Equipe de France : analyse du coq après la phase de poule

Comptablement l’Equipe de France a rempli sa mission de la 1ère phase de son Euro : finir en tête de sa poule. Loin d’être anecdotique, cette position était censée permettre aux français de poursuivre la compétition avec un parcours très abordable et sonnait donc comme une réussite. Après le déroulement des autres poules ce constat a pris du plomb dans l’aile, mais l’EDF n’en est en rien responsable.
Cependant ce succès comptable ne doit pas être le seul vecteur pour analyser les performances de l’Equipe de France. En prenant du recul par rapport à cette première place, on voit vite que les bilans sont loin d’être tout roses, et des doutes ne tardent pas à apparaître.

Equipe type ?

Les matchs de préparation avaient permis de dégager un XI qui faisait à peu près l’unanimité. Après 3 matchs, l’unanimité n’est plus de rigueur dans le paysage footballistique français. Tout d’abord Griezmann et Pogba furent la cible des critiques, avant de retrouver une place qui leur revient assez logiquement. Maintenant c’est Matuidi qui est questionné, suite à la performance de Sissoko. Une chose est à peu près sûre, l’Equipe de France ne débutera plus un match avec un autre système que le 4-3-3 cher à Deschamps :

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Personnellement je doute que Matuidi soit sur le banc pour débuter les prochaines rencontres, mais c’est un débat qui prend de plus en plus d’ampleur et qui devrait occuper l’espace médiatique … au moins tant qu’il ne sera pas directement impliqué dans un but.
Une sphère médiatique qui fustige les comportements individualistes (Pogba) et qui, dans le même temps, a les plus grandes peines du monde à élargir le débat à l’échelle collective. Et pourtant il y en a des choses à dire sur ce collectif français.

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La relance

Pour être tout à fait honnête, certains médias ont parlé des problèmes à la relance, notamment Le Monde et je me tiens à citer cet article car la démarche mérite d’être félicitée.

Ce problème de relance est loin d’être nouveau, et n’est en rien imputable à des « conditions exceptionnelles » spécifiques à l’Euro (pression du 1er match, pression du 2nd match ou satisfaction du nul). Il était déjà largement visible lors des matchs de préparation, et il est très peu probable qu’il soit réglé avant la fin de la compétition puisqu’il ne l’a pas été jusqu’à présent.
Depuis près de 7ans on constate un changement dans la façon de jouer au football. Inspirées par les succès du Barcelone de Guardiola, de plus en plus d’équipes veulent construire depuis l’arrière et n’hésitent pas à prendre du temps depuis leurs défenseurs centraux pour réaliser la relance. L’Equipe de France n’échappe pas à la règle, ce qui explique l’importance de Koscielny et Rami dans le jeu français.
Cette doublette permet d’avoir un joueur de plus que l’adversaire lorsque celui-ci défend avec 1 attaquant. Cependant de plus en plus d’équipes adoptent le 4-4-2 lorsqu’ils n’ont pas le ballon, pour mieux gêner la relance adverse avec une première ligne de 2 joueurs. Face à cette organisation, l’Equipe de France fait décrocher le pivot (Kanté dans l’équipe-type), celui-ci vient donc s’ajouter aux centraux pour former un trio à la relance. Ce procédé est lui-aussi en vogue ces dernières années, on appelle cela « la Salida Lavolpiana ».

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La première ligne est trop compacte pour exploiter sa supériorité numérique. Salida Lavolpiana d’accord, mais pas n’importe comment

Cette relance à 3 joueurs permet de conserver la supériorité numérique nécessaire pour relancer, même face à 2 attaquants.

Que la 1ère relance soit un 2c1 ou un 3c2, la supériorité numérique est utilisée pour générer un joueur libre avec suffisamment d’espace devant lui pour monter balle au pied.

En montant balle au pied, le défenseur central peut par exemple obliger un milieu adverse à venir à sa rencontre et libère un de ses coéquipiers situé plus haut, à qui il peut transmettre le ballon.

Les défenseurs centraux ont le ballon et l’un d’eux est libre, car on a toujours un défenseur de plus que les attaquants adverses. Dans ce cas, Puyol monte avec le ballon jusqu’à ce qu’un adversaire vienne s’opposer à sa progression. Si cet adversaire était le joueur à mon marquage, alors je deviens l’homme libre. Si cela avait été celui au marquage d’Iniesta, alors Iniesta était l’homme libre – Xavi

Problème : l’Equipe de France relance effectivement avec une supériorité numérique … mais elle ne s’en sert pas pour créer le déséquilibre. Ainsi les défenseurs centraux exploitent très peu les espaces devant eux.

Que l’adversaire joue avec 1 ou 2 attaquants, la relance française s’axe en réalité toujours autour du trio défensif constitué des centraux et du pivot (si l’équipe est en 4-3-3 !). La seule différence est que face à un unique attaquant, le pivot ne vient pas entre les centraux mais reste à sa hauteur habituelle. Généralement les équipes avec un seul joueur devant placent ce joueur sur le pivot pour l’empêcher de construire, ce qui donne beaucoup de libertés aux centraux.

Cependant que ce soit en pratiquant une « Salida Lavolpiana » ou en relançant avec un triangle plus classique en 3c1, le positionnement du trio est rarement optimal : les 3 joueurs sont bien souvent beaucoup trop compacts. Or le manque de largeur permet à l’adversaire de défendre bien plus facilement malgré l’infériorité numérique.
Ce manque de qualité dans la structure collective empêche de progresser aussi facilement que la supériorité numérique devrait le permettre. Les ballons ne sont pas perdus par les français qui ont une qualité technique suffisante pour conserver, mais ils passent beaucoup trop de temps à franchir le 1er rideau adverse. Avec cette lacune l’Equipe de France bloque plus qu’elle ne le devrait sur cette 1ère relance.
Pour répondre aux problématiques rencontrées par leur trio de relance, les joueurs situés plus haut sur le terrain viennent demander les ballons en décrochant. De cette manière le ballon peut enfin dépasser la première ligne adverse : la France n’est plus coincée sur sa première ligne.

Mais cette attitude n’est qu’un pansement sur une jambe de bois, elle est bien loin de régler les problématiques structurelles. Pour les joueurs qui ont décroché, il faut maintenant trouver un coéquipier entre les lignes adverses pour continuer la progression ligne par ligne du ballon. Cependant devant le porteur il ne reste plus que les joueurs offensifs ! Le décrochage des milieux ayant été nécessaire pour éliminer la 1ère ligne adverse, il n’y a plus grand monde pour proposer des solutions plus haut.
Avec Payet, Griezmann, Martial et Coman, l’Equipe de France a des joueurs offensifs capables de se déplacer entre les lignes et de recevoir des ballons. Donc malgré leur nette infériorité numérique dans le bloc adverse, ils peuvent être trouvés par leurs partenaires restés plus bas. Mais une fois qu’ils reçoivent le cuir, ils sont isolés et n’ont pas de coéquipier autour d’eux pour combiner. Ils sont alors condamnés à l’exploit individuel, devant résister à un joueur qui les pousse dans le dos pendant que le bloc se referme sur eux.

Le jeu de l’Equipe de France se résume bien souvent à une possession en très large supériorité numérique devant le bloc adverse, ce qui permet une circulation facile autour de celui-ci, avant de réussir à trouver un offensif isolé qui doit faire un miracle pour s’extirper de sa situation et permettre à l’ensemble du bloc français d’avancer. Et tout ça part d’une première phase de relance qui n’est pas bien maîtrisée.

Tout est plus simple quand la première phase de progression est bien maîtrisée – Juan Manuel Lillo

Bon là vous commencez sûrement à vous dire que j’exagère, après tout on se souvient tous de la belle occasion de Griezmann face à la Suisse. Une combinaison rapide avec Gignac, ça ne correspond pas au constat des joueurs isolés. Mais remontons quelques secondes avant cette combinaison :

Un modèle du genre. A cause du grand nombre de joueurs situés en retrait du bloc adverse, Pogba se retrouve complètement isolé, il doit se débarrasser de 4 joueurs en ayant reçu un ballon dos au but pour pouvoir enfin faire face au jeu. Après ça il y a des espaces c’est certain, mais il n’y a aucun mécanisme collectif à l’origine de ces espaces.

Pogba est capable de faire ce genre de choses, il le fait aussi à la Juventus où on le voit souvent jouer à hauteur de la défense adverse, en pivot, pour recevoir les passes lasers de Bonucci. Mais il n’est jamais à ce point isolé dans le bloc adverse.

Pour construire en attaque placée, il faut être capable d’utiliser les trois types de supériorité : supériorité numérique, positionnelle et qualitative.
Dans le jeu des bleus, les rares supériorités numériques ne sont pas réellement exploitées (on vient de le voir), et cette lacune entraîne une difficulté à exploiter les supériorités de position (joueurs entre les lignes). C’est pour cela que le jeu français repose autant sur les supériorités qualitatives.

Les latéraux

On l’a vu, les milieux français ont tendance à décrocher pour aider la phase de relance. C’est loin d’être idéal, mais on peut imaginer que Deschamps ne fait pas confiance à Rami et Koscielny pour prendre des risques avec le ballon et qu’il préfère sacrifier de la présence entre les lignes pour assurer l’équilibre lorsque l’équipe a le ballon.
Cependant un vrai problème positionnel vient s’ajouter à ce comportement : l’utilisation des latéraux.
Le décrochage des milieux devrait permettre aux latéraux de jouer plus haut sans craindre de déséquilibrer l’équipe sur les transitions défensives. C’était d’ailleurs le comportement adopté face à la Roumanie.

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Mais face à l’Albanie ils avaient au contraire évolué très bas, à hauteur du double pivot. Les 4 joueurs offensifs se retrouvaient alors complètement coupés du reste de l’équipe.
Face à la Suisse les séquences de relance depuis l’arrière ont été très peu nombreuses, mais les latéraux n’ont pas mieux su s’insérer dans le jeu collectif.

Quel que soit le match, les latéraux français n’ont pas eu le rendement que l’on pourrait attendre d’eux. Comme les milieux relayeurs ils ont tendance à redescendre très bas pour se donner du temps pour recevoir le ballon, mais ce comportement a surtout pour conséquence de couper le bloc en 2.

La différence avec l’utilisation des latéraux par l’Angleterre est saisissante. Leur flanc droit est particulièrement efficace, avec Clyne et Walker qui sont capables de proposer des solutions sur toutes les lignes du terrain (à hauteur du milieu adverse, derrière celui-ci, à hauteur de la défense ou dans le dos de la défense).

Du mal face aux bétonnières ?

On lit et entend souvent ce constat, l’Equipe de France n’a pas produit de jeu parce qu’elle affrontait des équipes regroupées devant leur but.
La théorie derrière cette réflexion n’est pas farfelue, déverrouiller la situation face à un bloc bas nécessite des qualités assez spécifiques. Le problème, c’est que la France n’a pas déjoué face à des blocs bas.
J’avais déjà fait ce constat dans mon analyse du match d’ouverture, France-Roumanie, la France est plutôt très bonne pour se créer des situations lorsqu’elle se trouve dans les 30 dernières mètres adverses. Tous les joueurs, ou presque, sont capables de tenir le ballon dans des petits espaces, plusieurs possèdent la capacité de frapper à l’entrée de la surface et il y a suffisamment de qualités de déséquilibre (que ce soit en créativité ou en qualités d’élimination) pour perforer ces bus.
Le véritable souci de l’équipe de Deschamps, c’est de réussir à forcer l’adversaire à jouer en bloc bas. Car lorsque celui-ci décide de s’installer en bloc médian, les problèmes de relance évoqués précédemment empêchent de progresser petit-à-petit pour acculer l’adversaire sur son but.

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Bien en peine pour se procurer des situations face à un bloc médian (à gauche), la France a au contraire eu beaucoup de situations quand le bloc albanais a reculé d’un cran

En 2nde période l’Albanie a fait reculer son bloc d’une dizaine de mètres et préférait reculer plutôt que de sortir presser. C’est dans ces conditions que la France a été le plus à l’aise, réussissant à se créer de nombreuses situations.
On voit bien que les difficultés de l’Equipe de France ne sont pas à associer à des équipes qui bétonnent, mais à des équipes en bloc médian. Alors oui, la Roumanie et l’Albanie avaient un bloc médian tout à fait correct … comme l’essentiel des équipes de ce tournoi. Ces 2 équipes ne sortent pas du lot dans la qualité de leur organisation défensive.

Il faut se méfier des analyses que l’on peut trouver dans les médias de masse, qui ont tendance à mettre dans le même sac toutes les petites équipes qui passent plus de temps sans le ballon qu’avec le ballon. Certaines équipes décident de défendre très bas (à cet Euro on peut citer l’Islande ou l’Irlande du Nord), mais la plupart préfèrent s’installer dans un bloc médian. Les problématiques rencontrées dans chaque cas sont très différentes.
Ce constat, erroné, des difficultés françaises face à un bloc bas a fait naître la question suivante : la France serait-elle meilleure face à des équipes plus fortes?

Meilleure face à plus fort ?

La question peut paraître farfelue pour certains, légitime pour d’autres, et chacun peut trouver des arguments pour défendre son point de vue.
On l’a vu précédemment, la France a du mal à générer des situations depuis des attaques placées lorsqu’elle doit affronter un bloc qui ne se recroqueville pas devant ses buts. Ce constat ne plaide pas vraiment dans le sens d’une Equipe de France plus forte face aux grosses équipes, puisque ces dernières adopteront un bloc médian voire haut qui fera apparaître les lacunes exposées plus haut.

Il est donc peu probable que la France soit meilleure dans la construction de son jeu face à une grosse équipe, face à laquelle elle ne pourra plus faire valoir sa supériorité qualitative.
Cependant affronter un cador pourrait permettre à la France de changer sa façon de jouer, en laissant le ballon à son adversaire pour exploiter les espaces dans son dos à la transition offensive.

C’est plus facile de s’appuyer sur le jeu de l’adversaire que de s’appuyer sur son propre jeu – Stéphane Moulin dans Comment regarder un match de foot?

L’EDF serait-elle meilleure en ayant moins le ballon ? C’est une question qui mérité d’être posée, d’autant plus après la prestation lors du 3ème match face à la Suisse. En terminant la rencontre avec 43% de possession, l’équipe de Deschamps a peut-être montré le visage qu’elle adopterait face aux grosses équipes, plus susceptibles de vouloir le ballon.
Je n’ai personnellement aucun problème avec les équipes qui font le choix d’abandonner le ballon. Au contraire je préfère ce choix, s’il est fait après une analyse critique des forces/faiblesses de l’équipe, au choix de nombreuses équipes modernes qui décident de construire des attaques placées au sol parce que c’est à la mode, mais sans réellement savoir comment les construire.
Didier Deschamps n’est pas le genre d’homme à suivre une philosophie parce qu’elle est à la mode, on peut donc difficilement l’accuser de ce mal. Et s’il considère que l’Equipe de France sera meilleure en laissant le ballon à son adversaire, alors elle laissera le ballon à l’adversaire.
Ce choix aurait l’avantage de reléguer au second plan les problématiques à la relance évoquées plus haut. Cependant pour pouvoir sereinement envisager de laisser le ballon aux bonnes équipes, il faut être confiant sur son animation défensive.

Tous derrière le ballon

On l’a vu les des trois rencontres de la phase de poule, les adversaires de la France n’ont aucun mal à sécuriser des longues phases de possession. Ceci s’explique très facilement par la passivité du bloc français, organisé en 4-1-4-1. Les bleus ne cherchent pas à étouffer l’équipe adverse et laisse énormément de libertés aux centraux adverses qui sont rarement mis sous pression. Ce choix, très classique, permet de conserver les milieux et l’attaquant pour bloquer les solutions de passe. L’attaquant français est utilisé pour couper le terrain en 2 (en se mettant sur la liaison entre les 2 centraux) tandis que le reste du bloc coulisse côté ballon pour être compact.

Les relayeurs (notamment Matuidi) font le piston pour agresser les milieux adverses qui décrochent, pour les empêcher de recevoir le ballon sereinement. Lors des bonnes phases de l’Equipe de France, cet effort déclenche un pressing collectif, tous les milieux et l’attaquant intensifient leurs courses pour ne pas laisser à l’adversaire le temps de sécuriser à nouveau la possession.

Cependant si l’intensité est généralement au rendez-vous, il y a des manques dans certaines bases du travail défensif qui sont rédhibitoires face à des joueurs capables de résister à une pression. L’utilisation des « cover-shadow » est quasi inexistante, et on voit souvent des défauts de communication entre le joueur qui cadre et ses coéquipiers.
Lorsque le bloc est en position médiane, les milieux ont tendance à prendre l’adversaire comme référence ce qui peut ouvrir des espaces dans le cœur du bloc. En effet les mouvements de piston ne sont pas accompagnés par une couverture des autres joueurs de la ligne du milieu.
Un autre souci vient de l’utilisation des joueurs excentrés, qui ont beaucoup de mal à avoir un impact lorsque la France n’a pas le ballon. Ne prenant pas leur adversaire (le latéral) comme référence, ils ne suivent pas ce dernier quand il se trouve dans leur dos. C’est un choix que j’apprécie car il permet de conserver une ligne du milieu structurée, mais il implique d’empêcher l’équipe adverse d’avoir du temps pour construire sinon celle-ci n’aura aucun mal à sauter l’ailier (en jouant par-dessus ou par l’utilisation de 3ème homme).

La vidéo suivante récapitule tout ce qu’on vient de voir sur la France sans le ballon. De nombreuses situations n’aboutissent pas à une occasion adverse, mais elles montrent de grosses lacunes dans la structure défensive de l’Equipe de France. Soyez particulièrement attentifs à la facilité avec laquelle les équipes adverses trouvent des solutions de tout type dans notre camp.

Je vous invite d’ailleurs à revoir rapidement la vidéo précédente où l’on voit 2 extraits de pressing gagnant de l’Equipe de France, car vous verrez qu’on identifie malgré tout des problèmes détaillés dans la longue vidéo.
Jusqu’à présent la France a plutôt bien repoussé les adversaires hors de ses 30 mètres, notamment grâce à un Koscielny en très grande forme. Cependant elle a aussi rencontré des adversaires avec des attaquants de faible niveau. On peut espérer que Koscielny va continuer à être aussi dominant, mais il ne faudra pas s’étonner si la France rencontre de grandes difficultés face à un attaquant de meilleure qualité. Le collectif devrait limiter ces situations sollicitant les défenseurs centraux, ce n’est pas vraiment le cas pour l’Equipe de France.

Conclusion

Après 3 matchs il est difficile d’être affirmatif sur les possibilités d’une équipe à conquérir un truc, a fortiori sur un format de coupe. Ce faible échantillon doit pousser à se détacher des résultats qui ne sont pas les bons témoins de la performance. Evidemment on ne peut pas faire une analyse comme cet article pour chaque équipe, cela serait terriblement fastidieux. Mais plutôt que de prendre le résultat au tableau d’affichage, on peut faire un pas en arrière et regarder ce que disent les « Expected Goals »

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Si on compare ces fameux « Expected Goals » de l’Equipe de France à ceux des autres grandes nations, on voit qu’elles tournent entre +4 et +5,4 de différence tandis que la France est à +1,4 (les pénaltys comptent 0,7).

Sur les 6 mi-temps jouées par l’Equipe de France, seule la 2ème face à l’Albanie peut être considérée comme satisfaisante. L’équipe était revenue des vestiaires avec énormément d’envie et a réussi à mettre du rythme dans son jeu. C’est dans cette période que l’on a pu voir les meilleures séquences avec un meilleur positionnement des relayeurs, qui ne décrochaient plus systématiquement.

L’utilisation d’Evra sur ces phases est assez intéressante et mériterait d’être revue. En étant clairement positionné plus bas et plutôt recentré, il oblige Matuidi à se trouver dans le jeu et permet d’avoir une meilleure structure sur le flanc gauche.

On voit qu’il serait possible d’obtenir une structure similaire lorsque Matuidi décroche (et c’est vrai aussi sur le flanc droit évidemment), mais pour cela il faudrait avoir des latéraux qui jouent entre les lignes. Cependant Evra et Sagna semblent incapables d’évoluer dans cette position, c’est pourquoi acter la position basse de ceux-ci pour pousser les relayeurs entre les lignes serait peut-être la meilleure solution.

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