Guardiola et son jeu de position : Décryptage en profondeur

Rien de moins que le Bayern Munich de Pep Guardiola pour comprendre le « Jeu de Position » et ce qui se cache derrière le succès de cette philosophie!

Vous vous demandez peut-être pourquoi ce choix. Les résultats de Guardiola à la tête du Bayern sont plutôt bons mais après tout les frères ennemis de Madrid ont été les révélations de la saison précédente, Ancelotti ramenant la decima au Bernabeu quand Simeone arrachait une Liga en plus d’une finale de C1 avec un Atletico pourtant loin d’être promis à ces succès.

Mais Guardiola a eu le droit à un excellent livre retraçant sa première saison au Bayern, Pep Confidential. Si vous êtes à l’aise avec l’anglais ou l’espagnol, je vous le conseille vraiment. Je ne suis pas ici pour en faire un résumé, simplement cette lecture a été le point de départ de mon travail d’analyse sur le Bayern Munich de Guardiola, qui devait succéder à Heynckes et son fameux triplé (championnat, coupe et C1).

Autant le dire tout de suite, cet article est consacré au Bayern Munich qui a le ballon. Non pas que le Bayern sans ballon soit inintéressant, bien au contraire. Mais ayant déjà rédigé plusieurs articles sur le pressing, je voulais décortiquer un autre aspect du jeu. Et ça tombe plutôt pas mal, les équipes de Guardiola ont souvent le ballon!

Il est temps de conclure cette introduction, et de rentrer dans l’analyse footballistique pure et dure, qui va se faire en 2 parties :

  1. Ressortir le ballon de l’arrière
  2. Jeu de position

I – Ressortir le ballon de l’arrière

Démarrage logique puisqu’il vaut mieux partir de la base pour étudier l’édifice bâti par Guardiola. D’autant plus que cette base va être le véritable fer de lance de l’attaque bavaroise.
Ressortir le ballon proprement depuis l’arrière. Un précepte qui n’a plus rien de révolutionnaire dans un football moderne où il est de bon ton de s’inspirer du FC Barcelone. Mais c’est tout sauf un hasard si Pep Guardiola a été à la tête des équipes les plus efficaces dans ce domaine. Car pour ressortir le ballon proprement, il ne suffit pas d’avoir des pieds bien faits et un entraîneur qui hurle « ne la perds pas ». En effet Guardiola a, en plus de bons joueurs à disposition, des idées très claires pour assurer cette remontée de la balle.
Avant d’étudier ces idées, arrêtons nous un instant sur ce que j’appelle « ressortir de l’arrière ». Parce que comme avec toutes les expressions footballistiques, chacun a sa propre interprétation. Selon la FFF, le jeu avec ballon est découpé en 4 phases qui sont « Conservation / Progression / Déséquilibrer / Finir » et on distingue ces phases par la position sur le terrain selon ce découpage :

Espaces

Parlant de ressortir le ballon de l’arrière depuis le début du paragraphe, il semblerait logique qu’on se concentre sur le 1er espace dit de « Conservation », qui correspond à l’arrière garde de l’équipe lorsqu’on repart du gardien. Mais plutôt que de me référer à une position sur le terrain, je préfère prendre comme repère une situation dans le jeu : « Le ballon est dans les pieds de la première ligne défensive »

LigneDef
On voit bien sur cette image la ligne arrière (ou ligne défensive) qui doit se charger d’effectuer la relance face à la ligne offensive de l’adversaire

Ressortir le ballon de l’arrière ne revient donc plus simplement à travailler les relances du gardien, c’est l’animation de la ligne défensive qui est à mettre en place, quelle que soit sa position sur le terrain (on va pas se mentir, en général c’est quand même dans son propre camp). On pourrait simplifier cela en disant que le ballon a été ressorti proprement de l’arrière lorsqu’au moins une ligne adverse a été éliminée et que le ballon est jouable par un coéquipier.

paslignedef

Quels sont donc les grands principes de Guardiola lorsqu’il s’agit de mettre en place une animation pour assurer une sortie de balle propre de sa ligne arrière? On peut identifier 3 idées majeures :

  • Supériorité numérique sur la ligne arrière
  • Prendre son temps pour manoeuvrer l’adversaire
  • Utiliser le jeu long si c’est utile
Supériorité numérique requise!

Cette première règle est certainement la plus simple à comprendre et à mettre en place, mais elle est d’une efficacité indéniable. Comparez ces 2 images, et essayez d’imaginer quelle équipe est la mieux armée pour ressortir proprement le ballon depuis sa ligne arrière.

Guardiola
Comment relancer proprement face à 2 attaquants? Deux choix différents : Le Real Madrid (à gauche) n’utilise que 2 joueurs tandis que le Bayern Munich (à droite) utilise une ligne défensive de 3 joueurs.

Les mauvaises langues diront que l’Atletico fait un pressing plus intense que Francfort, ce qui rend la tâche évidemment plus simple pour le Bayern. Mais la différence essentielle réside dans le rapport numérique pour cette phase de relance. En effet avec un 2c2 on voit que les défenseurs n’ont pas de temps pour négocier la relance puisqu’ils ont toujours un attaquant pouvant rapidement les cadrer. En ajoutant un joueur à la ligne défensive, on obtient une première ligne qui est en supériorité et qui peut donc gérer plus facilement les 2 adversaires.
L’animation de la ligne défensive dépend donc essentiellement de l’adversaire et du nombre d’attaquants qu’il va opposer à la première ligne défensive :

  • 1 attaquant: Le choix fait par des équipes qui vont défendre bas et qui n’espèrent pas récupérer le ballon dans le camp du Bayern. Généralement les 2 défenseurs centraux se chargent de la relance, sans avoir besoin des décrochages d’un milieu. Les organisations adverses associées à ce choix sont : 5-4-1 / 4-1-4-1 / 4-5-1
  • 2 attaquants : Avec le retour en grâce du 4-4-2 « défensif » (l’Atletico n’y étant sûrement pas étranger), c’est une situation souvent rencontrée par le Bayern. Pour conserver une supériorité numérique derrière, un 3ème joueur est ajouté à cette ligne. Soit un 3ème central, soit Xabi Alonso décrochant pour créer un 3c2. Ce décrochage du milieu (choix le plus souvent fait par le Bayern) a été élaboré par Ricardo La Volpe, d’où son nom de Salida Lavolpiana que l’on pourrait traduire par « la sortie de balle par La Volpe ». C’est la méthode la plus utilisée par Guardiola lorsque l’adversaire utilise une ligne de 2 offensifs.
  • 3 attaquants : Toujours le même principe, l’adversaire oppose 3 joueurs (le plus souvent dans un 4-3-3) … il faut donc en avoir 4 sur la ligne arrière pour pouvoir assurer la sortie de la balle.
  • 4 attaquants : Situation très rare, l’adversaire peut choisir d’utiliser 4 joueurs (dans un 4-2-4) pour empêcher les relances du Bayern. La seule équipe ayant fait ce choix jusqu’à présent est le Bayer Leverkusen de Roger Schmidt, qui utilise toujours cette organisation pour réaliser son pressing. Et dans cette configuration très particulière, Guardiola avait décidé d’abandonner son principe de supériorité numérique puisque 3 ou 4 joueurs composaient la ligne arrière
  • Retenez bien ce principe de supériorité numérique, on verra dans la vidéo concluant ce paragraphe comment s’en servir pour ressortir le ballon proprement de l’arrière.

    Nous avons du temps messieurs, profitons en!

    Le second principe est celui qui, selon moi, fait la différence entre les équipes qui préfèrent ressortir le ballon proprement et celles dont c’est la véritable philosophie. En effet la plupart des entraîneurs souhaitent voir leur équipe ressortir le ballon proprement … mais proprement comment, et proprement pourquoi?


     

    On voit sur cette image un mal que l’on retrouve quasiment dans toutes les équipes et qui témoigne à mon sens d’un manque de cohérence collective. Pourquoi est-ce que le joueur monte balle au pied à ce moment-là? Pourquoi est-ce qu’il joue long alors que la volonté de l’équipe est plutôt de conserver le ballon au sol?
    Les réponses à ces questions se trouvent dans l’absence de règle collective pour justifier le fait de jouer proprement. Souvent on a l’impression que la réflexion se limite à : « On veut bien jouer au ballon donc on va relancer proprement ». Mais comme le dit très bien Guardiola :

    « Ce qui compte ce n’est ni la possession ni les passes en une touche, mais l’intention qu’il y a derrière. Le pourcentage de possession d’une équipe ou le nombre de passes réussies n’a aucun sens en lui-même. Ce qui est crucial, c’est pourquoi on fait ça, ce qu’on cherche à obtenir et quel est le plan de l’équipe avec le ballon. C’est ça qui compte!
    Avoir le ballon est important lorsqu’on réalise une séquence de 15 passes consécutives pour maintenir son organisation tout en déstabilisant celle de l’adversaire. Comment y parvenir? Par des passes courtes, rapides et appuyées. Et pendant que vous faites ces 15 passes, votre équipe s’organise et l’adversaire court après le ballon, essayant de le récupérer. Durant ce processus, l’adversaire perd toute son organisation sans s’en rendre compte.

    – Pep Guardiola

    Si l’on revient à l’exemple de la relance de l’OL, je suis sûr que vous voyez maintenant très bien où je voulais en venir. Umtiti progresse avec le ballon car aucun joueur lensois ne vient le cadrer, c’est une intention louable qui peut créer du désordre chez l’adversaire. Mais lorsqu’il constate que sa progression n’aboutira pas, il ne décide pas de revenir en arrière pour initier une nouvelle offensive … il se débarrasse du ballon en tentant une ouverture désespérée. Pourquoi ne pas prendre son temps pour bâtir une vraie bonne offensive?
    Mon but ici n’est pas d’incriminer Umtiti, même s’il ne fait pas le bon choix, mais plutôt d’amener une réflexion sur la sortie de balle.
    L’objectif est de montrer que des équipes, qui prônent pourtant un jeu basé sur des sorties de balle propres, n’hésitent pas à se débarrasser du ballon à de nombreuses occasions. Simplement parce que la qualité de la sortie de balle repose plus sur la qualité individuelle (avec des joueurs devant faire le bon choix) plutôt que sur une structure collective claire et cohérente.
    Si vous êtes dubitatif, je suis sûr que les exemples dans la fameuse vidéo vous permettront de voir ce qui différencie ces équipes du Bayern Munich.

    Mais moi monsieur, j’aime bien jouer des duels aériens!

    Bon là je sens que vous êtes en train de vous dire que je me moque de vous. Un paragraphe entier pour expliquer comment le Bayern ressort proprement le ballon de l’arrière qui se conclut par une partie sur le jeu long du gardien, c’est pas n’importe quoi ça?

    Et ben non ma petite dame, c’est pas n’importe quoi, c’est Neuer. Et plus généralement c’est l’Allemagne.
    Car si beaucoup doutaient de la capacité de Guardiola à s’adapter à l’Allemagne, craignant de voir l’équipe allemande être transformée en pâle imitation du FC Barcelone, c’était une erreur! Évidemment la philosophie globale reste la même, le Guardiola de Munich est plus proche de ce qu’il était à Barcelone que d’Heynckes, mais des adaptations ont été réalisées pour utiliser au mieux les qualités du Bayern Munich.

    Une d’entre elles est l’utilisation du jeu aérien puisqu’avec Muller et Mandzukic (puis Lewandowski), le Bayern Munich a des joueurs qui sont capables de gagner des duels aériens. De plus Neuer est un gardien avec un jeu au pied de très haut niveau, ce qui lui permet de faire des relances longues dans une zone précise et pas seulement pour dégager le danger.
    Une comparaison entre les statistiques de Neuer et Valdes permet de mettre en lumière ce fait :

    ComparLB1

    On voit sur ce graphique que le jeu au pied d’un gardien est fortement conditionné par l’équipe dans laquelle il évolue et par l’entraîneur aux commandes de cette équipe. Concernant Neuer, la proportion de balles longues dans ses dégagements n’a cessé de diminuer jusqu’à l’arrivée de Guardiola qui l’a stabilisé autour de 33% (une passe sur 3 de Neuer est une passe longue).
    Si on s’arrêtait à cette image, on pourrait me rétorquer qu’elle démontre surtout que Guardiola souhaite limiter au maximum le jeu long de son gardien puisqu’on voit que les 5 plus faibles valeurs sont sur les 5 saisons où il a officié. Mais en prenant en compte la précision de ces passes longues chez les deux gardiens, votre avis changera peut-être :

    compar valdes neuer LB-2

    Personnellement j’adore ce graphique! Première chose qui attire l’oeil : lorsque Guardiola était à Barcelone, Victor Valdes avait des chiffres très similaires à ceux de Manuel Neuer, qui n’était pourtant pas dans des équipes cherchant à conserver farouchement le ballon. Cela laisse penser que dans les 2 cas, les balles longues n’étaient pas un moyen privilégié de relance, mais plutôt un dernier recours. Ne sachant que faire, le gardien relançait long et il y avait une chance sur deux pour que la passe touche un coéquipier. Une grande partie des gardiens de haut niveau tournent autour de cette valeur de 50% (De Gea est à 44% sur ses 2 saisons à MU, Claudio Bravo est à 54% cette saison au FC Barcelone, Joe Hart est à 48% cette saison, …), ce qui tend à montrer que le jeu long n’était pas une arme sur ces 3 premières saisons pour les 2 protagonistes étudiés, que ça soit Guardiola (et Valdes) ou Neuer (à Schalke puis au Bayern).

    Mais la confirmation vient de la partie droite du graphique, quand on se penche sur l’association Neuer / Guardiola. Car si l’on a vu auparavant que le pourcentage de balles longues avait diminué, on remarque que la précision de ces balles longues est exceptionnelle. Neuer est passé de 52 à 72% grâce à l’apport de Guardiola puisque le reste de l’équipe est resté -quasiment- la même.

    Une telle précision témoigne du rôle de ces balles longues, qui ne sont plus des ballons que l’on envoie loin devant quand on ne peut rien faire d’autre. Ils sont utilisés, non pas pour éloigner le danger, mais pour progresser très rapidement et éliminer des lignes adverses. C’est une arme qui permet de mettre en difficulté des équipes réalisant un pressing très intense et qui n’hésitent pas à envoyer des joueurs jusqu’à Neuer pour gêner au maximum le Bayern Munich.
    Dans la vidéo qui va suivre on verra des exemples de ces longs ballons, ce qui permettra de comprendre pourquoi Neuer parvient à réussir près de 2 longs dégagements sur 3.

    Une vidéo vaut-elle mieux que mille mots?

    Un pavé de cette longueur sonnerait bien creux (à mon avis) sans une vidéo pour démontrer l’intérêt de l’analyse. Parce qu’après tout, rien ne vous oblige à me croire. Peut-être que Neuer est précis seulement parce que ses attaquants sont excellents à la réception? Peut-être que la supériorité numérique n’est pas vraiment nécessaire, il peut être suffisant de faire des passes précises pour éliminer les attaquants adverses? Et est-ce que ça ne serait pas utopique de penser qu’il est possible de désorganiser l’adversaire avec des passes simples?

    Les images permettent de vous faire un avis et de ne pas avoir à me croire sur parole, et ça, ça n’a pas de prix!


    II – Jeu de position

    Tout d’abord si vous lisez ces mots, félicitations -et merci- pour avoir tenu bon après les 2500 mots et une vidéo assez longue. J’ai conscience que c’est très long – surtout pour un unique paragraphe! – mais je ne voyais pas comment raccourcir sans omettre des faits qui me semblaient intéressants.

    Le premier paragraphe se consacrait à l’analyse de la construction sur la ligne défensive. Maîtriser cette phase est nécessaire si l’on souhaite contrôler les matchs, puisque tout va découler de cette maîtrise.
    Mais être dominateur sur sa ligne défensive ne suffit pas si l’on souhaite gagner des matchs, puisqu’il faut étendre cette maîtrise à l’ensemble des lignes du terrain.
    Et c’est cela que l’on appelle le « Jeu de Position ». Derrière ce terme que je trouve assez barbare en français, Positional Play en anglais et Juego de Posicion en espagnol sonnent mieux à mon oreille, se cachent des grandes idées qui permettent de comprendre la philosophie de jeu associée. On pourrait regrouper ces règles en deux familles :

    1. Progresser collectivement
    2. Bien défendre en attaquant

    Dans la suite on va se concentrer uniquement sur la 1ère partie « Progresser collectivement » car elle est dans la continuité du 1er paragraphe de cet article. Une petite précision, le mot « progresser » n’est pas utilisé dans le sens courant : « s’améliorer » mais dans le sens « gagner du terrain / avancer ». La progression va généralement se traduire par l’élimination de la ligne adverse s’opposant au ballon (que l’on appelle ligne de pression). Dans la 1ère partie, la ligne de pression était la ligne d’attaque de l’adversaire. Dans la suite la ligne de pression sera généralement la ligne du milieu adverse (lorsque celle ligne a été éliminée, la ligne de pression devient la ligne des défenseurs).

    Sur l’article espagnol, Dani Fernández définit une dizaine de règles pour expliciter par quels moyens la progression collective doit se faire.

    1. Les joueurs ne doivent pas être alignés (horizontalement et verticalement), ce qui permet de créer plusieurs lignes de passe
    2. Il faut étirer l’adversaire pour créer des intervalles à l’intérieur du jeu (en largeur et profondeur)
    3. Le concept d’homme libre est fondamental
    4. La passe n’est qu’un moyen, pas une fin. Les joueurs doivent comprendre quand garder le ballon et quand le donner
    5. Avec la « conducción » vous créez des hommes libres
    6. Il est nécessaire de créer des supériorités derrière la ligne de pression qui va s’opposer au porteur du ballon
    7. Le jeu en triangle qui permet de trouver le 3ème homme
    8. Les supériorités numériques doivent être mises en place depuis la base de l’équipe, il faut donc ressortir le ballon proprement

    Toutes ces règles sont évidemment pertinentes mais je préfère les regrouper en 3 grandes idées qui synthétisent peut-être plus clairement ces quelques règles :

    • Homme libre
    • Créer des intervalles / espaces
    • Exploiter ces intervalles / espaces

    On peut quasiment résumer le volet « progression collective » du jeu de position avec ces 3 idées. Vous pouvez noter que les deux dernières idées se réfèrent à un moyen de dominer l’espace, il n’est pas question de dominer un adversaire dans un duel mais de maîtriser les espaces du jeu.

    Un homme libre … mais libre de quoi?

    J’aurais pu débuter l’article avec cet aparté lexical, puisque si vous avez bien suivi la vidéo il était plusieurs fois question d’hommes libres (lors de la phase de manoeuvre) dans la 1ère partie. Je préfère en parler maintenant car ce qui pouvait être évident sur la ligne défensive l’est parfois moins sur les lignes suivantes.
    L’homme libre (Hombre libre en espagnol) est une pierre angulaire du jeu de position, mais finalement qu’est ce que ça signifie « homme libre »?

    Un joueur est un homme libre lorsqu’il reçoit le ballon sans adversaire au marquage et avec beaucoup de temps et d’espace pour créer de nouvelles choses.

    Dani Fernández

    Donc un homme libre dans le jeu de position ça n’a rien strictement à voir avec un libéro à la sauce espagnole.


     

    On voit bien sur ces images que le concept d’homme libre n’est ni attaché à une position sur le terrain ni à une équipe. Toutes les équipes qui jouent au foot ont régulièrement des hommes libres sur le terrain, c’est un moyen usuel pour progresser.
    L’homme libre est un joueur « seul » (ou démarqué) pouvant recevoir le ballon. Autant dire qu’on ne va pas s’intéresser aux joueurs qui sont libres pendant que le ballon est hors du terrain, ou pendant que le porteur leur tourne le dos.
    Si le jeu de position se démarque dans l’utilisation des hommes libres, c’est parce qu’il officialise ce concept en en faisant une pierre angulaire du jeu. C’est très différent de l’animation usuelle qui ressemble plus à « Ha il est seul, je vais lui filer le ballon ».

    Je ne vais pas aller plus loin dans ce paragraphe qui avait simplement pour but de définir rapidement ce qu’est un homme libre, pour éviter des quiproquo dans la suite.

    Une suite qui permettra de voir comment intégrer le concept d’homme libre dans l’utilisation des espaces, si chère à Pep Guardiola.

    On a besoin d’air, écartez-vous!

    Mais avant de pouvoir magnifier l’utilisation des espaces, il faut commencer par les créer, ces espaces. En effet sans effort réalisé pour agrandir l’espace de jeu, l’équipe ayant le ballon va être confrontée à un bloc très compact qui n’aura aucun mal à défendre sa cage. L’idée semble certainement très basique puisque l’on entend dès les U11 des consignes visant à élargir le jeu et à occuper l’espace.

    Et pourtant de nombreuses équipes maîtrisent assez mal cet aspect. C’est par exemple une lacune récurrente du Real Madrid, qui a tendance à très mal gérer sa largeur. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les hommes d’Ancelotti ont à chaque fois beaucoup de mal à jouer face à l’Atletico Madrid, qui excelle lorsque son bloc est bien en place.


     

    Le ballon vient d’être dégagé par Casillas (sur un coup de pied arrêté), les joueurs du Real Madrid ont eu tout le temps qu’ils souhaitaient pour se mettre en place … et on voit qu’ils se trouvent tous dans un bandeau central de la largeur de la surface de réparation. Toute personne suivant le football pensera immédiatement que cette situation est très loin d’être idéale puisqu’il n’y a plus d’espace lorsque tous les joueurs sont regroupés de cette manière. Et pourtant sur cette action il y a une surface considérable laissée libre par l’Atletico. Vous ne me croyez pas?

    Espaces-Guardiola

    Alors, elle n’est pas immense cette surface laissée libre par l’Atletico? Dans ce cas pourquoi est-ce que l’on considère que le jeu est fermé/verrouillé pour le Real alors qu’ils ont 70% du terrain libre de tout adversaire?
    Derrière cette question réthorique se cache une réponse évidente : Tous les espaces ne se valent pas.
    Vous pouvez bien être libre de jouer 90 minutes dans la surface 1, l’équipe adverse ne sera pas pour autant mise en péril.

    Cependant ce qui est évident pour la surface 1 l’est moins pour les surfaces 2 et 3. En effet celles-ci sont nettement plus intéressantes, et il est impensable pour une équipe défendant sa cage d’abandonner ces 2 espaces à l’équipe adverse. Il serait en effet très intéressant pour une équipe d’avoir un homme libre dans la zone 2 (ou 3). Vous voyez où je veux en venir? Avoir libéré ces zones serait très intéressant SI le Real avait eu des joueurs dans celles-ci. Il faut donc avoir des joueurs dans les espaces libres pour pouvoir en profiter.

    Ce sont à partir de ces 2 principes assez simples que se construit le jeu de position. Il n’est pas question de libérer de l’espace pour libérer de l’espace, ni de les libérer n’importe comment. Il faut réfléchir à quelles zones on veut libérer, à la manière de les libérer et enfin à la manière de les utiliser.

    Où veut-on jouer?

    Avant la mise en place tactique et factuelle du jeu de position, l’entraîneur doit donc réfléchir aux zones qu’il souhaite exploiter. Cette réflexion prend en compte ses préférences personnelles mais aussi (et surtout?) les qualités de l’effectif. Si vous avez des joueurs très vifs et capables de combiner dans de petits espaces, la gestion de l’espace ne sera pas la même que si vous avez d’excellents ailiers et des attaquants très bons de la tête.

    Vous ne trouvez pas que ces descriptions très caricaturales ont un petit air de FC Barcelone et de Bayern Munich?
    À son arrivée à Munich, Guardiola conserve la même philosophie de jeu qu’à Barcelone, mais il est confronté à un effectif très différent. Le niveau technique reste évidemment très élevé mais les forces ne sont plus les mêmes. Voici un extrait très intéressant de Pep Confidential :

    Repensez un peu au milieu de Barcelone lors de la finale de Champions League en 2011 contre Manchester United : Busquets, Xavi, Iniesta et même Messi qui décrochait depuis sa position de faux n°9. Maintenir une supériorité au centre du terrain était la marque de fabrique de Pep. Fera-t-il de même au Bayern Munich? Non. Il a expliqué qu’il veut maintenir la même supériorité au centre, mais ici il veut aller plus loin et accentuer le travail de son équipe sur les ailes.
    À Barcelone, Guardiola avait Leo Messi, qu’il appelait « la bête ». Messi convenait parfaitement au jeu de Barcelone. Ses coéquipiers submergeaient l’adversaire au milieu, lui donnaient la balle et il faisait le reste. Mais il n’y a pas de Messi au Bayern. Pep a à disposition d’excellents joueurs comme Mario Gotze – talentueux, intelligent, insaisissable et très bon buteur – et Mario Mandžukić – combattant et un excellent buteur. Mais Messi est d’une autre dimension.

    Comme toujours, Pep veut que ses joueurs soient en supériorité numérique au milieu, mais il veut aussi instaurer le chaos dans les couloirs. À Barcelone, Iniesta et Xavi dominaient le milieu pour permettre à Messi de détruire la défense adverse. Au Bayern Guardiola voit les choses différemment :

    « Qui sont nos joueurs inarrêtables? Les ailiers – Ribéry et Robben. On doit utiliser cette arme. On doit être supérieurs au milieu de terrain pour ouvrir le jeu par des passes diagonales. Cela signifie que toute l’équipe doit jouer plus haut, pour libérer Ribéry et Robben. Car ils ne doivent pas avoir besoin de décrocher trop bas pour initier les actions »

    Dans le 1er paragraphe de cet article, on étudiait la manière de ressortir la balle depuis la ligne arrière, ce qui équivalait à étudier comment éliminer la première ligne adverse (constituée des attaquants). Dans cet extrait Pep nous explique comment il veut éliminer la ligne des milieux puis la ligne des défenseurs. Et en plus on a une comparaison avec ce qui était fait à Barcelone!
    En schématisant ce qui est expliqué dans cet extrait, on obtient ceci :

    espace-guardiola
    En changeant de club, Guardiola adapte les zones qu’il veut dominer pour s’adapter à ses joueurs

    On peut noter la zone centrale commune aux 2 équipes, c’est en quelque sort la marque de fabrique de Guardiola. Toute sa philosophie se base sur cette domination du centre du terrain.
    Cependant la suite diffère puisqu’à Barcelone on cherchait à trouver Messi en homme libre entre les lignes dans l’axe du terrain tandis qu’au Bayern on veut libérer Ribéry et Robben sur les ailes.

    Ce sont dans ces zones que le jeu de position prend toute son ampleur, puisque c’est là que doivent être créés les espaces permettant de libérer des joueurs. Car en libérant des joueurs dans ces zones, le Bayern Munich (et précédemment le FC Barcelone) en prend le contrôle.

    PS: L’idée initiale de Guardiola était d’avoir ces 2 hommes dans des rôles assez similaires, il semblerait que cela ait un peu évolué. Robben est exactement dans le plan de jeu définit par Guardiola au-dessus, c’est moins net pour Ribéry.

    Une problématique très citadine : Créer de l’espace dans une surface délimitée

    Les zones à utiliser ont été définies dans le paragraphe précédent, il s’agit maintenant de déterminer comme créer ces espaces.
    En effet un match de foot se joue avec un nombre de joueurs qui est fixe, sur un terrain délimité. Dès lors, comment faire pour avoir de l’espace dans la zone voulue si l’adversaire occupe bien cette zone? C’est tout simple, il faut le faire partir.


     

    Bon oui, on peut faire peur à son adversaire pour qu’il s’éloigne. C’est une méthode.
    Plus sérieusement, il y a une seule manière de libérer de l’espace dans la zone que l’on souhaite : Faire en sorte que l’adversaire aille défendre dans une autre zone.
    Cela peut paraître simpliste mais c’est vraiment la clé pour pouvoir déployer son jeu comme on l’entend.

    Bien évidemment on ne peut pas se contenter de dire cela, il va falloir expliciter les mécanismes qui permettent de manoeuvrer l’adversaire. On peut dénombrer 4 outils pour atteindre cet objectif :

    • La « conducción »
    • La largeur
    • La profondeur
    • La fixation

    Je suis désolé d’employer le terme « conducción », mais je ne lui trouve pas d’équivalent en français. Le principe est qu’on « aspire » un adversaire qui va venir nous presser et donc laisser un espace dans son dos. Il peut y avoir de la conducción avec ballon – lorsqu’un adversaire vient cadrer le porteur du ballon- ou de la conducción sans ballon – on en a vu un exemple sur le jeu long de Neuer, avec Nasri qui monte sur Rafinha et laisse donc un espace libre à sa position initiale.
    Xavi parle très bien de l’utilisation de cette arme dans le but d’avoir des joueurs libres :

    Les défenseurs centraux ont le ballon et l’un d’eux est libre, car on a toujours un défenseur de plus que les attaquants adverses. Dans ce cas, Puyol monte avec le ballon jusqu’à ce qu’un adversaire vienne s’opposer à sa progression. Si cet adversaire était le joueur à mon marquage, alors je deviens l’homme libre. Si cela avait été celui au marquage d’Iniesta, alors Iniesta était l’homme libre.

    – Xavi Hernandez

    Ce concept vient s’opposer de plein fouet à l’idée qu’enchaîner les passes à une touche est le meilleur moyen de désorganiser l’adversaire. En s’arrêtant avec le ballon dans les pieds, on invite l’adversaire à nous presser … et donc à laisser un espace dans son dos. En exploitant bien cet espace, on a créé un homme libre dans la ligne du milieu grâce à notre homme libre de la ligne défensive. Et c’est comme cela qu’on va pouvoir progresser.

    Les 2 concepts qui suivent sont très simples, je pense que tout le monde a déjà entendu parler de largeur / profondeur. Il faut cependant en parler, car dire « je veux de la largeur et de la profondeur » ne signifie pas grand-chose.
    On a vu sur l’image précédente que Guardiola veut contrôler le centre du milieu de terrain (là encore c’est pas terrible en français), ce qui signifie qu’il doit créer de l’espace dans cette zone. Il faut donc amener de la largeur sur la ligne du milieu adverse (pour l’étirer) et de la profondeur pour créer de l’espace entre les lignes.

    espa
    Positionnement du bloc adverse selon l’espace de jeu utilisé par l’équipe ayant le ballon

    Cette animation récapitule plutôt pas mal ces idées, on verra mieux dans la vidéo comment ça se traduit sur le terrain. Avec ces 2 principes utilisés à bon escient, on vient de créer des espaces dans le milieu adverse ce qui nous permet de le contrôler, comme le souhaite Guardiola.

    Il faut maintenant libérer Robben et Ribéry, afin d’exploiter leurs qualités au maximum.
    Cette fois-ci les espaces à libérer sont dans la largeur, il faut donc amener l’adversaire à ne pas occuper la totalité de la largeur du terrain avec sa ligne défensive. La profondeur peut être utilisée à cette fin, car les défenseurs ont tendance à suivre les appels et donc à être « aspirés » hors de la leur ligne défensive. Mais l’arme principale pour libérer Ribéry et Robben est la fixation de la défense adverse, suivie d’un changement d’aile très rapide.
    Quand c’est dit comme ça, ça ne semble pas fou n’est-ce pas? Tout le monde fait ça, fixer pour changer d’aile.
    Mais alors pourquoi est-ce que ça marche si bien au Bayern depuis que Guardiola est arrivé -regardez les stats de Robben si vous en doutez!-? C’est ce qu’on verra dans la vidéo!

    Exploiter les espaces libérés

    Promis, c’est le dernier paragraphe avant la vidéo qui conclura cet article! Un dernier coup de collier et vous serez incollable sur le jeu de position.
    On a pu voir auparavant qu’il fallait réfléchir aux espaces que l’on souhaitait libérer, pour ensuite établir un plan de jeu permettant de les libérer. Mais une fois que ces espaces existent, encore faut-il savoir comment les exploiter.
    Là je vais devoir faire un distinguo entre les espaces libérés au milieu de terrain et ceux libérés pour Ribéry et Robben (et de la même manière pour Messi). En effet pour ces derniers, exploiter l’espace libéré revient à gagner son duel lorsqu’on a reçu le ballon dans de bonnes conditions. Il n’y a donc pas véritablement de considération tactique à ce moment-là, l’équipe s’en remet à la qualité de son joueur pour qu’il tire parti du travail collectif en amont.

    Par contre l’exploitation des espaces au milieu revient à prolonger la progression collective amorcée par la ligne arrière. Grâce à un travail collectif préalable, un joueur reçoit le ballon dans un intervalle de la ligne du milieu adverse et son action va valider (ou non) l’élimination de cette ligne. Plus simplement, si je reçois le ballon dans l’intervalle mais que je reviens en arrière, mon équipe n’aura finalement pas éliminé la ligne du milieu. Dans le but de prolonger la progression, il y a 2 choses à vérifier lorsque l’on demande le ballon dans un intervalle au milieu de terrain :

    • Demander le ballon derrière la ligne de pression
    • Avoir son corps bien orienté

    Les deux règles fonctionnent de pair. Bien évidemment on peut éliminer la ligne de pression en demandant le ballon dos au but tout en étant en retrait de cette ligne … mais ça sera infiniment plus compliqué qu’avec le bon placement et la bonne orientation.
    L’explication est très simple. En demandant le ballon derrière la ligne de pression, cette ligne va être « éliminée » sur la passe. Mais elle va avoir tendance à se replacer très vite, il faut donc pouvoir avancer dès la prise de balle pour laisser cette ligne de pression derrière nous. C’est pourquoi il est important d’être bien orienté, pour ne pas avoir à se retourner à la suite de la prise de balle.

    Un petit exemple pour illustrer l’importance d’être derrière la ligne de pression :


     

    Je vous conseille de faire pause sur les images avec du texte, j’ai été obligé de faire très rapide pour pouvoir faire un GIF.
    Comment décrypter cette action? Les latéraux donnent une largeur sur la bonne zone ce qui permet d’étirer la ligne du milieu et donc de créer de grands intervalles. On voit Fekir, Tolisso et Malbranque qui sont à la hauteur des intervalles.
    Fekir et Tolisso sont d’abord derrière cette ligne, qui pourrait donc être éliminée sur une passe. Malbranque est un homme libre mais il est en retrait de la ligne de pression.
    Ce dernier reçoit le ballon et profite de sa liberté pour pouvoir ajuster une passe qui élimine la ligne de pression. Mais on voit qu’il n’a pas transmis le ballon à un nouvel homme libre : Njie aura donc du mal à prolonger la progression individuellement. Par contre il peut servir d’appui pour remettre à un homme libre derrière la ligne du milieu … cet homme libre serait alors face au jeu et aurait « validé » l’élimination de la ligne du milieu. Malheureusement Fekir était lui aussi en retrait de la ligne du milieu, une remise de Njie sur Fekir annulerait donc l’élimination de la ligne du milieu.

    Si Malbranque avait reçu le ballon derrière la ligne de milieu, un défenseur aurait dû sortir sur lui (conduccion) ce qui aurait créé un nouvel homme libre (Jallet ou N’jie). Et la progression aurait pu se poursuivre.

    Un exemple?


     

    Création d’espaces : Largeur par les latéraux / profondeur par Lewandowski et Muller.
    Utilisation des espaces : Présence dans les intervalles / Positionnement derrière la ligne de pression / Orientation du corps de Gotze

    Honnêtement cette action, toutes les équipes professionnelles sont capables de la réaliser non? Pour moi c’est la démonstration que le jeu de Guardiola ne fonctionne pas uniquement parce qu’il a des grands joueurs, mais parce que le jeu mis en place est cohérent.

    On arrive à la fin de cette seconde (et ultime) partie, et j’ai mieux qu’un GIF à vous proposer … puisqu’il y a encore une vidéo pour mettre en image toute cette théorie!

    Et deux vidéos, qu’est-ce que ça vaut?

    Non non, je ne vais quand même pas vous faire deux fois le speech pour vanter l’intérêt d’une vidéo! Mais là je vous conseille vraiment d’aller jusqu’au bout de la vidéo, vous pourrez vérifier que vous êtes incollables sur le jeu de position.



    Guardiola – C’est la fin … pour aujourd’hui

    Merci à vous d’avoir lu jusqu’au bout, c’était vraiment très long mais j’ai beaucoup appris en faisant cet article et j’espère que ça sera le cas pour vous aussi.
    N’hésitez pas à laisser des commentaires ou à partager l’article si vous l’avez aimé!

26 thoughts on “Guardiola et son jeu de position : Décryptage en profondeur

  • 10 mars 2015 at 00:31
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    vraiment tu es genial. Le travail que tu fournis est exceptionnel et je pèse mes mots 😉

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  • 10 mars 2015 at 19:22
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    Cet article réponds exactement à mes questions. Merci !

    Reply
  • 11 mars 2015 at 15:18
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    Merci pour le travail

    Fixer son adversaire ne serait pas le terme equivalant pour la conduccion?

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    • 12 mars 2015 at 10:10
      Permalink

      J’aurais tendance à dire non, parce qu’à mon sens « fixer » c’est le porteur de balle qui est actif pour occuper la défense adverse.
      La définition de la FFF : « Retenir et occuper un ou plusieurs joueurs adverses dans une zone de terrain »

      Alors que par la « conduccion » c’est pas vraiment cette idée de retenir, mais plutôt d’aspirer. Pour schématiser je dirais que fixer c’est avancer vers la défense pour la regrouper dans une zone alors que la « conduccion » c’est plutôt prendre du recul pour éparpiller les adversaires;

      Mais là où tu as raison, c’est que l’idée derrière est la même : le porteur du ballon a la capacité de manoeuvrer l’adversaire sans besoin de fioritures.

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      • 17 mars 2015 at 13:06
        Permalink

        OK Merci c est clair, je comprend la nuance.

        Reply
  • 14 mars 2015 at 00:39
    Permalink

    Quel article magnifique, je l’ai lu plusieurs fois, toujours le même plaisir à décortiquer tes analyses, je me suis même amusé à regarder un match du Bayern histoire d’admirer le résultat et le très bon travail de Guardiola…

    Si tu projets d’écrire d’autres articles de ce type, je t’encourage à le faire, je serais un de tes premiers lecteurs…

    Reply
  • 20 mars 2015 at 00:20
    Permalink

    Salut, merci pour ces excellents articles sur le foot, c’est un régal de les lire et les vidéos illustrent très bien ton propos.

    Pour ce qui est de la « conduccion » la traduction française serait plutôt la conduite de balle… simplement le fait d’avancer avec le ballon. Mais du coup ce n’est pas vraiment ce que tu décris par ce terme(aspirer les joueurs vers une zone du terrain..)?

    Reply
  • 2 avril 2015 at 04:31
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    Salut à toi! J’avais lu l’article sur Schmidt il y a un moment, étant un grand fan du Mister. Et en voulant y rejeter un oeil je suis tombé sur celui ci, et que dire à part que je ne suis pas déçu. Tu as l’oeil et tes analyse (bien que vachement longue) sont très pertinente.
    Un grand merci à toi, c’est toujours un plaisir de te lire.
    PS: J’étais pourtant plongé avec sérieux dans l’article, ce qui ne m’a pas empêcher de bien rigoler à la vue de Pepe créant l’espace ahah.

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  • 19 avril 2015 at 22:47
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    Je dois dire : chapeau bas.

    C’est complet, propre, détaillé. Tout ce qu’il faut pour bien comprendre.

    Moi-même je suis contre la pholosophie de Guardiola, et fan du Bayern Munich au passage. Mais en regardant et apprenant sa technique grâce à ton développement, il y a une énorme recherche derrière le « tiki-taka ».

    Néanmoins, je reste perplexe sur un point : comment se fait-il que la contre-attaque contre le Bayern est si facile à placer ? Exemple : Bayern 0-4 Real Madrid.

    Bravo pour l’analyse en tout cas

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  • 20 avril 2015 at 18:26
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    Merci beaucoup Cédric!

    La raison la plus simple pour justifier les contres est la hauteur de la ligne défensive. En effet sous Heynckes les défenseurs intervenaient en moyenne à 36m de leur but, contre 43,5m sous Guardiola. Ce qui génère évidemment plus d’espace dans leur dos.

    Malgré tout ils concèdent assez peu d’occasions. De mémoire ils étaient à une moyenne de 5 tirs concédés par match en janvier, ce qui est très faible (en général c’est entre 9 et 12 pour les clubs importants en europe). Ils en concèdent peu parce qu’ils ont souvent le ballon et arrivent généralement à couper très vite les contres adverses (par le « counterpressing » que j’ai évoqué dans un article : http://analysport.fr/index.php/pressing-1)
    Contre le Real par exemple, ils prennent les 2 premiers buts sur CPA. À 2-0 le match est terminé, il faudrait en mettre 4 pour se qualifier. On peut donc imaginer que le counterpressing est moins efficace, ce qui met en péril toute l’équipe qui se retrouve déséquilibrée beaucoup trop facilement.

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  • 20 avril 2015 at 23:10
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    Et bien, une fois de plus, ta réponse est tout simplement parfaite et compréhensible. C’est extra de pouvoir apprendre de cette façon,

    J’abuserai encore de tes connaissances pour te demander une dernière chose (voir d’autres si j’oublie, j’espère que tu ne m’en voudras pas haha) : Pourquoi est-ce que les phases de contres sont très peu pratiquées par le Bayern de Guardiola.

    Quand on compare à celui d’Heynckes, qui se basait sur « l’attaque placée » et les fameux contres, on peut se demander où sont ils passés ? Clairement, le fait de contrôler le ballon et jouer en le gardant est le facteur principal, mais même lorsqu’il la récupère, j’ai l’impression qu’il ne profite pas justement de cette absence de ligne de pression de l’adversaire.

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  • 3 mai 2015 at 05:21
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    Excellent article ainsi que celui sur le pressing défensif (en revanche sur le pressing, je trouve qu’il n’ya pas assez d’exemples sur le bayern de guardiola ou sur son ancien barca ou encore l’actuel d’enrique)!
    continue !si certains coach Français pouvaient te lire!!! Vraiment hate de lire la prochaine analyse (les cpa pourquoi pas…?)

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  • 14 août 2015 at 13:10
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    salut,
    tout d’abord merci pour votre travail et l’éclairage très intéressant qu’il nous apporte sur le jeu.

    je me permets une petite remarque à propos des zones réparties et nommées sue le terrain.
    le fait de conserver le ballon aussi bas force l’adversaire à ne plus défendre son but mais le ballon, ce qui fait que leurs lignes sont aspirées et déformées. c’est là ou je veux en venir, le déséquilibre de l’adversaire se met en place à partir de la ligne de conservation.
    on voit parfois le barça de guardiola, plus rarement son bayern démarre au niveau de sa surface et terminer devant le but adversaire.

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  • 27 avril 2016 at 15:20
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    Réussir à elargir le regard d’une personne, c’est l’un des plus beaux cadeaux dans la vie. Je joue au football depuis tout petit et vous venez de m’apporter un autre vision des principes de ce sport. Cet article est à conseiller à tous les passionnés, entraîneurs et joueurs ( l’importance de l’orientation du corps, intelligent, simple et efficace!). Je vais d’ailleurs mettre ça en pratique au prochain entraînement!

    Merci à vous!

    Reply
    • 27 avril 2016 at 18:33
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      Merci pour ce magnifique compliment, vous ne pouviez pas me faire plus plaisir!

      Reply
  • 15 juin 2016 at 00:36
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    bonjour, j’ai apprécié ton analyse, j’aimerai que l’on discute par mail pour echanger des idée et rendre la methode cruyf (guardiola) plus complete, merci de ta reponse.

    Reply
  • 21 juillet 2016 at 12:35
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    Excellent, très complet et ludique
    Merci pour ce travail

    Reply
  • 30 août 2016 at 11:35
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    Pourquoi Pep Guardiola veut une supériorité numérique au milieu de terrain ?

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    • 31 août 2016 at 07:41
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      Avec une supériorité numérique tu as forcément un joueur libre … si ton positionnement est bon.

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  • 20 octobre 2016 at 08:28
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    Très bon article force à toi

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  • 25 mars 2017 at 00:37
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    Super article. Un seul mot : MERCI !
    Par contre frustration car j’arrive pas à lire la dernière vidéo 🙁

    Reply
  • 6 avril 2017 at 00:11
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    Ton article ma passionné c’est le mot …c’est très clair et surtout super instructif . merci beaucoup a toi

    Reply
  • 6 avril 2017 at 00:13
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    Si tu as un Facebook ou autre pour echanger je suis preneur…salut et encore félicitations

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