Thomas Tuchel : le jeu de position sauce allemande

Véritable sensation du début de saison avec 12 victoires consécutives, le Borussia Dortmund de Thomas Tuchel ne s’est pas effondré depuis et montre chaque week-end qu’elle fait partie des équipes les plus agréables à suivre.

Le soufflé jaune n’est pas retombé, et on peut affirmer qu’il ne retombera pas. Car les bons résultats sont la conséquence d’excellentes performances pour l’équipe menée par Thomas Tuchel.

 

En effet le coach allemand a réussi à remettre sur les rails une équipe qui avait tutoyé les sommets européens avant de vivre une année 13/14 compliquée sous la direction de Jurgen Klopp.

Et si l’héritage de ce dernier n’a pas mis à la poubelle, la refonte de l’équipe a été majeure. Le pressing intense et les transitions offensives fulgurantes demeurent fonctionnelles, mais aujourd’hui Dortmund excelle aussi (et surtout) sur attaque placée. Avec un jeu de position qui se rapproche bien plus des principes de Pep Guardiola, Dortmund n’a aujourd’hui plus rien à voir avec l’équipe des saisons précédentes.

tuchel
Lors des phases de construction, Dortmund s’article autour d’un 2-3-5. La position des hommes peut changer mais l’animation prend essentiellement cette forme

Les ingrédients du jeu de position

Pour rappel j’avais écrit un article il y a plus 9 mois concernant le jeu de position mis en place par Pep Guardiola au Bayern Munich. J’avais à l’époque évoqué 3 principes clés dans le jeu de position : l’homme libre, la création d’espaces et l’utilisation de ceux-ci.

Lorsque ces 3 principes sont clairement visibles dans le jeu d’une équipe, on peut dire que le jeu de position fait partie de sa philosophie. J’imagine que là tout de suite, ça semble très vague voire subjectif comme titre à décerner. Quelques exemples sauront peut-être vous convaincre :

 

Vous l’aurez compris, les joueurs de Dortmund sont très attentifs aux espaces qui se créent et ne restent pas cantonnés à leur poste. De plus les passes ne sont pas faites par défaut, elles ont pour objectif de trouver des joueurs libres. Des principes collectifs instillés par Thomas Tuchel depuis cet été.

Enric Soriano oppose cette philosophie aux jeux de DÉCOMposition, d’IMposition et d’EXposition, et je trouve l’idée assez séduisante pour visualiser les principes derrière le jeu de position : de DÉCOMposition car le manque de principe de collectif empêche l’équipe de se structurer autour d’une idée commune; D’IMposition car chaque joueur impose ses idées sans suivre des principes collectifs; D’EXposition car cette improvisation individuelle expose l’équipe.
La vidéo d’Enric Soriano au sujet du Milan AC est un excellent exemple, les joueurs se passent la balle au sol car la volonté est de maîtriser le ballon mais il n’y a pas de véritable idée derrière.


Faute de principes collectifs, chaque joueur IMpose ses idées. Et la conséquence est lourde : une équipe qui se DÉCOMpose et s’EXpose.

Un nouvel ingrédient pour épicer!

À ces 3 principes il me semble nécessaire d’ajouter la notion de supériorité, qui est fondamentale pour provoquer le déséquilibre chez l’adversaire dans le jeu de position.
On peut distinguer trois formes de supériorité :

  1. La supériorité numérique : c’est la forme la plus évidente de supériorité. J’en avais longuement parlé lors de l’analyse du jeu de position de Pep Guardiola avec la volonté de relancer avec 1 joueur de plus que le nombre d’adversaire
  2. La supériorité qualitative : c’est la forme de supériorité à la base du jeu du Bayern depuis l’arrivée de Guardiola. Comme Paco Seirul-Lo l’a prophétisé : « Un 1c1 n’est pas forcément une situation équilibrée »
  3. La supériorité de position : consiste à avoir des joueurs entre les lignes (verticales et horizontales) de l’adversaire

Ces 3 types de supériorité font partie intégrante du jeu de position et permettent de parfaitement comprendre le jeu développé par le Bayern Munich puisqu’on les retrouve continuellement dans le jeu des équipes de Pep Guardiola.

Au Borussia cette notion de supériorité saute moins aux yeux car Tuchel ne dispose pas d’autant de joueurs capables d’assurer une supériorité qualitative. Cependant vous pourrez noter dans les exemples qui suivront que les 2 autres principes de supériorité (numérique et de position) font partie du bagage de Dortmund.

Plus Positionspiel que Juego de Posicion

Le football allemand est souvent dépeint comme un football d’intensité avec une volonté de se projeter verticalement le plus rapidement possible.
Une explication à cela est la grande compacité des équipes allemandes. Que ça soit offensivement ou défensivement, les équipes sont très compactes et donc les joueurs très proches. La conséquence directe de cette compacité est l’obligation de combiner à un rythme très élevé pour devancer l’intervention défensive.
Malgré l’évolution philosophique de Tuchel, ce dernier a conservé la volonté d’utiliser les combinaisons rapides comme principale arme offensive une fois que le milieu adverse a été franchi (plutôt que de chercher l’homme libre).

On voit sur l’image que les 3 attaquants sont proches et qu’ils profitent de cette proximité pour combiner rapidement. En appliquant strictement les principes du jeu de position il aurait du y avoir un changement de jeu pour trouver l’arrière droit qui est un homme libre.

 

Vous pouvez constater qu’une fois que le joueur entre les lignes est trouvé, une combinaison rapide est tentée pour passer dans le dos de la défense alors que parfois d’autres solutions plus en phases avec les principes du jeu de position pourraient être trouvées.
Je ne vais pas en dire concernant ces combinaisons car l’objectif de l’article n’est pas de les analyser. Logiquement j’aurais dû vous en parler après avoir évoqué les phases de construction, mais je préfère faire cet aparté dès maintenant pour que vous ne soyez pas surpris ensuite de voir régulièrement des combinaisons qui ne semblent pas correspondre à l’application stricte du jeu de position.
Si jamais cet aspect vous intéresse, je vous invite à lire l’analyse du Borussia Dortmund réalisée par Tom Payne, ce dernier m’a bien aidé à différencier le jeu de position classique de son adaptation par Thomas Tuchel.

Guerre de l’espace, quand Tuchel rencontre Star Wars

Vous l’aurez donc compris, le Borussia Dortmund déploie un jeu de position à la sauce allemande. Avec leur préférence pour les combinaisons rapides dans l’axe, quitte à tenter le déséquilibre dans des zones très denses, les hommes de Thomas Tuchel restent proches de ce que l’on peut voir chez d’autres équipes allemandes.
Mais si leurs performances sont sans commune mesure avec le reste de la Bundesliga, c’est notamment parce que la préparation qui précède ces combinaisons est de très haut niveau. Rares sont les équipes qui peuvent concurrencer le Borussia dans ce domaine. Thomas Tuchel a profité de son année sabbatique pour étudier le travail de Pep Guardiola, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on sent l’influence du coach espagnol lors de cette phase. On peut par exemple évoquer la célèbre citation de Guardiola qui semble avoir été dictée pour décrire les principes du Borussia (vous le comprendrez plus tard!) :

Déplace l’adversaire, pas le ballon. Incite-le à te presser. Le ballon est utilisé d’un côté pour conclure l’action de l’autre
– Pep Guardiola

Une problématique majeure pendant les phases de construction est de parvenir à créer des espaces dans les zones qui nous intéressent. À Dortmund les zones intéressantes sont :

  • Derrière le milieu adverse pour trouver un joueur offensif qui pourra combiner rapidement
  • Autour de Mats Hummels qui peut alors agir comme un quarterback et casser les lignes par sa qualité de passe

Pour créer ces espaces le Borussia se sert de ses 3 milieux pour manoeuvrer les 2 premières lignes du bloc adverse.
3 milieux de terrain qui sont donc les maîtres de l’espace à Dortmund, ce sont eux qui doivent organiser la désorganisation de l’adversaire.

Attrape moi si tu peux!

Pour créer des espaces face à un adversaire bien organisé, il faut le désorganiser (oui ça surprend, je sais !). Et un excellent moyen de désorganiser une équipe, c’est d’utiliser sa volonté de récupérer le ballon. En effet chaque joueur de l’équipe qui défend doit équilibrer son comportement entre « volonté de récupérer le ballon » et « couverture de l’espace ».
C’est ce travail d’équilibriste que les équipes développant un jeu de position tentent d’exploiter. Il faut profiter de la volonté qu’a l’adversaire de récupérer le ballon pour le sortir de position et créer des espaces. On peut d’ailleurs se souvenir de la déclaration de Mourinho à l’issue du match retour de l’Inter face à Barcelone :

C’était un match au cours duquel je ne voulais pas la balle.
– José Mourinho

Ne pas vouloir la balle permet de se concentrer uniquement sur la fermeture des espaces. Bien évidemment une situation de ce type est exceptionnelle, et rares sont les équipes qui ne cherchent pas à récupérer le ballon dans un contexte de championnat. Ce qui va permettre aux joueurs de Dortmund de profiter de cette ambition.

Comme vous pouvez le remarquer, les relayeurs sont sortis de la ligne de milieu adverse pour venir très en retrait. Si l’adversaire choisit de venir cadrer le porteur du ballon, alors il libère un espace entre les lignes et la mission des milieux est remplie : ils ont libéré de l’espace pour la ligne offensive qui peut alors combiner pour déséquilibrer la ligne défensive.

Sur la suite de l’animation on peut observer le rôle du milieu défensif (Weigl) pour manoeuvrer la 1ère ligne du bloc adverse. Par son mouvement vers le ballon il entraîne les attaquants loin de Mats Hummels … ce qui lui permet de remplir la 2ème mission.
Tuchel utilise régulièrement ses milieux pour ouvrir des espaces et libérer des joueurs. Que ça soit en les faisant bouger en retrait, en profondeur ou dans la largeur.

Dans ces trois cas l’idée est la même : mettre des joueurs en dehors de leur zone habituelle pour amener l’adversaire à sortir lui aussi de sa zone préférentielle. À Dortmund le type de mouvement dépend essentiellement du joueur qui occupe ce poste. En effet Gundogan réalise exclusivement les 2 premiers types de mouvement (retrait et largeur), tandis que Castro a tendance à plus se déplacer vers la profondeur qu’en retrait. Kagawa est complet et réalise régulièrement les 3 types de mouvement au cours d’un même match.
Weigl quant à lui se concentre sur la 1ère ligne adverse et se déplace dans la largeur.

 

Quelque soit le déplacement réalisé, le joueur adverse doit alors répondre à un dilemme : continuer à protéger sa zone et laisser des libertés au joueur qui a dézoné ou le suivre et créer un espace dans sa zone initiale?
Et pour compléter

Vive les passes horizontales!

On a vu précédemment que les 3 milieux excellaient pour manoeuvrer les 2 premières lignes du bloc adverse. Par leurs mouvements ils parviennent à créer des espaces pour leurs offensifs et à libérer régulièrement des joueurs, dont Mats Hummels. C’est bien évidemment aussi vrai pour le défenseur central qui accompagne Hummels, mais idéalement c’est ce dernier qui doit être libéré pour profiter de sa qualité de passe.
Le mécanisme le plus fréquent pour obtenir un Hummels libre d’ajuster des passes lasers est le changement de jeu. Dortmund fixe alors côté droit et trouve son central par une passe horizontale au sol. C’est très (très) simple, toutes les équipes le font lorsqu’elles font tourner le ballon, mais rares sont celles qui en profitent aussi bien.
Car la plupart effectuent des changements de jeu depuis leurs défenseurs centraux par défaut. Faute d’avoir trouvé une solution à droite, le joueur envoie à gauche en espérant que l’autre trouve une solution.
En réalité l’intérêt d’un changement d’aile est d’obliger l’adversaire à coulisser rapidement sur une grande distance : pour que son bloc reste cohérent il faut que l’ensemble des joueurs coulissent à la même vitesse et en même temps.
Une équipe très bien organisée parviendra à coulisser avec une cohérence collective admirable. On peut d’ailleurs se souvenir des entraînements d’Arrigo Sacchi qui insistait beaucoup sur ces phases de jeu (à partir de 2:35)


Face à des équipes bien organisées, Dortmund provoque des discontinuités entre les différents joueurs du bloc adverse en usant mentalement certains d’entre eux. En redoublant les passes ou en multipliant les feintes, les hommes de Tuchel usent les joueurs autour du ballon qui sont agacés de courir après des fantômes. Lors du changement d’aile ces joueurs mettent alors plus de temps à coulisser et ce phénomène crée des intervalles dans le bloc.

 

Comme vous le voyez sur le 2nd exemple, il n’est parfois pas nécessaire d’user de stratagèmes pour provoquer des discontinuités dans le bloc adverse. Le mérite du Borussia Dortmund est alors de profiter des espaces laissés par l’adversaire, qui témoigne de leur compréhension du jeu et des intentions présentes derrière leurs gestes.
On peut voir la différence avec une équipe qui ne peut se reposer sur de tels principes collectifs et idées de jeu. Les espaces sont créés car l’adversaire n’est pas bien organisé mais l’équipe n’a pas conscience de ceux-ci (que ça soit le porteur ou d’éventuels receveurs).

 

Pour conclure ce décryptage des mécanismes utilisés par les milieux de Dortmund pour créer des espaces, vous vous souvenez de la citation de Pep Guardiola dont j’avais parlé précédemment?
Pour vous éviter des coups de roulette, la voici : « Déplace l’adversaire, pas le ballon. Incite-le à te presser. Le ballon est utilisé d’un côté pour conclure l’action de l’autre »
Comment résumer en 20 mots ce que j’ai mis 800 mots à expliquer!

Laisser le football s’exprimer

Si vous êtes arrivés jusque là en ayant lu attentivement, vous devez être familiers avec les principaux mécanismes utilisés par Dortmund pour construire ses actions.
Et vous avez bien mérité une petite dégustation d’actions de Dortmund, sur lesquelles vous pourrez constater l’efficacité des principes collectifs détaillés dans cet article!
Certains sont identifiés par des arrêts sur image, d’autres non. À vous d’être attentifs 🙂

 

Bonus Tuchel

Pas forcément en lien direct avec l’article, mais je tenais à montrer cette séquence qui montre la force du coach de Dortmund. Non seulement il a préparé une équipe qui excelle dans de nombreux domaines, mais en plus il est capable d’analyser le jeu et d’effectuer des modifications payantes au cours d’un match.

 

Si avec tout ça vous n’êtes pas amoureux de Thomas Tuchel, je ne peux plus rien pour vous!

8 thoughts on “Thomas Tuchel : le jeu de position sauce allemande

  • 21 décembre 2015 at 00:07
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    Bel article à l’image de cette équipe. Dortmund impressionne dans le jeu. Tu as parfaitement expliqué le mouvement des ficelles de ce ballet collectif: un collectif qui gagnerait vraiment à avoir un gardien de haut niveau : la réelle faiblesse de cette équipe; j’aime m’imaginer cette petite oeuvre footballistique avec le talent et le jeu au pied d’un Ter Segen, dans les buts. J’aime aussi faire la comparaison avec le Bayern, qui toujours dans une volonté de recherche technique et tactique de la solution : semble être plus efficace, bien que (parfois) moins séduisant à voir jouer que les petits techniciens de Dortmund dans les petits espaces. Cette efficacité se cristallise surtout dans l’occupation des couloirs : laissé aux seuls latéraux à Dortmund, quand le Bayern se permet le luxe d’aligner les meilleurs joueurs au monde dans ce secteur-là; parfois, il manque une certaine verticalité dans le jeu de Dortmund, qui paye le recentrement de ses ailiers; un problème aussi partagé par les plus grands d’Europe, dont le FC.Barcelone, seul Guardiola avec son véritable 235 (non latéraux à la place d’ailiers) semble avoir trouvé la véritable solution, bien que la variance de Dortmund me plaise assez bien…

    Guardiola est une inspiration pour tous les coachs intelligents : Tuchel est un bon exemple. Maintenant, Il devrait tenter de s’inspirer du système défensif du Bayern, et l’arme du pressing pour mieux défendre, d’autant plus que les principales qualités des défenseurs de Dortmund : reste leur jeu de tête. Un pressing intelligent et intense serait une solution pour protéger un gardien fragile….

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  • 23 décembre 2015 at 23:49
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    Bravo pour cet article très agréable!
    J’espère que l’on pourra voir cette belle équipe en Ligue des Champions l’année prochaine, pour la voir confrontée au gratin européen.

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  • 14 janvier 2016 at 11:54
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    J’adore ton site des analyses vraiment super intéressantes.
    Je lis ça avec plaisir, on aimerait en avoir meme encore plus!!
    Ma question , et comment créez des hommes libres? A l’entrainement comment les entrainaient

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    • 14 janvier 2016 at 19:11
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      Merci pour le retour!

      Je pense que la meilleure manière est d’inculquer cette notion d’homme libre (joueur qui a le temps de recevoir) et de travailler les mécanismes les plus basiques (conduccion et recherche du 3ème homme par des toros + largeur / profondeur pour créer des espaces).

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  • 29 avril 2016 at 15:10
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    Ton article est tout simplement fantastique et très pointilleux, bravo! Cependant , je voudrais comprendre comment Dortmund s’organise dans les phases défensives ainsi que leur positionnement (si ils se modélisent en 4-1-4-1 etc.) . Pourrais tu m’expliquer brièvement leur organisation défensive ?

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    • 29 avril 2016 at 18:05
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      Merci!

      C’est assez compliqué de répondre rapidement à cette question car leur structure défensive peut varier selon les matchs.
      Ils ont pas mal utilisés un 4-1-4-1, avec les ailiers + Aubameyang pressant haut en se servant beaucoup des « cover shadow ».
      Récemment il y a eu aussi une défense à 5 (5-2-2-1) dans laquelle les défenseurs centraux ont un rôle très important car ils doivent compenser les espaces au milieu en sortant loin de leur ligne.

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  • 11 septembre 2016 at 13:22
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    Salut ! J’aurais une question concernant cette équipe : lorsque Dortmund perd le ballon en pleine phase offensive (quand elle est en 2/3/5) , comment effectue-elle la transition défensive ? par geggenpressing ? en retournant défendre tout simplement en courant (ce qui voudrait dire que Tuchel use du football total, à savoir que tous les joueurs attaquent et défendent) ?

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  • 5 octobre 2016 at 17:50
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    J’adore et je vais essayer de promouvoir ton site dans la Martinique car ce sont des analyses telles que celle là qui font connaître les aspects essentiels du football

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