Que vaut réellement le Real Madrid?

Le Real Madrid se construit indubitablement autour de l’attaque depuis qu’il est sous la tutelle de Florentino Perez. La raison est très simple : l’attaque représente le spectacle, les joueurs offensifs sont les plus bankables et ce sont les buts marqués qui font rêver le public.

Cette vision est caricaturale mais elle résume bien ce qu’est le Real Madrid du 3ème millénaire. La politique des galactiques est toujours de rigueur, et ce n’est pas un hasard si l’ensemble de la défense a coûté 115M€ tandis que les 5 joueurs offensifs en ont coûté 3 fois plus. Avec Isco, James, Bale, Cristiano Ronaldo et Benzema, les merengue ont des armes affutées pour faire mal à l’adversaire.

Mais l’adage est bien connu, il ne suffit pas d’avoir de très bons joueurs pour être une très bonne équipe.

Préliminaires – Real Madrid

Il ne fait aucun doute que le Real Madrid a de très bons joueurs, et ceci sur toutes les lignes.

La BBC, Modric, Kroos, Marcelo, Ramos et Navas sont les titulaires indiscutables, les autres postes impliquant soit un turnover régulier car 2 joueurs assez proches (Pepe / Varane et Carvajal / Danilo), soit la nécessité d’un changement tactique (Casemiro).

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Les deux organisations préférentielles du Real Madrid, lorsque toutes les forces sont disponibles

Dans son inamovible 4-3-3, la Maison Blanche est aujourd’hui l’équipe qui a le plus trouvé le chemin des filets en Europe.
Portés par une qualité technique de haute volée, les madrilènes n’ont aucun mal à prendre le contrôle du ballon et à le faire circuler pendant de longues séquences. Cependant malgré cette capacité à tenir le ballon et ce florilège de buts marqués, l’équipe madrilène peine à convaincre. A tel point que son entraîneur a été remercié après 6 mois, pour être remplacé par l’homme de la maison, Zinédine Zidane. Ce changement était motivé par un jeu décrit comme « ennuyeux » sous Benitez.
Si l’arrivée de Zidane a certainement amené de la fraîcheur dans le vestiaire, son influence sur le jeu de l’équipe n’est, pour l’instant, pas éclatante. L’alternance entre scores fleuves et prestations décevantes pousse à l’interrogation : qu’est-ce que vaut ce Real Madrid ?

Stérile or not stérile ?

Cela peut sembler exagéré de parler de « stérilité » ou de jeu « ennuyeux » pour parler de la deuxième équipe prenant le plus de tirs en Europe (derrière le monstre bavarois). Et pourtant c’est le mot qui me vient à l’esprit quand je regarde la majorité des matchs du Real Madrid,

Cet exemple est typique de la construction des actions par le Real Madrid, où l’on identifie rapidement le fameux « U » que Guardiola veut tant éviter. C’était d’ailleurs la raison du repositionnement de ses latéraux vers le centre du terrain.
À Madrid ce « U » est la conséquence directe du positionnement des joueurs (plus particulièrement milieux et attaquants) qui semblent craindre comme la peste le bloc adverse.

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La solitude du pivot de Las Palmas, qui va passer 90 minutes sans voir un adversaire.

En restant tous hors du bloc, les joueurs assurent une circulation facile du ballon; Facile mais globalement stérile puisqu’il n’y a aucune pénétration associée à cette circulation.
Pour pouvoir pénétrer le bloc adverse (ce qui doit être l’objectif d’une possession), il est nécessaire d’éliminer la ligne de pression située devant le porteur. Par conséquent il faut des joueurs situés derrière cette ligne, joueurs qui doivent ensuite se positionner pour ouvrir des lignes de passe. Le Real Madrid ne pêche pas dans ses tentatives pour éliminer la ligne de pression … puisqu’ils n’ont même pas l’occasion de tenter ces passes.

Le concept de ligne de pression est habituellement utilisé pour des lignes horizontales (qui représentent la défense, le milieu et l’attaque adverse), mais on peut aussi employer ce principe avec des lignes verticales lorsque le jeu se déploie dans les couloirs. Et qu’on parle de lignes verticales ou horizontales, le constat est le même puisque le Real Madrid n’arrive pas (n’essaye pas) à jouer dans le dos de la ligne qui s’oppose au porteur.
Un constat qui amène à une conclusion simple : le Real Madrid ne peut pas déséquilibrer l’adversaire avec un positionnement qui empêche d’éliminer la ligne de pression.

Des problèmes de connectivité

Comment expliquer que cette équipe constituée d’excellents joueurs ne puisse faire mieux que contourner inlassablement le bloc adverse? Tout simplement parce qu’il n’y a pas de cadre collectif clair. En voyant le jeu se dérouler il est évident que chaque joueur agit selon ses préférences sans spécialement chercher à répondre à des problématiques collectives.

La construction des actions du Real Madrid se basent certainement autour de l’idée d’utiliser les qualités en 1 contre 1 de Bale et Cristiano pour faire la différence. Par conséquent ces 2 joueurs restent très au large, à la manière des ailiers du Bayern Munich.
Cependant pour qu’ils ne se retrouvent pas isolés du reste de l’équipe, il faut avoir un joueur qui fait le lien entre l’aile et le centre du terrain, en se positionnant dans le fameux half-space.

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Deux structures classiques pour animer un couloir

Et c’est là que le bât blesse, puisque le Real Madrid a toutes les peines du monde à avoir ses ailes connectées avec le reste de l’équipe. Benzema réalise régulièrement ce travail – ce qui explique son importance dans le jeu madrilène – mais il est alors suivi par les centraux adverses qui vont, a minima, l’empêcher de se trouver face au jeu.

Cette tâche de lien entre l’aile et le centre incombe normalement aux relayeurs, qui doivent sortir de leur zone de confort pour se positionner entre les lignes adverses. Cependant le manque de cadre collectif est criant quand on se penche sur le travail réalisé par Kroos, Modric et Isco. En effet les 2 premiers – c’est d’autant plus vrai pour Kroos – ont tendance à rester hors du bloc adverse pour recevoir le ballon face au jeu et diriger la construction depuis une position plus reculée. Mais dans cette position ils ne peuvent pas connecter avec leur ailier, qui se retrouve complètement isolé sur son aile.

 
Lorsqu’Isco occupe ce poste (relayeur gauche), la différence saute aux yeux puisque ce dernier n’hésite pas à évoluer très haut pour répondre au positionnement de son joueur de couloir : l’animation du flanc gauche est alors bien meilleure puisque celui-ci n’est plus isolé du reste de l’équipe.

 

Il n’est pas étonnant de constater des comportements différents entre Isco et Kroos qui sont deux joueurs ayant des sensibilités différentes. Ce qui l’est plus c’est de voir à quel point le rôle du relayeur dépend du joueur en place, alors que des principes collectifs (comme venir connecter avec l’aile) devraient faire émerger des comportements communs.

Toutefois les relayeurs ne sont pas les seuls à symboliser cette dominante individuelle lorsqu’il s’agit de venir connecter les différentes zones du terrain. En effet les attaquants ne restent pas toujours écartés sur toute la largeur, et il arrive qu’un attaquant vienne créer le surnombre côté ballon pour permettre des combinaisons. Mais le plus souvent ils abandonnent très vite leur position dans le half-space pour se positionner dans la surface : le porteur du ballon doit donc se débrouiller pour parvenir à mettre le ballon dans la boîte par ses propres moyens.

 

La comparaison avec leurs voisins colchoneros est particulièrement frappante. J’en avais parlé dans l’analyse de l’Atletico Madrid, cette équipe aime construire ses actions en surchargeant une aile et en réalisant des combinaisons très rapides dans cette zone.


Notez comme le soutien au porteur est différent, la volonté est de faire parvenir collectivement le ballon dans la surface. Au Real Madrid on s’en remet à la supériorité individuelle pour mettre le ballon devant le but.

Par « chance » (et quelques euros) les madrilènes ont d’excellents joueurs. Oui je l’ai déjà dit mais je pense qu’il faut le répéter. Le cadre collectif défaillant amène à se poser des questions sur les individus, mais ils n’en demeurent pas moins qu’ils appartiennent au gratin mondial.

Et c’est cette supériorité individuelle qui permet de transformer les possessions essentiellement stériles en wagons de buts. En effet plusieurs joueurs sont capables de fixer et déséquilibrer 1 ou 2 adversaires tout en conservant la capacité à donner le ballon ensuite. Que ce soit Bale, Cristiano, Benzema, Modric, Isco, Marcelo voire Kroos, ces joueurs n’hésitent pas à inviter la pression en progressant balle au pied vers la cage adverse.

La différence avec une équipe comme le Bayern Munich, qui mise aussi beaucoup sur les 1 contre 1 dans le derniers tiers du terrain, c’est que le Real Madrid se repose sur la supériorité individuelle de ses joueurs sans rien faire pour accentuer cette supériorité ou aider ces joueurs. Les bavarois construisent tout leur jeu pour trouver les meilleurs joueurs de 1c1 dans des situations favorables, tandis que le Real trouve les joueurs en bout d’une circulation lisible et sans déséquilibrer l’adversaire. De plus vous pouvez le voir sur la vidéo, le porteur de balle est abandonné à son sort, les autres joueurs étant spectateurs de l’action.

Le manque de cohérence collective s’exprime aussi à plein régime lorsque le Real Madrid surcharge un côté pour libérer le flanc opposé. De nouveau c’est un plan de jeu classique en Bavière, et les madrilènes n’ont aucune difficulté technique à aspirer le bloc adverse (ils ont plus de mal à la faire régulièrement puisque les joueurs viennent rarement côté ballon pour créer un surnombre). Mais lorsqu’ils fixent, on voit bien que le mécanisme n’est pas préparé et rodé comme dans les équipes de Guardiola ou Tuchel.
Contrairement au Bayern Munich, ce ne sont jamais les meilleurs joueurs de 1 contre 1 qui sont trouvés suite à un changement de jeu : ce sont les latéraux qui restent au large et sont hommes libres. Mais Dortmund en fait de même et tire grand bénéfice de ces situations, ce n’est pas donc forcément une mauvaise chose. Sauf que l’on voit des mouvements collectifs à Dortmund qui témoignent d’un schéma travaillé, visant à véritablement libérer le latéral pour le trouver dans la course. Vous l’avez deviné, on ne voit pas ces mouvements chez les hommes de Zidane.

 

Le jeu du Real Madrid donne vraiment l’impression d’être improvisé, sans qu’aucun cadre collectif fasse en sorte que les prises de décisions aillent dans le même sens.
L’équipe étant constituée d’excellents joueurs, ils parviennent à gagner du terrain en portant le ballon face au jeu. Ce gagne terrain permet aux madrilènes de déclencher énormément de frappes depuis les 30 derniers mètres, notamment via les 2 artificiers que sont Cristiano Ronaldo et Gareth Bale. Loin d’être idéales, ces frappes ont le mérite de mettre le danger et de générer beaucoup de corners sur lesquels les madrilènes sont performants.

Offensivement il ne fait aucun doute que le Real Madrid ne propose pas un jeu aussi cohérent et fluide que les meilleures européennes. Le niveau des joueurs permet de marquer beaucoup de buts assez régulièrement, mais s’en remettre autant aux performances individuelles implique forcément de l’irrégularité.

De plus les problèmes relevés pendant ces phases offensives ne sont pas sans conséquence lorsque les madrilènes perdent le ballon.

Un maillage trop lâche

Avec son manque de connexions dans le bloc adverse, le Real ne se complique pas seulement la vie lors des phases de construction. En effet la mauvaise structure de l’équipe pendant les phases de possession empêche celle-ci une récupération rapide du ballon. Devenu une norme pour toutes les équipes souhaitant contrôler le ballon, depuis le Barcelone de 08/09, le pressing à la perte de balle dépend en effet de la capacité à appliquer très vite de la pression sur le joueur venant de récupérer la balle.

Avec un maillage du terrain défaillant, le Real Madrid est dans l’incapacité d’appliquer rapidement une forte pression au porteur. L’équipe étant composée de joueurs ambitieux, ces derniers cherchent généralement à réaliser un gegenpressing pour vite récupérer le cuir. Mais celui-ci manque d’efficacité à cause de la structure collective au moment de la perte du ballon.

 

Outre l’inefficacité dans la récupération, ces courses peuvent mettre en péril l’équilibre de l’équipe si l’adversaire parvient à trouver une passe vers l’avant.

De plus on a vu précédemment que les madrilènes passent énormément par les ailes et parviennent à mettre le ballon dans la boîte assez rapidement. Pas forcément étonnant puisque cela correspond à peu près à l’idée de jeu de Zidane :

Je veux la possession et un jeu basé sur des passes rapides, à deux, trois touches. L’idée est d’arriver très vite devant le but adverse, mais d’arriver en nombre – Zinédine Zidane

Bon on est d’accord, les 2/3 touches de balle ça n’est pas encore ça. Mais effectivement le Real Madrid va vite devant le but adverse, la préparation des attaques est nettement moins longue qu’à Barcelone ou au Bayern Munich. Par contre le Real Madrid n’arrive pas en nombre dans la surface. La plupart du temps on retrouve les attaquants … et c’est tout. Les milieux restent sagement en retrait, il y a une vraie rupture entre le comportement des offensifs et celui des milieux. Une nouvelle preuve du manque de lien entre les différentes lignes. Ce comportement a évidemment un impact sur les performances offensives (j’aurais pu en parler dans le paragraphe précédent), mais on voit aussi la conséquence sur les seconds ballons.

 

La position très en retrait des milieux de terrain permet de stabiliser l’équipe à la perte de balle car beaucoup de joueurs sont présents entre le ballon et leur but. Mais l’adversaire, pourtant dans une situation critique lorsqu’il récupère dans sa surface, a tout le loisir de repartir au sol et de sortir de la pression.
Il est possible que Zidane demande à ses milieux de rester en retrait pour sécuriser les transitions défensives. Mais avec ce choix, le Real Madrid perd non seulement en puissance offensive, mais aussi en capacité à étouffer l’adversaire. Ce dernier peut régulièrement sécuriser la possession après une récupération dans son camp, ce qui lui permet de construire ses attaques.

Etant dans l’incapacité de récupérer rapidement le ballon, via un pressing à la perte ou une pression autour de la surface, les madrilènes doivent donc régulièrement évoluer en défense placée.

Foot à l’ancienne?

Quiconque a regardé le Real Madrid sait à quoi s’attendre sur cette partie. Parce que le manque de lien entre les joueurs ne s’arrête pas au secteur offensif, le Real Madrid défend à 9. En effet Cristiano Ronaldo et Benzema sont quasi exemptés de travail défensif. Dans un football moderne où les équipes font de plus en plus bloc, avec tous les joueurs travaillant ensemble pour ne pas laisser d’espace dans le jeu, ce comportement a tout d’un anachronisme.

Le troisième attaquant n’a pas ce privilège et participe au travail défensif en s’incluant dans la ligne du milieu. Le Real défend donc dans une sorte de 4-5-1 asymétrique, limite 4-4-2 puisque Cristiano Ronaldo reste quasiment à hauteur de Benzema (mais en occupant le flanc gauche).
Cette fameuse ligne de milieux est très orientée joueur et ballon, et n’utilise que peu l’espace ou ses partenaires comme référence. C’est à dire que les milieux de terrain n’hésitent pas à sortir de leur position pour venir au contact d’un joueur laissé libre côté ballon. Une animation défensive assez comparable à celle du trio du PSG, dont Florent Toniutti avait parlé en février.
Cette orientation « joueur » permet de bloquer les solutions courtes offertes au porteur, mais elle induit aussi le risque de se désorganiser complètement si les milieux suivent leurs adversaires loin de leur position initiale. Au PSG ce risque est limité par le gros travail des 2 « ailiers » qui ne sont pas avares en effort pour boucher les trous; Mais vous vous en doutez, Cristiano Ronaldo n’est pas Cavani.

Le manque de travail de Benzema permet à l’adversaire de revenir en arrière après avoir aspiré d’un côté, ce qui facilite le changement de jeu. Paradoxalement les adversaires du Real Madrid ont peu utilisé ce mécanisme jusqu’à présent, mais il ne serait pas étonnant que Barcelone en profite lors du Clasico. Au match aller le milieu du Real Madrid n’avait pas une orientation « joueur » aussi marquée (le double pivot au milieu prenait comme première référence l’espace) et pourtant les catalans avaient rapidement fait émerger cette faiblesse.

 

De plus cette orientation « joueur » est nettement moins bien maîtrisée qu’au PSG, le milieu madrilène semblant souffrir cruellement d’un manque de communication. Ainsi on voit régulièrement Modric faire l’essuie-glace dans la largeur du terrain alors que son coéquipier aurait pu se charger du joueur libre.

 

Ces lacunes sont très problématiques pour une équipe qui peine à empêcher l’adversaire de pouvoir placer ses attaques. Le Real Madrid n’est pas à l’aise lorsqu’il s’agit de défendre dans son camp, et aura certainement du mal à l’être sans remettre en question les libertés accordées à Cristiano Ronaldo et Benzema.

Zidane ne gagnera pas la C1 cette saison?

Vous l’avez bien compris au cours de l’article, le jeu collectif du Real Madrid n’est aucunement comparable aux 5/6 équipes développant le meilleur jeu en Europe. La structure de l’équipe est incertaine, par conséquent les performances reposent essentiellement sur les prestations individuelles.

Dans un contexte qui donne autant d’importance aux hommes en présence, Zidane va devoir trouver les meilleures combinaisons pour faire en sorte que les réponses individuelles s’emboîtent au mieux.
À mon avis cela passe par la présence d’Isco pour améliorer le lien entre les différents éléments de l’équipe, et par la titularisation de Casemiro qui permet de compenser le manque de repli des milieux. En effet avec un milieu Kroos, Isco et Modric, le Real Madrid a 3 joueurs qui sont généreux pour tenter de récupérer le ballon lorsque celui-ci est devant eux, mais qui ne mettent pas la même énergie pour se replier lorsqu’ils ont été dépassés.

Oui vous l’avez compris, je laisserais l’excellent Toni Kroos sur le banc. Pas parce que c’est un mauvais joueur, mais c’est le milieu qui souffre le plus du manque de structure collective.

Cependant même en faisant les meilleurs choix concernant les hommes, il est peu probable que les madrilènes décrochent un titre cette saison. Ancelotti avait réussi à construire l’équipe autour de ses forces, qui s’exprimaient essentiellement en contre-attaque, en laissant de côté l’idéologie du « beau jeu » qui domine – bêtement – aujourd’hui.

Certes Zidane a récupéré l’équipe en cours de saison, mais la (non-)progression de l’équipe oblige à douter de ses capacités à répondre au défi madrilène.

7 thoughts on “Que vaut réellement le Real Madrid?

  • 12 avril 2016 at 22:50
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    A vous lire, on croirait le Real une équipe de poussins.. sinon belle victoire contre Wolfsbourg,non?

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    • 13 avril 2016 at 08:01
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      Il suffisait de lire vraiment l’article pourtant :

      Il ne fait aucun doute que le Real Madrid a de très bons joueurs, et ceci sur toutes les lignes.

      les madrilènes ont d’excellents joueurs. Oui je l’ai déjà dit mais je pense qu’il faut le répéter. Le cadre collectif défaillant amène à se poser des questions sur les individus, mais ils n’en demeurent pas moins qu’ils appartiennent au gratin mondial.

      L’équipe étant constituée d’excellents joueurs, ils parviennent à gagner du terrain en portant le ballon face au jeu. Ce gagne terrain permet aux madrilènes de déclencher énormément de frappes depuis les 30 derniers mètres, notamment via les 2 artificiers que sont Cristiano Ronaldo et Gareth Bale. Loin d’être idéales, ces frappes ont le mérite de mettre le danger et de générer beaucoup de corners sur lesquels les madrilènes sont performants.

      Le niveau des joueurs permet de marquer beaucoup de buts assez régulièrement, mais s’en remettre autant aux performances individuelles implique forcément de l’irrégularité

      À moins qu’une victoire contre Wolfsburg soit la preuve indéniable d’un collectif huilé?

      Reply
  • 14 avril 2016 at 05:59
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    Bonjour ! Tout d’abord, je tiens à te saluer pour tes analyses fouillées et très bien travaillées. Par ailleurs, je trouve cet article particulièrement parlant sur la situation du Real. Je trouve que tu as bien cerné les points forts (individualités puissantes, capacité de projection rapide) et les faiblesses (pressing brouillon et lâche, manque de collectif). Mais j’ai le sentiment que la donne est en train de changer à cause de deux facteurs :

    1) Casémiro : il apporte une stabilité et une sérénité incroyable à la défense. Alors que le travail de récupération/émulation est dévolu à Modric, et celui de distribution à Kroos, Casémiro est toujours là derrière. En fait, depuis qu’il est là, cela donne toujours la liberté à Kroos pour se projeter et être dans l’espace au milieu du U. Aussi, son seul rôle étant la récupération et blocage des offensives, il n’a pas à se soucier de la relance. Son seul rôle est de servir de tampon et on le sent bien. Sans être exceptionnel ni technique, il fait le travail. Et dans les matchs à enjeux (Wolfsburg, Barcelone), sa place s’est faite ressentir (surtout le match contre le Barça où l’on a clairement vu l’étendu de son rôle).

    2) La grinta : cela fait longtemps que l’on a pas vu les joueurs avec autant d’envie. Cela peut sembler nier, mais donner et insuffler la hargne et la volonté au collectif est essentiel. Et c’est cela la principale force de Zidane. Inspirer les troupes pour leur donner la rage.

    Bien évidemment, sur le plan tactique, il y a encore à revoir. Mais je ne pense pas que tout est à jeter. Dans le match contre Wlf, le Real avait l’air aphasique après les deux premiers buts. Mais cela se comprenait : Modric/Kroos ne s’aventurait pas très loin pour éviter les contre du match-aller. D’une certaine manière, la leçon a été comprise : du coup, les deux équipes se regardaient en chiens de faïence…ou plutôt le Real gérait tranquillement (et intelligemment) son match sans ce mettre la pression (n’oublions pas qu’il suffisait d’un but pour qu’ils soient en difficulté). Et pour ce qui est du Clasico, c’était une véritable leçon tactique de Zidane : Casémiro en sentinelle devant la défense pour casser le mouvement et les passes ; Marcelo pour ramener du mouvement (il pouvait décrocher autant qu’il voulait sachant que Messi n’était pas, voire pas du tout dans sa zone – ce dernier jouant plus comme un 10) ; Modric et Kroos au pressing/création ; les ailiers (Ronaldo et Bale) pour aider au travail défensif et se projeter rapidement vers l’avant. Cela a surtout payé vers la fin du match alors que le Barça commençait par se reposer sur ses lauriers (et surtout, le glas sonna au moment de la sortie de Rakitic dont le rôle à la récupération/pressing était énorme : cela laissa totalement le champ pour Marcelo/Ronaldo/Benzema).
    Après, bien sûr, tout ceci n’est que mon avis ^^

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  • 19 avril 2016 at 16:27
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    Je trouve très didactique tes animations 2D. Quel logiciel utilises-tu pour les faire ?

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    • 19 avril 2016 at 18:45
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      Merci!
      J’utilise Photoshop 😉

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  • 19 avril 2016 at 21:42
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    ah dommage
    J’utilisais la demo de tacticalpad c’est super mais payant..
    Merci pour ta réponse 😉

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  • 5 novembre 2016 at 21:02
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    Excellente analyse et excellente illustration avec les vidéos. Depuis le temps que je cherche ce genre de choses sur internet…
    Je suis tout à fait d’accord avec toi (en tant que fan du Real, ça m’irrite et j’ai jamais compris pourquoi personne en parlait). Tu as répondu à la question que me titillait tant : pourquoi le pressing est-il parfois si approximatif ?
    Donc un grand MERCI.
    Bien sûr, cet article se concentre sur les faiblesses du Real donc on a envie de dire « faut pas abuser, c’est pas des buses quand-même ».

    D’où ma question : Selon toi, les seules forces du Real sont les individualités ? Ils doivent bien avoir des points forts niveau tactique.

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