en grande difficulté. En effet si l’on représente le positionnement de ce bloc face à une relance adverse, on comprend rapidement qu’empêcher l’adversaire de progresser va être très compliqué.

Protéger l’axe ou empêcher le jeu sur les ailes : Impossible de tout faire à 3
Protéger l’axe ou empêcher le jeu sur les ailes : Impossible de tout faire à 3

À gauche une équipe positionnée dans un 4-3-3 très axial, qui décide de verrouiller l’axe du terrain. Dans cette configuration l’adversaire peut facilement jouer sur un latéral qui aura de l’espace pour progresser : le bloc lyonnais sera déséquilibré (il devra courir vers son but pour se remettre entre le ballon et la cage).

À droite la première ligne est plus étirée, avec 2 attaquants qui s’excentrent pour empêcher la relance d’atteindre le latéral. Mais dans cette position des espaces sont créés dans l’axe du terrain, et le porteur de balle peut facilement trouver un coéquipier derrière la 1ère ligne de 3.

Et il n’y a pas besoin de chercher bien longtemps pour identifier ces problèmes dans la réalité du terrain :

Kalulu (à droite) décide de couper la passe vers le latéral, ce qui crée un intervalle avec Valbuena positionné au centre. Intervalle exploité par un milieu adverse qui décroche puis par une passe qui traverse la 1ère ligne pour trouver le latéral.
De l’autre côté, Beauvue ferme l’axe et empêche les passes vers le centre du terrain. Ce qui permet à Valence de trouver le latéral très facilement.
Très tranquillement le FC Valence est parvenu à faire reculer l’OL devant sa surface en exploitant les faiblesses structurelles du bloc lyonnais. Est-ce que parce que les lyonnais sont des fainéants qui ne font pas assez les efforts, ou parce qu’ils ne font pas preuve d’assez de détermination? Pas sûr.

Pour accéder au Graal, il faut avoir de l’accès au ballon

Chaque joueur sur le terrain est capable de couvrir une zone et d’assurer la présence de son équipe dans cette zone. C’est sur ce principe que se base la défense en zone. Il n’existe évidemment aucune valeur générique permettant de dire qu’un joueur couvre 50m², puisqu’un Matuidi sera capable de couvrir une surface bien plus importante qu’un Pirlo. Mais supposons que l’on trace autour de chaque joueur un cercle de 10m de diamètre, qui représenterait la zone dans laquelle il peut intervenir rapidement, le résultat est sans appel pour un bloc en 4-3-3 :

Aucun joueur n'est capable d'intervenir rapidement dans les couloirs
Aucun joueur n’est capable d’intervenir rapidement dans les couloirs

Dans cette configuration, l’accès aux couloirs est quasiment nul. Pour une simple et bonne raison : 3 joueurs ne suffisent pas pour couvrir la largeur d’un terrain.

Cette animation est donc intenable pour les joueurs de l’OL, notamment les milieux de terrain qui font énormément d’efforts pour coulisser sans avoir de réel espoir de récupérer le ballon. Car le temps d’arriver sur le joueur de couloir adverse, celui-ci a eu le temps de maîtriser le ballon et de se préparer à être cadré.
La ligne des 3 milieux ne peut donc plus prétendre récupérer le ballon, elle doit simplement tenter de limiter la casse, ce qui est très dur physiquement et mentalement. Fatalement l’adversaire parvient à trouver un décalage en multipliant les changements d’aile.

Règle de trois c’est ok, mais comment y remédier?

Maintenant que le problème a été identifié, il est intéressant de savoir comment le régler. Pour rappel, le bloc lyonnais se dispose en 4-3-3 et adopte un comportement passif (notamment sa 1ère ligne).
On a vu l’incompatibilité entre ces 2 principes, il va donc falloir en abandonner (au moins) un pour proposer une solution permettant d’empêcher l’adversaire de progresser voire de récupérer le ballon.
Mais avant de jeter à la poubelle les choix du staff lyonnais, penchons-nous sur la raison de ceux-ci.

Pourquoi choisir d’installer un bloc passif ?

Le bloc passif est couramment contesté par les suiveurs, qui aimeraient voir toutes les équipes déployer la même énergie et la même intensité que Bilbao à la récupération. C’est d’ailleurs un compliment qui revenait souvent à propos de l’OM de Bielsa.
Cependant ce qui est bien souvent passé sous silence, c’est le contrecoup de cette activité. Déployer tant d’efforts se paye dans la lucidité et se ressent dans l’efficacité.
C’est d’ailleurs une excuse revenant régulièrement à propos des marseillais lors de la saison 14/15, qui manquaient d’efficacité. Pas étonnant pour une équipe mettant autant d’intensité dans les phases sans ballon. Au contraire l’attaque lyonnaise était louée pour son adresse face au but, et là encore on peut certainement relier cette efficacité aux efforts minimes fournis par la 1ère ligne de l’OL.
Lorsqu’Hubert Fournier fait le choix d’adopter un bloc passif, il le fait donc peut-être avec l’idée de préserver ses offensifs pour qu’ils soient les plus efficaces possibles avec le ballon. De plus le coach lyonnais juge peut-être que ses attaquants ne sont pas capables de maintenir une intensité élevée pour défendre.

Et pourquoi 4-3-3 d’abord ? Ils ne sont pas en losange à l’OL ?

Initialement les lyonnais se déploient à partir d’un 4-4-2 avec un milieu en losange dont Valbuena est la pointe haute. Naturellement il serait possible pour Hubert Fournier de demander à ses joueurs de conserver cette disposition lors des phases défensives. Dans cette configuration l’espace derrière les 2 attaquants est couvert, ce qui permet d’éviter les situations de ce type :

Ce problème est réglé, mais il y a toujours un déficit d’accès sur les ailes.
Pour ne pas se retrouver avec une ligne de 3 joueurs coulissant sur toute la largeur, la pointe haute du losange vient s’insérer dans la ligne du milieu.


 
L’équipe se retrouve avec une ligne de 4 joueurs au milieu, ce qui permet de mieux occuper la largeur et donc d’être plus rapide à coulisser de l’autre côté si l’adversaire change d’aile.

Cette solution est très intéressante, car elle permet de défendre l’espace derrière les attaquants lorsque le ballon est au centre puis de défendre correctement sur la largeur lorsque le jeu s’excentre.
Cependant Hubert Fournier a abandonné cette animation présente sous Garde. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle fait reculer son meneur de jeu et lui impose beaucoup d’efforts pour maintenir l’équilibre de l’équipe. Ce dernier doit venir dans la ligne du milieu lorsque le ballon s’excentre, puis revenir derrière les attaquants puis à nouveau coulisser si le ballon change d’aile. Que ça soit la Juventus ou l’OL, les 2 équipes profitaient d’un joueur à grosse activité (respectivement Vidal et Grenier), capables d’occuper le poste de relayeur ou de jouer un cran plus haut.
Valbuena n’est pas ce type de joueur, il semble compliqué de lui demander d’avoir l’impact d’un Vidal pour équilibrer le bloc tout en conservant un rôle prépondérant dans les phases avec ballon. Comme précédemment avec le bloc passif, c’est donc probablement avec l’idée de préserver son joueur offensif qu’Hubert Fournier a décidé de construire un bloc en 4-3-3 et non pas avec un losange.

PS : Kaka pourrait être cité en contre-exemple, mais le football d’il y a 10ans était déjà différent du football actuel. Les équipes prenaient moins le temps de travailler le bloc adverse jusqu’à trouver l’ouverture, ce qui permettait à Kaka de réaliser ce type d’effort sans se cramer en le faisant pendant 90 minutes.

Avec tout ça, l’OL semble condamné à mal défendre non ?

Sans faire de concession sur les principes du coach lyonnais, il semble effectivement compliqué d’envisager un bloc lyonnais empêchant l’adversaire de progresser ou capable de récupérer rapidement les ballons.
Préserver ses joueurs offensifs est une idée louable qui a eu des résultats satisfaisants pendant la saison 2014/15 en permettant aux offensifs lyonnais d’évoluer à un très haut niveau. Cependant en laissant 3 joueurs « au repos » sur les phases défensives, Hubert Fournier demande énormément d’efforts aux 7 autres joueurs de champ. Avec 4 compétitions au calendrier, cela pourrait se payer au cours de l’année.

Mais puisque pointer les problèmes sans rien proposer ne me plaît guère, on va voir comment l’Olympique Lyonnais pourrait modifier son animation défensive pour être plus efficace sans pour autant renier les principes énoncés jusqu’ici.
Et pour cela, il faut regarder comment défendent les équipes avec 3 attaquants faisant partie des meilleurs joueurs de l’équipe (qui ont donc moins tendance à se « sacrifier » pour l’équipe).

La solution évidente : redescendre sur les ailes

En faisant redescendre 2 joueurs offensifs pour occuper les côtés, l’OL n’aurait plus la problématique d’une ligne de 3 joueurs peinant à couvrir le terrain. En effet avec 5 joueurs sur la ligne du milieu, le bloc occupe parfaitement la largeur.

Dans ce système, l'occupation de la largeur est beaucoup plus cohérente
Dans ce système, l’occupation de la largeur est beaucoup plus cohérente

Le gain en cohérence défensive est indéniable, mais la conséquence est assez évidente : cela fait défendre 2 attaquants, et potentiellement très bas sur le terrain (car ils peuvent être amenés à suivre le latéral adverse). Un travail physique et mental très différent de celui requis par l’animation actuelle. Cependant cette idée trotte sûrement dans la tête d’Hubert Fournier qui avait appliqué cette défense en 4-5-1 (ou 4-1-4-1) lors de la 2ème MT face à Gent.

L’occupation spatiale est meilleure, Gent n’a plus automatiquement un joueur libre à l’opposé. Il serait alors possible pour l’OL de maintenir un bloc passif en empêchant véritablement l’adversaire de progresser puisqu’il n’a pas de joueur libre accessible facilement permettant de déséquilibrer le bloc. Mais on voit aussi les limites de ce changement soudain avec des attaquants qui n’ont pas du tout l’habitude de revenir défendre très bas et qui ne maîtrisent pas (encore?) ce système.
En étant passif, le bloc a besoin de joueurs de couloir capables de suivre leur vis-à-vis pour ne pas abandonner leur latéral en infériorité numérique.
Ce passage en 4-5-1 est généralement la solution choisie par Chelsea (4-1-4-1 ou 4-4-1-1 selon les joueurs) ou par le PSG. Des équipes qui profitent de l’activité de leurs joueurs se replaçant dans les couloirs (Cavani ou Willian).
Mais il me paraît peu probable de voir cette solution s’installer car elle change complètement le statut des offensifs lors des phases défensives par rapport à ce qui se fait actuellement à l’OL.

Une solution pourrait être de devenir actif dans les phases sans ballon, comme le faisait Mayence la saison dernière.


 
Le bloc empêche la progression en 4-5-1 (donc avec une occupation spatiale cohérente) et se tient prêt à récupérer le ballon par le biais de ses joueurs de couloir. Ces attaquants n’ont donc plus forcément à défendre vers leur cage, ils participent à l’effort collectif pour tenter de récupérer le ballon au moment venu.

Cette animation est très séduisante mais elle nécessiterait qu’Hubert Fournier mette au placard les 2 principes qui définissent le bloc défensif actuel de son équipe (bloc passif en 4-3-3).

Le 4-4-2 à la sauce espagnole

Lorsque l’on cherche une équipe avec 3 attaquants de haut niveau, le FC Barcelone et le Real Madrid se présentent comme de beaux exemples. Dans leur animation défensive de la saison passée, j’ai une préférence pour le travail des barcelonais.


 
L’équipe part d’un positionnement proche du bloc lyonnais, avec un 4-3-3 axial pour obliger l’adversaire à jouer sur l’aile. Comme à l’OL, c’est le milieu qui coulisse très vite pour venir cadrer sur l’aile. Mais contrairement à ce que font les lyonnais, on voit que Barcelone abandonne son système en 4-3-3 lorsque le milieu a coulissé puisque l’attaquant à l’opposé de l’action vient s’insérer dans la ligne du milieu.

Par cette solution Barcelone n’améliore pas forcément son accès au ballon sur la première situation (pour cadrer), mais ils gagnent en équilibre en anticipant un possible changement d’aile adverse. Cela permet au milieu barcelonais d’être vraiment compact côté ballon car ils savent qu’ils n’auront pas à traverser le terrain pour bloquer immédiatement l’aile opposée.

J’aime particulièrement cette solution car elle est moins exigeante pour les attaquants que redescendre sur les ailes pour un 4-5-1. En effet l’attaquant qui vient s’ajouter dans la ligne du milieu est à l’opposé de l’action, ce qui lui permet de participer à l’équilibre de l’équipe sans mettre trop d’énergie dans la phase défensive.
Pour être tout à fait honnête l’animation barcelonaise n’est pas réellement celle-ci puisque c’est surtout Neymar qui vient s’insérer dans la ligne du milieu, Messi étant plus préservé. Mais l’idée reste envisageable.

Côté Real Madrid, on retrouve l’idée du joueur préservé (Cristiano Ronaldo) qui implique une asymétrie dans l’animation défensive puisque c’est uniquement Bale qui vient s’ajouter à la ligne du milieu.
Ici l’animation est plus basique puisque Bale décroche immédiatement pour obtenir un bloc en 4-4-2, le Real est donc assez peu en 4-3-3 lors des phases défensives.

Quelque soit la solution analysée, on voit très bien que ces 2 clubs n’envisagent pas de défendre avec un bloc en 4-3-3 malgré l’importance (dans le jeu et médiatique) de leurs attaquants.
Peut-être que les lyonnais devraient s’inspirer de ces 2 mastodontes pour constater que l’animation actuelle est intenable et que certains changements seront nécessaires.

8 thoughts on “Est-ce possible de défendre avec 3 attaquants?

  • 13 octobre 2015 at 13:23
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    Très bon article, comme d’hab.
    Mais comment faisait Lyon la saison dernière pour impulser une récupération souvent plus haute et énergique qu’aujourd’hui, alors qu’était aligné un trio Fekir-Lacazette-Njie ?

    Fekir était un numéro 10 à la sensibilité plus proche d’un Valbuena que de Gourcuff/Grenier (goût pour la percussion et la dernière passe vs coffre physique et avant-dernière passe, pour schématiser grossièrement), le problème initial n’était-il donc pas le même ?

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    • 13 octobre 2015 at 23:15
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      Déjà merci beaucoup Erwann!
      Ensuite c’est une très bonne réflexion, je me suis moi-même posé la question. Pourquoi est-ce que l’OL ne montrait pas tant de problèmes à la récupération du ballon la saison passée?

      Pour débuter il faut savoir que l’OL est plutôt très bon dans le counterpressing, ce qui signifie que l’équipe arrive bien à récupérer le ballon immédiatement à la perte du ballon. Ce qui permet de maintenir une vraie pression dans le camp adverse pendant de longues périodes (et on le voit encore cette année, cf 2ème MT contre Valence par exemple). Le problème est face aux équipes qui posent le jeu.
      L’année dernière l’équipe était en pleine confiance et faisait peur aux adversaires. La conséquence directe est que très peu d’adversaires prenaient le « risque » de construire calmement. Et l’équipe était globalement plus portée vers l’avant, poussée par cette confiance (donc moins passive)
      Enfin il y avait moins de matchs à jouer, donc une forme physique forcément un peu meilleure. Permettant de faire un peu plus de courses (avec plus d’intensité) pour tout le monde.

      J’ai fouillé ma bibliothèque de matchs pour trouver un match pendant lequel l’adversaire a pris le temps de construire l’année dernière, et voici quelques occasions construites par les rémois :
      https://streamable.com/gaz0

      On reconnait des lacunes identifiées dans l’article, mais on peut voir quelques différences (Fekir est généralement un peu plus bas, Njie plutôt excentré et actif).

      En bilan, je n’arrive pas à identifier une cause expliquant la différence. Je pense que c’est une somme de petites choses, et la plus importante est peut-être la volonté de l’adversaire de construire.

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  • 14 octobre 2015 at 16:42
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    L’analyse est intéressante, mais le point de départ (l’OL défend mal) me semble moins évident. Cette saison l’OL encaisse peu de buts, Lopez n’est pas surexposé, et l’équipe parait fébrile seulement sur les coups de pieds arrêtés.

    Cette défense à 3 laisse une grande liberté de construction à l’équipe adverse autour de la ligne médiane, mais le bloc défensif de 7 joueurs contient plutôt bien les attaques adverses dans la zone décisive.

    Au delà de la perte de possession (la meilleure défense étant encore d’avoir la balle), ce choix tactique est il vraiment préjudiciable défensivement?

    Pour moi le grand défaut c’est la récupération de balle plus basse sur le terrain, qui handicape surtout notre attaque.

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    • 15 octobre 2015 at 08:05
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      Tu noteras que la question concluant l’introduction est :

      Comment expliquer qu’une équipe comme l’Olympique Lyonnais, équipe européenne jouant le haut de tableau dans son championnat, peine à récupérer le ballon face à n’importe quel adversaire cherchant à construire?

      Comme tu le dis bien, l’OL concède finalement assez peu d’occasions. Mais dès qu’un adversaire cherche à poser le jeu, l’équipe est incapable d’enrayer ces velléités et de reprendre le contrôle du match en récupérant assez vite le ballon.
      Et quand tu subis le jeu assez bas dans ton camp, tu concèdes beaucoup plus de CPA dangereux. Des CPA qui ne sont pas la tasse de thé de l’OL.

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  • 16 octobre 2015 at 14:53
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    Superbe analyse.
    Madrid ou Barcelone ne veulent pas trop faire défendre Messi, C.Ronaldo ou Suarez car ce sont des joueurs monstrueux, même à notre échelle on ne peut pas en dire autant de Valbuena…
    Fékir ou Gourcuff défendaient bien plus l’année dernière alors qu’il étaient plus décisifs, je ne comprends pas bien pourquoi on a changé d’animation défensive alors qu’elle avait fait ses preuves.
    Le plus simple serait sûrement de demander à Valbuena de défendre plus quand on n’a pas le ballon, avec presque 60% de possession en moyenne ça ne me parait pas insurmontable.

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  • 21 octobre 2015 at 13:19
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    This is absolutely top stuff! If only you could write this on English.

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  • 22 octobre 2015 at 12:23
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    Please translate this to English. This is absolutely amazing.

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  • 7 janvier 2017 at 15:12
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    Tes analyses des matchs sont des véritables leçons de football , je te remercie pour là profondeurs de tes analyses .continue à nous régaler .
    Ta place devrait être professeur au sein d’une fédération de football .
    Merci encore

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