Olympique Lyonnais – SM Caen : Un match aux 2 visages

Premier match de la saison 16/17 pour l’Olympique Lyonnais, qui affrontait pour l’occasion le Stade Malherbe de Caen. Deuxième journée de L1 pour 2 équipes qui se sont imposées en ouverture et qui souhaitaient poursuivre sur leur lancer.

Au coup d’envoi les lyonnais se présentaient dans leur habituel 4-3-3, installé par Bruno Génésio depuis sa prise de fonction. Seul Rybus prenait la place de Morel (blessé) par rapport au match de Nancy.
Les caennais se présentaient dans un 4-2-3-1 dans lequel Karamoh remplaçait Bazile par rapport à leur 1er match face à Lorient.

OL-SMC

À sens unique

Cette première période a été sans contestation possible dominée par les lyonnais, qui ont terminé les 45 premières minutes avec 12 tirs à 0 (!) et 74% de possession.

Une domination qui se construisait depuis l’arrière, depuis Mapou Yanga-Mbiwa et Nicolas N’koulou qui avaient la responsabilité de la relance face au bloc caennais positionné en 4-4-1-1. La première ligne du SMC, composée de Féret et Santini, cherchait avant tout à contrôler Gonalons tout en venant enfermer le central lyonnais si celui-ci montait balle au pied.

Derrière eux, la ligne de milieu cherchait à envoyer le jeu vers les ailes. Pour cela les ailiers se positionnaient dans les half-space (laissant le couloir libre), et les milieux centraux suivaient les relayeurs lyonnais même s’ils devaient quitter leur position pour cela.
Enfin la défense caennaise était plutôt passive : les latéraux collaient les ailiers lyonnais entre les lignes mais restaient très attentifs à maintenir la structure (ligne de 4) tandis que les centraux limitaient au strict minimum leurs sorties pour suivre les décrochages.

Face à eux les lyonnais construisaient depuis le trio N’koulou / Mbiwa / Gonalons, qui cherchaient à libérer un central pour qu’il puisse monter avec le ballon et trouver une passe plus haut sur le terrain.

Pendant les 45 premières minutes, la relance depuis le trio n’a quasiment jamais été mise en difficulté par les 2 offensifs caennais, dont la passivité leur permettait au mieux de contrôler Gonalons, et non d’empêcher la circulation du ballon. L’OL n’a donc eu aucun mal à atteindre le milieu adverse à chaque possession.
Le plan de jeu défensif des caennais offrait de nombreuses possibilités de trouver des joueurs entre les lignes. En effet avec des milieux centraux enclins à sortir loin de leur position et une défense plutôt prudente, le bloc caennais avait des problèmes de compacité tant verticalement qu’horizontalement.

Ces espaces facilement créés auraient pu être mieux exploitées par l’OL, car l’équipe lyonnaise est parvenue à de très nombreuses reprises à les générer sans réellement en profiter.

L’incapacité lyonnaise à profiter de ces espaces n’est pas une nouveauté, elle met en évidence les manques dans les principes collectifs permettant d’utiliser la possession comme un outil et non pas comme une fin en soi.
Cependant ce manque de cadre collectif n’a pas empêché les lyonnais de réaliser quelques très belles situations. La supériorité individuelle, tant physique que technique, a permis à l’OL de réaliser ponctuellement de très bons mouvements.

Avoir des principes collectifs clairs permettraient de réaliser ce type d’actions plus régulièrement, et donc d’être bien plus efficaces en utilisant le ballon. On aura l’occasion au cours de la saison de revenir plus en détail sur les lacunes dans le jeu lyonnais, qui les empêchent pour l’instant de se montrer régulièrement dangereux en construisant depuis l’arrière.

En complément de cette domination territoriale, l’équipe lyonnaise s’est aussi montrée archi-dominatrice sur les situations arrêtées, et plus particulièrement les corners. La qualité de frappe de Fekir a permis de mettre tous les ballons dans la bonne zone, les combinaisons lyonnaises se montrant très efficace face au marquage individuel caennais. Le double écran permettant de libérer Tolisso a été la clef de ces phases arrêtées, puisque le jeune milieu a été à la réception de 3 corners lors du 1er acte : et c’est d’ailleurs sur une reprise de la tête de Tolisso que l’OL a obtenu le pénalty et l’ouverture du score.

Corners-Fekir
Les corners tirés par Fékir face à Caen ont été d’une redoutable efficacité. Puissants et dans la bonne zone, ils ont permis aux lyonnais de dominer ces phases de jeu

Face à eux le Stade Malherbe de Caen avait toutes les peines du monde à trouver un décalage. Incapables de créer le déséquilibre face à un bloc structuré, les hommes de Patrice Garande se sont précipités à envoyer des longs ballons vers des attaquants isolés et pas inspirés dans leurs choix (Karamoh a été particulièrement critiquable).

Ainsi après 45 minutes les 2 équipes retournaient au vestiaire avec un avantage au score largement mérité pour l’OL, et le SMC devait profiter de cette pause pour changer d’approche car ils ne pouvaient espérer un déroulement différent en mettant les mêmes ingrédients.

Changement de rythme

En seconde période les caennais sont revenus avec d’autres intentions, avec notamment une 1ère ligne plus active tentant de toujours appliquer une pression sur le porteur de balle lyonnais.
Cette intensité accrue a été à l’origine de nombreuses fautes (20 sur la seconde période contre 11 en 1ère) qui ont empêché l’OL de poser le jeu et appliquer leur rythme.

Bousculée dès la phase de construction, l’équipe de Bruno Génésio a eu beaucoup de mal à reprendre le contrôle sur cette période. Les lacunes dans le positionnement lors de la phase de relance, déjà visibles en 1ère période (et lors des matchs précédents), étaient nettement moins problématiques sans pression adverse. Mais face à une intensité plus élevée elles ont limité la capacité lyonnaise à faire redescendre le rythme.

L’augmentation de rythme a engendré une augmentation des phases de transition, car l’OL avait du mal à structurer son bloc avec le ballon. Une situation idéale pour Caen, qui n’avait jamais réussi à déséquilibrer l’équipe lyonnaise lorsque celle-ci était structurée.

À plusieurs reprises les lyonnais ont réussi à profiter du pressing caennais pour exploiter les espaces dans le bloc adverse qui était alors très étiré. Cependant comme lors d’attaques placées, l’équipe lyonnaise manquait de régularité dans sa capacité à exploiter les espaces, donnant l’impression de trouver des solutions ponctuellement/individuellement plutôt que par l’application de principes collectifs.

De plus l’OL aurait pu répondre au changement d’état d’esprit du SMC en utilisant le ballon pour contrôler le rythme du match, plutôt qu’en rentrant dans leur jeu en jouant plus direct depuis l’arrière, avec un Lopes de plus en plus enclin à allonger au fil des minutes.

Conclusion

Cette rencontre aux 2 visages a été logiquement remportée par l’OL, qui a complètement maîtrisé la moitié du match. La 2ème période a été nettement moins bonne pour les lyonnais, et le manque de maîtrise aurait pu leur coûter cher, mais même sur cette mi-temps ils ont été meilleurs que le Stade Malherbe de Caen.

Une nouvelle victoire qui perpétue l’impressionnante série des lyonnais dans leur nouvelle enceinte, qui prend de plus en plus l’allure d’une forteresse … au moins sur le territoire national.

L’ampleur de la domination pendant 45 minutes semble annoncer un futur très positif pour l’OL en championnat tant l’écart semble important avec les équipes moyennes. Cependant il serait bon de revenir plus en profondeur sur le jeu des lyonnais au cours de la saison, pour comprendre d’où proviennent leurs difficultés dans certaines configurations de match.

Côté caennais, la 1ère période doit être un signal d’alarme pour l’équipe de Patrice Garande. Les choix dans l’animation défensive posent problème face à un adversaire patient dans sa construction, car le manque de pression sur la relance couplé aux espaces entre les lignes qui s’ouvrent facilement (milieu qui avance, défense qui ne suit pas) créent des déséquilibres dans le bloc. Déséquilibres qui permettent la progression adverse mais qui empêchent aussi de récupérer des ballons haut et donc limitent les opportunités de contre.

2 thoughts on “Olympique Lyonnais – SM Caen : Un match aux 2 visages

  • 23 août 2016 at 06:24
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    Merci pour cette analyse passionnante. je me réjouis de vous relire dans les semaines à venir.

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