Olympique Lyonnais : Animer le losange, la quadrature du cercle?

Aujourd’hui nous allons parler de 4-4-2. Mais pas n’importe quel 4-4-2! On va étudier celui qui est appelé losange dans nos terres et que les anglais préfèrent nommer diamant. 2 noms pour une même idée : la disposition du milieu de terrain.

losange

Un système qui retrouve des adeptes en Europe depuis quelques saisons, et qui a fait le bonheur de l’Olympique Lyonnais dès que Rémi Garde l’a installé au cours de la saison 2013/2014.
Depuis, Hubert Fournier a repris les rênes de l’OL et il a fait perdurer cette association prolifique entre milieu en losange et jeunes lyonnais.
Loin de la révolution, l’idée de jeu et la philosophie du club restant les mêmes, ce changement de staff a malgré tout amené une évolution dans le jeu lyonnais. Les résultats semblent valider l’évolution initiée par Hubert Fournier, mais que se cache-t-il vraiment derrière celle-ci? Pour le comprendre on va se pencher sur l’animation de l’équipe sous Rémi Garde puis sous Hubert Fournier.

Pour conclure on se penchera sur les performances du Chili lors de la Copa America 2015 pour identifier des évolutions possibles permettant de répondre aux défis de la saison 2015/2016 pour les lyonnais. En effet, l’équipe de Sampaoli, qui a évolué en 4-4-2 losange pendant l’essentiel de la compétition, a convaincu les suiveurs par ses résultats mais aussi (et surtout ?) par son jeu.
De quoi donner des idées au staff lyonnais?

Rémi Garde, le diamant pour (trans)percer

Premier homme à avoir installé le milieu en losange entre Saône et Rhône, Rémi Garde a eu la lourde tâche de mettre en place toute l’animation du système. À cette époque l’OL vit un début d’année compliqué, avec un 4-2-3-1 qui peine à se montrer dangereux. Pas étonnant quand on voit l’animation stéréotypée alors en place :


 
Six joueurs qui restent dans leur base défensive (latéraux + double pivot au milieu) et un jeu qui peut difficilement progresser dans l’axe et doit donc s’en remettre aux exploits de ses joueurs offensifs exilés sur l’aile. De plus malgré cette base défensive conséquente la stabilité défensive était incertaine puisque les latéraux et les milieux centraux avaient tendance à accompagner la montée du ballon laissant alors les 2 centraux complètement seuls en cas de perte de balle.

Lorsqu’il décide de passer en losange, Rémi Garde permet à ses latéraux de jouer nettement plus haut puisque l’aile est laissée libre par l’absence d’ailier. Cependant l’OL étant en souffrance défensivement, la liberté accordée aux latéraux est compensée par une prudence des milieux relayeurs qui ont tendance à rester – dans un premier temps – en retrait de la ligne du milieu adverse. Raison supplémentaire pour justifier cette prudence des relayeurs, Rémi Garde ne compte pas sur ses défenseurs centraux pour construire le jeu de l’équipe – certainement pour limiter les risques en cas de perte de balle -.
Mais ce décrochage pose un problème évident, comment faire progresser le ballon ligne par ligne lorsque l’espace devant le porteur n’est pas occupé par des coéquipiers?

espace-garde
Positionnement classique des lyonnais en phase de construction sous Rémi Garde. Comment avancer avec cet espace vide?

Trois solutions étaient alors utilisées par les relayeurs lyonnais pour progresser. La 1ère était le jeu long en profondeur pour les attaquants (la solution de « facilité »), les 2 autres sont présentées dans les animations qui suivent :


 
Dans l’animation de gauche le latéral était utilisé pour lancer l’attaquant dans le dos du latéral adverse (car celui-ci avait tendance à sortir sur Bedimo). De cette manière les attaquants étaient assez facilement touchés, mais ils recevaient le ballon dans des positions compliquées. Leur objectif était de conserver le ballon pour permettre au bloc de monter et donc faire reculer l’adversaire.
Dans l’animation de droite on peut voir une solution intéressante d’utiliser l’espace qui avait été laissé libre. Plutôt que de recevoir le ballon en étant arrêtés dans cette zone, les relayeurs profitaient de leur position reculée pour combiner avec le latéral et arriver lancés sur le bloc adverse.

Dans les deux cas il ressort l’idée d’aller vite vers l’avant avec un jeu très vertical. L’objectif n’est pas de manoeuvrer l’adverse avec patience mais plutôt de transpercer ses lignes.
Cette approche va être revue par Fournier qui va privilégier la patience lors de la construction du jeu, en apportant des modifications dans son animation.

Fournier : Donner le ballon à ses hommes forts

Lorsque Fournier arrive à l’OL à l’été 2014, il récupère une équipe qui a fait du losange son système inamovible mais qui vient de perdre Bafétimbi Gomis. Considéré par certains suiveurs comme un rouage essentiel de la mécanique lyonnaise, Fournier semble devoir faire face à un défi intenable. Et ce n’est pas un mois d’août catastrophique qui va faire changer d’avis les plus sceptiques.
Mais le mois de septembre signe le retour de deux éléments essentiels : Umtiti et Fekir. Le premier va permettre de sécuriser la défense mais c’est surtout le second qui va remettre l’OL sur de bons rails puisque c’est son retour qui va magnifier les idées du coach lyonnais.

Pour le comprendre il faut se pencher sur l’animation du jeu, comme on a pu le faire à propos de la saison précédente.
Tout d’abord, la continuité avec le travail de Rémi Garde ne se limite pas au système de jeu. En effet on constate rapidement que les défenseurs centraux n’ont guère plus de responsabilités dans la construction du jeu : pour les deux techniciens l’animation offensive ne doit pas être à la charge des centraux. À nouveau ce sont les relayeurs qui ont en charge la majeure partie des relances lyonnaises, ce qui génère la même problématique que pour Rémi Garde : lorsque le relayeur sort de sa zone il devient difficile de progresser ligne par ligne avec le ballon. C’est là que l’évolution majeure prend forme, puisque cet espace n’est jamais laissé vacant par les hommes d’Hubert Fournier.


 
Deux idées sont à extraire de ces animations. Tout d’abord un deuxième mouvement est utilisé pour les relayeurs qui peuvent maintenant s’excentrer. Dans ce cas le latéral va se positionner très haut sur le terrain pour ne pas faire doublon avec le relayeur.
Mais le point le plus important vient de l’occupation de l’espace laissé libre par le relayeur. Lorsque celui-ci sort de sa position, c’est l’offensif le plus proche (le n°10 ou un attaquant) qui vient prendre sa place. L’idée derrière ce mouvement est très certainement de trouver plus facilement ses meilleurs joueurs (Lacazette et Fekir). Ces 2 joueurs étant capables de recevoir le ballon dans des zones congestionnées puis de se retourner pour éliminer leur vis-à-vis, ils peuvent éliminer régulièrement le milieu adverse et créer des décalages.


 
Les lyonnais deviennent alors plus patients dans leur jeu, n’hésitant pas à faire circuler le ballon sur la largeur pour travailler le bloc adverse dans le but de trouver ses 2 hommes forts.
Le rôle de l’attaquant qui décroche mis en place par Fournier convient parfaitement à Lacazette et Fekir, ce qui explique la réussite lyonnaise lors de la saison 14/15. Cependant il est hasardeux de s’en remettre à ce point à 2 individualités, notamment pour une saison avec 4 compétitions comme ce sera le cas en 2015/16. Les résultats de cette saison résonnent comme une confirmation, les lyonnais n’ayant gagné qu’un match sur les 12 qu’ils ont joué avec un membre du duo infernal absent.

Si les lyonnais veulent reproduire une saison du même acabit, ils devront forcément trouver des alternatives à cette tactique. Quelles solutions s’offrent à Hubert Fournier et son staff pour préparer au mieux la saison prochaine? Quelles nouvelles évolutions du losange pourraient voir le jour à l’OL?

De la confiance et des responsabilités pour tous !

La solution la plus évidente est de faire confiance à ses défenseurs centraux pour gérer la première relance. En effet, pas besoin de 5 joueurs pour assurer une relance face à 2 adversaires. Comme nous l’avions vu sur l’article Guardiola et son jeu de position, du moment que la première ligne de relance est composée d’un joueur de plus que l’adversaire, il est normalement possible d’assurer une relance sécurisée.
En demandant à ses relayeurs de s’excentrer en retrait du milieu adverse, Fournier s’assure un 5 contre 2 pour relancer. C’est idéal pour éviter de perdre le ballon, mais cela signifie que plus haut sur le terrain les lyonnais ne sont que 5 contre 8. Fekir et Lacazette permettent à l’OL de gagner du terrain en étant en infériorité numérique, mais un positionnement plus ambitieux des relayeurs permettrait de trouver des solutions sans avoir à s’en remettre à ces 2 joueurs. Sur la vidéo suivante on a l’exemple de ce qu’offre la solution des relayeurs positionnés sur la ligne de milieu adverse :


 
On voit qu’avec les relayeurs sur la ligne du milieu adverse, les lyonnais sont à 5 contre 4 sur cette ligne et ont donc un joueur libre qui peut être trouvé par les défenseurs centraux (qui sont donc capables de faire des passes intéressantes!). Les joueurs offensifs n’ayant pas eu besoin de décrocher, ils sont positionnés au coeur du jeu et leur proximité leur permet de combiner dans des petits espaces. L’action n’aboutit pas mais elle permet de constater l’intérêt d’avoir une relance prise en charge par les centraux. Je vois venir les mauvaises langues qui diront que Metz jouait à 10 (et est donc en 4-4-1), mais le déroulement aurait été le même face à une équipe en 4-4-2 -sous réserve que les 3 « défensifs » soient capables de se libérer face à 2 adversaires-.

En 14/15 on a vu ponctuellement les défenseurs lyonnais avoir la charge de la relance, et c’est une prise de risque qui mériterait d’être vue plus régulièrement. Cependant il ne suffit pas de laisser le ballon à ses défenseurs centraux pour être de facto plus efficace offensivement. Il faut que l’animation depuis les centraux soit travaillée, pour ne pas que l’on se retrouve avec des centraux qui montent jusqu’à ne plus savoir quoi faire du ballon et qui s’en débarrassent.


 
On voit sur cette situation qu’Umtiti ose monter avec le ballon, mais les joueurs devant lui n’adaptent pas leur position à cette montée pour lui faire de l’espace. Umtiti arrive donc lancé dans un amas de joueurs sans véritable solution pour s’en sortir, il est obligé de se débarrasser du ballon.

La vidéo pour mettre en lumière les problèmes à Lyon? Quoi de plus logique?

Comment mieux résumer tous ces points qu’avec une vidéo mettant en image de longues descriptions théoriques?
N’hésitez pas à abuser du bouton pause si certaines phases sont trop rapides!

Si l’OL veut évoluer et progresser, il pourra s’inspirer du travail réalisé par le Chili concernant ses défenseurs centraux. En effet vous verrez dans la suite que les centraux chiliens ont un rôle important pour construire le jeu, et que leurs coéquipiers s’adaptent pour leur permettre de faire progresser le ballon.

Cette confiance accordée à la base défensive est, à mon avis, la solution la plus simple à mettre en oeuvre. Mais ce n’est pas la seule.

Football total et maîtrise de l’espace

Du football total pour finir, ça donne envie non ?
L’utilisation du terme est un peu abusive mais elle traduit une idée qui pourrait être utilisée par les lyonnais : les joueurs n’ont pas forcément à rester à leur poste. Dit comme cela, ça paraît évident. Et c’est bien évidemment un précepte accepté par le staff lyonnais puisqu’on a vu que différents joueurs se déplaçaient de leur position initiale pour animer les offensives. Mais à l’OL la liberté de déplacement est surtout accordée aux joueurs offensifs, qui peuvent revenir en arrière pour demander le ballon.

Le Chili de Sampaoli s’anime selon une idée différente : les espaces intéressants doivent être occupés.

ESPACEchili
Lors de la phase de construction ces 4 espaces doivent être occupés du côté du ballon.

Les espaces intéressants se situent tous du côté du ballon (qu’on appelle côté fort), et leur position permet d’avoir des solutions sur différentes lignes pour le porteur. La volonté est donc d’avoir des joueurs placés sur plusieurs lignes devant le porteur pour pouvoir progresser.
C’est une différence assez nette par rapport à l’Olympique Lyonnais de Fournier qui se concentre sur l’espace du relayeur quitte à dégarnir les espaces des attaquants.

Si cela semble facile sur l’image présentée, puisqu’après tout il suffit de rester à son poste et les espaces importants sont occupés, c’est évidemment très différent dans la réalité du match.


 
Cette animation permet de visualiser les joueurs associés aux différentes zones qu’ils doivent occuper. On voit que le triangle bas du losange doit assurer une présence en soutien et une présence dans l’espace relayeur devant le ballon. Une stratégie qui est donc différente de celle de l’OL qui utilise souvent ses offensifs dans la zone du relayeur tandis que Sampaoli demande à ses 3 offensifs de se charger « uniquement » des espaces offensifs.

En assignant 3 joueurs aux 2 espaces « reculés », le Chili s’assure une présence dans cette zone quelque soit les mouvements du relayeur (car il pourra être compensé par les 2 autres joueurs). On peut voir dans les 2 exemples qui suivent la réaction des joueurs chiliens lorsque le relayeur sort de sa zone.


 
La conséquence de ce mouvement pour occuper l’espace est parfaitement visible sur l’image : le Chili est très compact du côté du ballon. Cette proximité permet de progresser très vite par des combinaisons, mais aussi de presser intensément à la perte du ballon grâce au counterpressing (pour comprendre le counterpressing c’est ici). De plus les 3 offensifs n’ayant pas besoin de décrocher pour occuper ces zones, ils peuvent proposer des solutions en appui et en profondeur. Une variété qui pose des problèmes aux défenses adverses.

Cette deuxième vidéo concerne les exemples chiliens, pour finir sur une touche de football que l’on aimerait voir plus souvent par chez nous! De quoi vous convaincre de l’intérêt des 2 possibles évolutions évoquées? Je l’espère!

Est-ce que l’on verra quelque chose de ce genre en regardant les hommes d’Hubert Fournier la saison prochaine ? C’est peu probable, mais il ne faut pas s’interdire de rêver!

J’espère que ce décryptage du losange lyonnais vous aura plu, n’hésitez pas à laissez des commentaires! Et merci pour votre lecture.

17 thoughts on “Olympique Lyonnais : Animer le losange, la quadrature du cercle?

  • 20 juillet 2015 at 07:56
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    Cet article est vraiment très intéressant, il met en lumière des aspects de l’animation offensive qu’on ne voit pas forcément lorsqu’on est au stade.
    Après lecture, il parait évident que pour s’améliorer l’OL doit accorder de la confiance à ses défenseurs centraux. Cependant, il faudrait que ceux-ci disposent d’une bonne qualité de passe pour la relance. Je ne suis pas sûr que Rose et Bisevac donnent satisfaction sur ce point. Un renfort défensif de ce profil serait un plus pour le mercato

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  • 20 juillet 2015 at 08:37
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    super analyse ,tous ce que j’aime merite plus de notoriéter
    PS j’ai jouer dans le passe à un niveau pros,encore une fois bravo

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  • 20 juillet 2015 at 12:26
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    Super article! Merci.

    Ca m’a permis de mieux comprendre la tactique déployée par l’OL et j’ai hâte de voir leurs prochains matchs avec ses connaissances.

    Tu conclus l’article en disant « Est-ce que l’on verra quelque chose de ce genre en regardant les hommes d’Hubert Fournier la saison prochaine ? C’est peu probable, mais il ne faut pas s’interdire de rêver! »

    Pourquoi est-ce peu probable selon toi? manque de culture tactique? maturité? en dehors du projet de jeu exprimé? autres considérations?

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    • 20 juillet 2015 at 16:20
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      Tout d’abord merci Ysiel!

      Concernant la conclusion, la phrase ne se voulait pas spécialement polémique -je n’ai pas la prétention d’apprendre des notions tactiques au staff-. Simplement les permutations du milieu de terrain pour occuper l’espace (en anglais ça sonne mieux : « rotation ») ne sont pas dans la culture française. Et j’ai vérifié sur de nombreux matchs la saison dernière, notre milieu ne l’a fait qu’une seule fois … notamment parce que Gonalons reste quoi qu’il arrive dans sa zone. Ca permet de ne pas risquer un déséquilibre mais ça limite de fait les possibilités.

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  • 20 juillet 2015 at 13:22
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    Des articles comme ceux la sont tellement rafraîchissant en cette periode de mercato … Bravo et svp encore !

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  • 20 juillet 2015 at 17:41
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    Merci beaucoup pour cet article (et bien vu les animations, c’est super clair).

    Deux questions Ligue des Champions, penses-tu que Lyon a le niveau pour imposer son jeu ou Fournier devra-t-il s’adapter aux adversaires (supposés) supérieurs (en basculant en 4-3-3 par exemple) ?
    Le losange a la réputation de ne pas être un schéma pour le « très haut niveau », pourtant la Juve l’an dernier a battu le Real en demie en se présentant dans ce schéma. Penses-tu qu’il y a des leçons à en tirer pour le staff, au niveau de l’animation défensive notamment ?

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    • 20 juillet 2015 at 19:01
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      Merci à toi pour le commentaire!
      Concernant la C1, je pense que l’OL a le niveau pour imposer son jeu face à une équipe qui ne bataillera pas à tout prix pour la maîtrise de la balle. Finalement il y a de nombreuses équipes qui se satisfont de ne pas avoir le ballon. À mon sens le 4-3-3 ne permettrait pas de mieux maîtriser son sujet, nos meilleurs joueurs se retrouveraient exilés sur les ailes (là où les bonnes équipes savent très bien défendre) et on aurait sûrement du mal à maîtriser suffisamment vite la relation ailier / latéral pour que ça tourne en C1.

      Concernant la Juventus, j’avais prévu initialement de l’inclure dans cet article pour l’aspect défensif. J’étais parti sur l’idée d’un article concernant l’aspect offensif et l’aspect défensif, mais j’ai revu mes ambitions à la baisse en cours de route et donc la Juventus a été supprimée.
      La principale différence dans la structure défensive de la Juventus, c’est qu’ils défendent en 4-4-2 à plat :

      Exemple 1 : http://image.noelshack.com/fichiers/2015/30/1437411422-442-2.jpeg
      Exemple 2 : http://image.noelshack.com/fichiers/2015/30/1437411421-442.jpeg

      C’est beaucoup plus cohérent dans un bloc médian/bas grâce à l’occupation de l’espace car la largeur est mieux occupée, ce qui permet d’être beaucoup plus agressif sur les ailes, zones où il est « facile » de récupérer le ballon.
      Par contre il faut un n°10 avec une activité énorme. À l’OL ça serait possible avec Grenier en n°10, mais pas avec Fekir.

      On peut aussi voir que leur bloc défensif est un modèle du genre, les distances entre les lignes et entre les joueurs sont parfaites. Nous ne sommes pas -encore? ^^- à ce niveau à l’Olympique Lyonnais!

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  • 21 juillet 2015 at 01:28
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    Tout d’abord un grand bravo pour la qualité de l’article…

    Pour avoir bosser depuis qql temps sur ce 442 losange, je retrouve beaucoup d’éléments qui ont fait avancer ma réflexion…

    Cependant plusieurs questions reviennent à la lecture de ton article :

    1) Quel fut le plan de jeu face à des équipes dites « de même niveau » et/ou plus forte ? On peut citer Paris / Monaco / Marseille (avec les spécificités du jeu de Bielsa difficilement analysable pour l’autre équipe), etc…

    2) La situation de l’équipe lyonnaise (et tu l’as bien fait remarquer) était plutôt difficile en fin aout. Fournier a pris le parti de partir sur une base solide de 3 joueurs à vocation quasi exclusive défensive (2 DC + Gonalons) ! Mais surtout : avait-il les joueurs pour changer cette façon de fonctionner à un moment donné ? Rose / Bisevac / Umtiti / Koné ne sont pas les meilleurs relanceurs et il aurait été difficile à mon avis de mettre en place autre chose et notamment cette animation de la première superiorité en 3 vs 2 !
    Avait-il également l’envie de prendre ce risque, avec tout ce qu’il s’en suit (risque de perte/contre – ce qui face à des équipes L1 arrive fréquemment !!!) ???

    3) Quid de plusieurs joueurs ESSENTIELS dans ce système ? Sentinelle ? Paire d’attaquants ? MENEUR DE JEU (qui d’après moi est le maillon indispensable) ?

    4) Pour contrer un peu ton envie de foot « total », et malgré la qualité de la Copa Chilienne, il serait pour moi difficile de mettre en place cette meme animation à Lyon et/ou en France… De par les effectifs, de par la rigueur tactique demandé par le foot français et européen en général, de par les effectifs en place face à ce type d’animation…

    5) Tu l’as expliqué juste avant, mais j’aurai aimé un aspect défensif… Peut être dans un autre article !

    Encore une fois bravo 😉

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    • 21 juillet 2015 at 21:11
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      Merci Jérémy pour ton retour 🙂
      1) Contre l’OM comme tu l’as dit c’est difficile à analyser puisque l’OM de Bielsa qui met un grand coup de pied dans l’organisation collective.
      Concernant le PSG et Monaco tu me prends à défaut, j’ai préféré me concentrer sur des matchs dominés par l’OL car c’est dans ceux-ci que les lyonnais peuvent mettre en place leur plan de jeu.
      Tu as raison de le noter car le comportement de l’OL dans ces matchs pourrait bien correspondre à celui en C1 pour la saison prochaine.
      2) Rose / Umtiti / Bisevac sont, pour moi, des joueurs avec la capacité de relancer et de progresser avec le ballon (notamment Rose / Umtiti). Ce qui est certain c’est qu’il aurait été suicidaire de mettre cela en place en septembre, dans une équipe à la confiance minée.
      Mais cette disposition n’a jamais été mise en place pendant la saison, alors que la confiance aurait pu permettre d’être plus aventureux.
      Certains sont partisans du « pourquoi changer si ça gagne », en tant qu’éducateur je suis plutôt sur l’idée « comment progresser » 🙂
      3) Pour moi les 2 joueurs essentiels sont Fekir et Lacazette (surtout le 1er). Ensuite j’ai envie de citer Umtiti car il est nettement au-dessus de ses compères de défense, et je mets Jallet qui remplit parfaitement le rôle du joueur qui étire l’adversaire et combine vers l’axe plutôt que de s’enfermer sur l’aile (ce que fait Bedimo). J’hésite à ajouter Gonalons car je pense que Tolisso serait excellent à ce poste, mais il faut reconnaître que le capitaine lyonnais maîtrise parfaitement le poste tel que le conçoit Fournier (une sentinelle inamovible, qui oriente le jeu et est capable de résister au pressing). Tactiquement je le trouve un peu faiblard lorsque l’OL a le ballon, il pourrait être beaucoup plus utile pour proposer des solutions ou ouvrir l’espace à ses partenaires.
      4) Comme je l’ai dit dans une précédente réponse à un commentaire, je doute qu’un tel schéma soit applicable en France. Mais il a fonctionné au haut niveau (avec le Chili) et il fonctionne en Europe. Villareal le fait beaucoup (par exemple) et ça fonctionne plutôt bien. Est-ce que ça fonctionnerait en France? J’ai envie de croire que oui, je n’aime pas sombrer dans le fatalisme « L1 = championnat fermé où l’on ne peut pas innover tactiquement ». Mais ça ne serait pas simple à mettre en place, c’est clair.

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      • 26 novembre 2016 at 02:29
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        Salut je viens de lire ta reponse concernant gonalons est ce que tu ne trouves la dessus justement sur ces dernkers il se projette beaucoup plus je trouve

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  • 21 juillet 2015 at 20:45
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    Merci pour cet article extrêmement enrichissant, je n’ai rien vu de tel sur notre fameux 4-4-2 losange.
    Je ne peux que t’encourager à continuer la production d’analyses d’une aussi bonne qualité, en particuliers si c’est sur l’OL.
    Bravo et encore une fois merci !

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  • 21 juillet 2015 at 22:47
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    Bonjour,

    J’ai vraiment trouvé cet article super intéressant parce qu’il met des mots sur la fekir-lacaz dépendance, au delà des poncifs sur le talents et le don, etc. A te lire on a même parfois le sentiment que leur grosse saison s’explique aussi par les responsabilités très importantes qui leur ont été confiées.

    Mais à l’inverse je me pose une question c’est l’immuabilité de ce que tu décris dans un cadre où d’autres joueurs (ou des joueur qui progressent) viendraient composer le losange.

    Par exemple Corentin Tolisso semble avoir une envergure assez immense au regard de sa faible expérience et vu son côté couteau suisse, on pourrait se demander si il ne pourrait pas, de lui même ou suite à un travail tactique spécifique, être ce piston qui va créer le surnombre devant le rond central au lieu des deux attaquants. Tout en recolmatant rapidement la brèche en cas de perte de balle.

    Surtout, il y a l’hypothèque Fofana. Je ne crois pas l’avoir reconnu dans tes vidéos sur Fournier mais dans la mesure où il a pris un an et demi depuis ses derniers matchs, c’est possible que j’ai mal vu. Toujours est il que dans mon souvenir, lui aussi avait une belle tendance à jouer le piston qui coulisse assez haut (peut-être pas jusqu’à la surface) pour servir des attaquants restés en haut ou pour frappé en profitant du fait qu’il n’a pas forcément de garde chiourme attribué s’il dézone suffisamment.

    Et on pourrait multiplier les combinaisons. Grenier 10 ou 8 c’est pas la même chose. Malbranque idem, mvuemba il semble plutôt bien coller en revanche au rôle de relayeur compensateur que tu décris mais moins au porteur haut. Etc.

    J’ai bien compris que dans ta démonstration c’était surtout la liberté/compétence des défenseurs centraux mais je me demandais justement si les deux côtés du losange pouvaient pas permettre d’occuper plus d’espaces en fonction de leur niveau.

    En tout cas, on peut se demander (enfin, désolé) si la vente de bahlouli est pas liée à sa tendance désinvolte quant au replacement défensif suite à une perte de balle ou à son positionnement relatif à ses partenaires. Du peu que je m’en souvienne, j’avais quand même le sentiment qu’il était pas vraiment mobile quand il n’avait pas le ballon. Mais les suiveurs de la CFA auront sans doute un autre point de vue.

    Merci en tout cas, des articles comme ça j’en mangerais bien toute les semaines (notamment ton article sur le rôle de D’arpino en 2018 !!).

    JB

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    • 22 juillet 2015 at 18:49
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      Bonjour Jean,

      Tu as tout à fait raison concernant Fofana (qui est présent succinctement dans la vidéo sur Garde, pas Fournier!), il apportait beaucoup de présence par ses mouvements vers la surface adverse. Par rapport à Ferri qui a un positionnement très stable, ça peut être une carte intéressante à jouer (s’il revient un jour).
      Concernant les relayeurs qui occupent l’espace plus haut, j’ai peur d’avoir mal compris. Tu veux dire qu’ils occupent l’espace comme le font ceux du Chili? (donc leur espace)
      Ou qu’ils peuvent « permuter » avec l’attaquant qui décroche pour venir prendre sa place? Si c’est cette signification, alors c’est quelque chose qui était fait sous Garde, les décrochages étaient toujours compensés par un appel en profondeur d’un relayeur. Ca me paraît trop différent du rythme utilisé avec Fournier, cette verticalité obligerait à « forcer » les offensives je pense.

      PS: C’est bien possible concernant D’Arpino, je lui ai vu des attitudes dans le jeu sans ballon qui sont très intéressantes ^^

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  • 22 juillet 2015 at 13:16
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    Très bel article. Je viens de découvrir le blog et c’est chouette de lire des analyse aussi précise.
    Je rejoins deux points laissés dans les comms. Il serait intéressant de voir dans un prochain article l’intelligence des joueurs quant-à l’adaptation du système face à des écuries un peu plus relevées.

    Second point, quid de Fofana / Tolisso et de Grenier. Je ne sais pas à quel niveau Fofana pourra revenir, mais Tolisso a une très bonne intelligence de jeu et une capacité à créer cette rotation. J’espère qu’il va « exploser » cette saison et montrer qu’il est capable de varier entre relayeur, meneur et milieu bas pour créer les décalages essentiels à l’animation.

    Quid de Grenier également car s’il ne me semble pas taillé pour être un 10, il pourrait se révéler excellent 8 avec cette capacité à monter en 10 justement lorsqu’il y a mouvement avec Fekir et Jallet.

    Je pense que l’OL a joué légérement en sur régime et a profité d’un effet de surprise avec l’éclosion simultané de plusieurs talents + les coups bien sentis de Lacaz et Gourcuff à des moments importants de la saison.
    Sa marge de progression sera maintenant dans l’assise défensive et la capacité des deux relayeurs à devenir des cracks capables d’évoluer des dans grands clubs.

    Enfin, je partage ton point sur Gonalon qui joue trop simple et téléphoné dans les phases de possessions faciles mais qui dans les grands RDV a une importance incroyable sur les phases défensives et sur le moral de l’équipe.

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    • 22 juillet 2015 at 18:53
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      Tolisso peut assurément être un joueur qui amène de la variété dans le milieu lyonnais, par son intelligence (j’adore sa réaction à 7:45 dans la vidéo, on voit qu’il comprend très tôt ce qui va se passer) et sa faculté à occuper les espaces.
      Le soucis c’est que Ferri et Gonalons sont 2 joueurs qui n’ont pas du tout cette capacité, ils limitent au maximum leurs déplacements pour remplir leur rôle.
      Grenier est beaucoup plus libre mais il a tendance à se focaliser sur le ballon plutôt que sur l’espace. Reste l’énigme Fofana, que j’aime beaucoup.

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  • 22 juillet 2015 at 17:46
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    Bonjour,

    article très intéressant, mais je ne suis pas si catégorique sur le fait que les défenseurs centraux n’aient jamais relancé au cours de la saison. Il me semble justement que toute la phase où l’OL marchait vraiment bien, Umtiti et Bisevac arrivaient à trouver quelques relances dans les espaces.
    J’ai aussi vu Lopes faire des relances longues, dont une quasi passe décisive dans un match il me semble, même si le système privilégie le jeu court.

    Bref, il ne me semble pas que Fournier ait mis au placard l’idée d’une relance des défenseurs centraux, mais leur a demandé en temps voulu d’assurer au maximum: soit en début de saison alors que l’effectif était décimé et qu’il fallait retrouver une confiance, soit en fin de saison après la blessure de Bisevac. Umtit a la capacité de relance, mais je pense qu’il préférait limiter le risque de perte de balle ra^pide avec les deux bras cassés Koné et Rose.

    Pour ce qui est de ton espoir, je pense donc qu’il a été entendu, voire même précédé, puisque l’objectif numéro du mercato est Nkoulou et l’objectif avoué est justement de l’associer avec Umtiti pour gagner en qualité de relance et s’appuyer sur eux pour initier le jeu de l’équipe.

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    • 22 juillet 2015 at 18:58
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      Evidemment parfois il y a eu des relances intéressantes des centraux, mais c’est vraiment très rare.
      Concernant les relances dans l’espace dont tu parles, j’ai pu constater que les relances en profondeur des centraux étaient régulièrement forcées. Comme sur l’exemple d’Umtiti contre Lorient dans l’article.
      C’est à dire que les joueurs se débarrassent du ballon en l’envoyant dans l’espace, sur un malentendu ça peut arriver. Avoir des défenseurs qui se chargent de relance, ça signifie que les milieux ne cherchent pas à leur prendre le ballon mais qu’ils se positionnent pour recevoir de bons ballons des centraux. Si tu jettes un coup d’oeil à l’article sur Guardiola, on voit le comportement des milieux qui démontre les responsabilités des centraux. L’équipe a confiance en sa base défensive, et les joueurs cherchent à se placer pour recevoir le ballon dans une bonne position.
      À l’OL quand les centraux ont le ballon, soit des joueurs viennent leur prendre le ballon dans les pieds, soit des joueurs offrent des solutions de facilité (en retrait de la ligne adverse). L’exemple face à Metz de l’article est véritablement une anomalie … malheureusement!

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