Analyse de l’excellence défensive avec l’Atletico Madrid

L’Atletico Madrid vit depuis quelques saisons un rêve éveillé. Deuxième club de la capitale espagnole, les supporters ont toujours été dans l’ombre pailletée de l’ogre merengue. Mais ce rapport de force est beaucoup moins net depuis qu’un certain Diego Simeone a repris les rênes des matelassiers. Pourtant loin de la puissance économique des 2 monstres ibères que sont le FC Barcelone et le Real Madrid, ils tiennent tête saison après saison, arrachant même la Liga lors de la saison 2013/2014.
Si le championnat espagnol semble cette année dévolu aux catalans, portés par un trio offensif de feu, l’Atletico Madrid est la dernière équipe à pouvoir leur contester la suprématie sur le territoire national … et pourquoi pas sur la scène européenne.

Quelles sont les recettes de cette équipe qui parvient à lutter avec les plus grandes écuries européennes alors qu’elle doit régulièrement composer avec le départ de ses « meilleurs » joueurs ? (Falcao, Diego Costa, Filipe Luis, Miranda ou Turan)

Des fondations dans l’individu

On entend régulièrement des entraîneurs, des présidents ou des joueurs expliquer qu’ils font avec leurs moyens. Récemment Willy Sagnol expliquait qu’il devait composer avec ses joueurs et qu’il ne pouvait pas ambitionner de les faire progresser, faute de temps disponible.

Je n’ai pas une fibre de formateur. Formateur, c’est être éducateur, avoir de la patience et la chance d’avoir du temps. On n’en a pas quand on est entraîneur – Willy Sagnol

Par cette déclaration l’entraîneur bordelais affiche clairement sa vision de l’entraîneur : manager plutôt que former.

L’Atletico Madrid est souvent loué pour son état d’esprit, avec des joueurs qui ne lâchent rien et qui bataillent pendant 90 minutes. Des traits de caractère qui correspondent à leur coach qui n’était pas différent lorsqu’il était lui-même joueur. Généralement ce constat appuie l’idée que Diego Simeone est donc un entraîneur « manager », c’est-à-dire qu’il tire le meilleur de son équipe via sa gestion des individus et du groupe.
Pour être tout à fait honnête il est aussi régulièrement fait mention des qualités de tacticien d’El Cholo puisque son équipe représente, depuis plusieurs saisons, un véritable défi pour toutes les équipes d’Europe devant l’affronter.
Mais sa capacité à faire progresser ses joueurs, à les former, est très rarement évoquée. En effet s’il est incontestablement un excellent tacticien et un fin meneur d’hommes, Diego Simeone est aussi un formateur.
Car si l’équipe est collectivement excellente pour gérer le jeu quand l’adversaire a le ballon (on le verra plus tard), chaque joueur maîtrise les bases individuelles permettant d’avoir une fondation très solide sur laquelle ce collectif peut s’appuyer. On va évoquer trois de ces techniques défensives individuelles essentielles dans le jeu des colchoneros car elles vont intervenir dans l’analyse collective qui va suivre :

  • Empêcher l’adversaire de se retourner avec le ballon dans les pieds
  • Défendre sur la ligne de passe
  • Adapter sa défense au rapport numérique

La première est surtout utilisée par les latéraux qui doivent empêcher l’ailier adverse de se retourner lorsque celui-ci reçoit le cuir. Juanfran et Filipe Luis sont particulièrement performants dans ce domaine.

 
La deuxième technique n’est plus relative aux latéraux, mais est au cœur du travail des 2 premières lignes de l’Atletico (attaquants et milieux) lorsque l’adversaire a le ballon.

Ne marquez pas un joueur, couvrez l’espace entre les 2 joueurs – Pep Guardiola

L’idée est simple et diablement efficace … si elle est bien réalisée. En effet défendre sur la ligne de passe signifie qu’on laisse un joueur dans son dos, qui aura de l’espace pour recevoir le ballon si jamais il peut être trouvé. Les joueurs de l’Atletico sont particulièrement performants pour défendre de manière dynamique une ligne de passe, certains semblent même avoir les yeux derrière la tête pour ajuster leur placement !

 

Enfin la troisième technique est une base du bagage défensif de n’importe quel joueur, qui se doit d’analyser la situation avant d’intervenir. On ne défend pas de la même manière en 1 contre 2 qu’en 2 contre 2 ou 2 contre 1. Cependant même si cette connaissance « théorique » est évidemment présente chez tous les joueurs, les différents niveaux de réalisation mettent en lumière les différences qu’il existe dans la réelle maîtrise de celle-ci. On a tous vu des joueurs se jeter alors qu’ils étaient en infériorité numérique, ou bien reculer alors qu’ils étaient en surnombre.


Cette vidéo d’Enric Soriano montre un atelier lors d’un entraînement de Simeone à l’Atletico Madrid, au cours duquel il travaille spécifiquement une technique défensive individuelle (défendre en 1c2). Ce travail en isolation de techniques individuelles est couramment réalisé par le coach de l’Atletico. Une méthodologie, à savoir de très nombreuses répétitions en isolation d’un geste ou d’une technique jusqu’à la maîtrise de celui-ci, qui représente l’école Bielsa que l’on retrouve chez beaucoup de coachs argentins, (exemples : Simeone / Berizzo / Bielsa). Ceci confirme (si certains en doutaient) que Simeone en se contente pas de faire au mieux avec les joueurs qu’on lui donne ; Il veut former ses joueurs et cherche donc à les faire progresser. Pas simplement meneur d’homme, il est aussi formateur. Et parce qu’il serait criminel de l’omettre, il est un fin tacticien.

L’individu dans le collectif

Pour pouvoir former les joueurs sur des techniques spécifiques comme celles-ci, il faut avoir une idée claire de ce que l’on souhaite mettre en place. Cela ne sert à rien de défendre entre 2 adversaires si l’on applique un marquage individuel strict. Il n’est pas non plus très utile de savoir empêcher l’adversaire de se retourner si on ne doit pas le suivre lorsqu’il décroche. Bref, les techniques individuelles travaillées découlent des principes de jeu collectifs de l’Atletico Madrid.
Pour comprendre quels sont ces principes chers à Diego Simeone, on va étudier le comportement de son équipe lors des phases de défense placée, c’est-à-dire lorsque l’adversaire a une possession « sécurisée » du ballon. Cependant il est nécessaire de distinguer plusieurs cas de défense placée :

  • Bloc haut
  • Bloc médian en 4-4-2
  • Bloc médian en 4-1-4-1
  • Bloc bas

Ces distinctions peuvent sembler arbitraires mais vous comprendrez par la suite leur raison d’être. Pour cela on va suivre le cheminement d’une équipe qui débuterait en bloc haut avant de passer en bloc médian pour finir en bloc bas.

Quelle pression!

Dans l’imaginaire collectif l’Atletico est vue comme une équipe qui défend très bas et qui « gare le bus ». Débuter l’analyse par le bloc haut peut donc sembler étonnant au sujet d’une telle équipe, et pourtant je ne fais que respecter la réalité du terrain. En effet les hommes de Diego Simeone rentrent le plus souvent très fort dans les matchs en allant chercher le plus haut possible les adversaires et en ne les laissant pas construire depuis l’arrière.

Pas de quoi tomber de sa chaise, beaucoup d’équipes décident de débuter pied au plancher les matchs pour prendre un ascendant, a minima psychologique, sur leurs adversaires.
Pour autant les colchoneros ne chassent pas l’adversaire comme le faisait l’Athletic Bilbao sous Bielsa. En effet le bloc s’installe dans une position haute lors de la remise en jeu adverse en respectant son schéma initial (par exemple 4-4-2) et conserve cette défense orientée « zone » jusqu’à ce qu’un attaquant déclenche le pressing. Dès cet instant tous les joueurs dès 2 premières lignes ont pour consigne de bloquer les solutions de passe et vont donc venir au contact de tous les joueurs pouvant aider le porteur. Bien évidemment dans une configuration « bloc haut » les attaquants ne sont pas longs à aller mettre la pression.
Le changement entre « zone » et « solution de passe » s’explique par la difficulté de maintenir un bloc haut en défense de zone. En effet celle-ci repose sur le contrôle des espaces à l’intérieur du bloc, qui doit donc être suffisamment compact pour empêcher l’adversaire d’y jouer. Toutefois lorsque la 1ère ligne (les attaquants) se situe à l’entrée de la surface adverse, il est très compliqué de maintenir un bloc compact verticalement.
La solution choisie par le coach argentin est donc de passer d’une orientation « zone » à une orientation « solutions de passe » avec un marquage strict de celles-ci. Idéalement l’attaquant qui initie le pressing courbe sa course pour forcer le porteur du ballon à se tourner d’un côté, ce qui permet à ses coéquipiers de n’avoir « que » la moitié du terrain à contrôler.

 

Il est assez intéressant de noter que lors de ce bloc haut, l’Atletico ne cherche pas forcément à récupérer le ballon dans les pieds de l’adversaire ou à intercepter une passe. En effet en se positionnant avant la passe sur les solutions possibles, ils obligent quasiment l’adversaire à ne pas tenter ces passes. S’ils avaient voulu récupérer très haut, il aurait fallu (à la manière du Bayer Leverkusen) piéger l’adversaire (on le verra plus tard) et pousser les courses jusqu’au duel avec le porteur.

Ce sont très peu les attaquants qui vont récupérer, il faut surtout qu’ils cadrent et ne se fassent pas éliminer. À partir de là, le joueur force la passe – Guy Lacombe dans Comment regarder un match de foot ?

L’objectif n’est donc pas forcément de récupérer des ballons très haut (même si personne ne crache sur un ballon récupéré dans les 30 derniers mètres!), mais plutôt de forcer l’adversaire à allonger le jeu. Il est donc absolument nécessaire que l’attaquant ayant initié le pressing poursuive sa course jusqu’au gardien en cas de passe en retrait, car l’adversaire ne doit pas pouvoir souffler et tenter une nouvelle sortie de balle propre !

Pour résumer le bloc haut de l’Atletico :

  1. D’abord un bloc qui défend en zone sur le schéma initial de l’équipe
  2. Un attaquant qui déclenche un pressing en courbant sa course (il ferme la moitié du terrain)
  3. Les autres joueurs des 2 premières lignes qui viennent au marquage des solutions de passes courtes
  4. La pression doit être maintenue en cas de passe en retrait au gardien

Et tout ça pour forcer l’adversaire à jouer long. Un jeu long qui génère du déchet, et donc des récupérations, mais pas seulement. En effet si les joueurs de l’Atletico récupèrent le ballon à l’issue de ce dégagement (sur un second ballon ou un duel gagné, peu importe), ils peuvent exploiter les espaces dans le bloc adverse, et plus particulièrement dans l’axe du terrain par le biais d’une transition offensive très rapide.
Puisque l’équipe cherchait à repartir au sol depuis l’arrière, elle avait étiré sa défense sur toute la largeur, et ses lignes sur une moitié de terrain. Il y a donc énormément d’espaces dans le cœur du jeu à la suite du dégagement.

 

On peut voir sur ces exemples que même les meilleures équipes européennes ont beaucoup de mal à s’extirper de ce bloc haut et sont rapidement forcées à allonger.
Cependant ce plan de jeu est généralement utilisé pendant les 20 premières minutes du match, rarement plus. En effet le travail nécessite des longues courses intenses et peu de repos lorsqu’une transition offensive est enclenchée à la récupération. Il permet d’étouffer l’adversaire dès l’entame et de prendre un ascendant psychologique voire factuel au tableau d’affichage.
Vous l’aurez peut-être noté, mais les courses courbées font partie du bagage de tous les joueurs de l’Atletico. Ce type de course permet de détecter rapidement les équipes qui travaillent le pressing et on peut être certains que cela a été travaillé à de nombreuses reprises aux entraînements.

Lorsque le bloc haut n’est plus adapté, que ça soit pour une raison physique ou tactique, l’Atletico Madrid se replace en bloc médian avec sa ligne de milieux qui se situe légèrement en retrait de la médiane.

Le repos médian

Ce positionnement constitue l’essentiel des défenses placées de l’Atletico. Par la suite je vais décomposer cette situation en 2 parties, car le bloc médian des colchoneros est très dépendant du système adopté. En effet si l’on se représente naturellement l’Atletico Madrid en 4-4-2, le club alterne en réalité avec un 4-1-4-1 (ou 4-5-1 ou 4-3-3, bref un milieu à 3 avec un attaquant et 2 joueurs excentrés). Et l’animation défensive en bloc médian est tout à fait différente selon que l’équipe joue dans un système ou dans un autre.
Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, passons à l’accordéon.

Les milieux jouent de l’accordéon

Avant de débuter l’analyse « pur et dure » de l’animation défensive, je vais évoquer très rapidement la structure de la ligne du milieu. Pas question de rentrer de suite en détails dans les mouvements de chaque membre de cette ligne (c’est pour la suite !), ce paragraphe sert juste à évoquer la structure du milieu : bien souvent la ligne laisse place à un accordéon.

Echelonnement

Ce positionnement permet d’assurer la maîtrise des espaces au cœur du bloc, on appelle ça l’échelonnement du milieu (ou défense en escalier). De cette manière les joueurs en retrait peuvent contrôler l’espace dans le dos du joueur plus avancé et par conséquent limiter considérablement les possibilités de passes traversant le milieu.
Les milieux colchoneros ne se déplacent pas toujours en escalier, en réalité ce positionnement intervient lorsque la ligne va devoir s’opposer à un joueur qui cherche à faire progresser le jeu (balle au pied ou par la passe).

C’est déjà terminé pour cet aparté, qui ne mérite pas de vidéo spécifique. Mais si vous êtes attentifs dans le visionnage des vidéos qui vont suivre, vous pourrez constater ce mouvement en « accordéon » de la ligne du milieu. Bien souvent on voit des équipes défendre avec un milieu très plat, ce qui facilite grandement la tâche de l’adversaire souhaitant trouver des solutions entre les lignes. L’Atletico ne fait pas partie de ces équipes.

Le grand classique 4-4-2

C’est cette organisation qui est associée à l’image de l’Atletico, avec ses 2 attaquants qui font partie du bloc quelle que soit la situation et qui n’hésitent pas à descendre très bas pour participer à l’effort défensif. Et pourtant on entend souvent qu’il est impossible de jouer, dans le foot moderne, avec 2 attaquants. Laurent Blanc ou Didier Deschamps en sont persuadés, avoir 2 pointes ce n’est plus possible aujourd’hui.
Pourtant l’Atletico y arrive, et plutôt très bien.

atletico-442
Le 4-4-2 est parfaitement dessiné. L’échelonnement n’est pas de rigueur lorsque l’adversaire ne cherche pas à pénétrer.

Pour ce faire l’Atletico présente un bloc médian très orienté zone, avec une ligne de 4 au milieu compacte horizontalement (sur environ la largeur de la surface) et une doublette d’attaquants elle aussi très axiale.

Avec ces 2 joueurs qui constituent la première ligne du bloc défensif, l’Atletico va chercher à gêner la relance soit en 2c2 (face aux centraux) soit en 3c2 (si un milieu décroche). Dans les deux cas leur objectif va être le même : amener les défenseurs centraux adverses à trouver leur latéral.

L’objectif c’est d’orienter l’adversaire dans une zone favorable à la récupération. Cela sous-entend de fermer des angles de passe, ce que seuls les attaquants, proches du porteur, peuvent faire dans un premier temps. Sans aller vite, ils doivent inciter l’adversaire à jouer faux, puis sauter dessus au moment où le ballon sera donné là où on veut qu’il le soit – Jean-Claude Suaudeau, toujours dans Comment regarder un match de foot ?

Comme l’explique très bien Jean-Claude Suaudeau, l’objectif des attaquants n’est pas de courir à toute vitesse pour agresser le porteur. Au contraire la course doit être travaillée pour forcer le porteur du ballon à se tourner vers son latéral. L’attaquant qui déclenche sa course est un signal pour ses coéquipiers proches qui doivent fermer les solutions de passe dans l’axe du terrain. De nouveau on constate que le bloc passe d’une animation en « zone » à une animation orientée « joueur » lorsque le pressing est déclenché.

Les 2 attaquants travaillent donc ensemble pour forcer la première relance adverse vers la ligne de touche. Mais d’ailleurs, pourquoi la ligne de touche ?

La ligne de touche est le meilleur défenseur du monde – Pep Guardiola

Et je me suis renseigné, on ne peut pas la recruter.
L’explication derrière cette assertion est très simple : la ligne de touche ferme la moitié du jeu au porteur, il devient donc bien plus facile de défendre et d’anticiper ce qu’il va faire.
Revenons à nos moutons et à notre piège qui s’installe petit-à-petit. Le ballon arrive sur le latéral, enfermé contre sa ligne de touche. Le milieu latéral de l’Atletico vient le cadrer tandis que le latéral est dans le dos de son vis-à-vis (l’ailier). Le milieu central côté ballon vient participer à la fête en couvrant le milieu latéral tandis que l’attaquant a poursuivi sa course pour empêcher toute passe en retrait.
Pour être tout à fait précis je me dois de dire que le milieu latéral ne va pas cadrer n’importe comment : il empêche le latéral de jouer vers l’intérieur mais lui laisse la ligne de passe vers son ailier. Et tout ça parce qu’il sait que son latéral est parfaitement capable d’empêcher un joueur de se retourner avec le ballon (voilà que la seconde technique individuelle défensive fait son apparition !). Oui c’est diabolique, et très efficace !

Le mouvement collectif est aujourd’hui si bien maîtrisé qu’éviter le pressing trap devient un vrai défi pour les adversaires.
Pour pouvoir coulisser et fermer les différentes solutions de passe devant être fermées (à l’intérieur) tout au long de l’action, l’Atletico Madrid use et « abuse » de transmissions de marquage. Leur excellence sur ces phases est un régal à voir, car c’est une action qui nécessite de la communication et de la coordination entre les joueurs et qui est donc purement collective. N’hésitez pas à être attentifs à ces transmissions de marquage dans la vidéo qui suit, c’est vraiment beau.

 

Malgré l’excellence du travail accompli, il y a évidemment des « failles » qui peuvent être exploitées par les adversaires. Par exemple le FC Séville avait bien évité ce pressing trap en modifiant sa structure pour permettre à ses latéraux d’évoluer derrière le milieu madrilène. Un pivot décrochait entre les centraux, leur permettant de s’écarter sur la largeur du terrain et donc de « pousser » les latéraux plus haut.

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Le décrochage de Krychowiak forme une ligne de 3 pour relancer, ce qui permet de positionner les latéraux très haut

L’Atletico avait dû laisser beaucoup de liberté au défenseur central excentré qui avait alors le loisir d’ajuster ses changements de jeu pour trouver l’homme libre côté faible.
Les hommes de Diego Simeone avait gagné cette rencontre sur le score lourd de 3-0 mais les sévillans avaient fini la rencontre avec 25 tirs, jamais les hommes de Diego Simeone n’en ont concédé autant depuis.

Autre constat concernant ce bloc médian en 4-4-2, l’accès sur les ailes n’est pas optimal. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec cette notion d’accès, je vous invite à faire un tour sur cet article : Est-il possible de défendre avec 3 attaquants?. Pour l’expliquer brièvement, l’accès c’est la capacité d’une équipe à défendre immédiatement une zone, à y accéder rapidement. Avec une ligne compacte de 4 joueurs au milieu, l’Atletico ne peut empêcher l’adversaire de progresser sur l’aile. Vous allez me dire que ça tombe bien, ils veulent que l’adversaire y progresse ! C’est exact, sauf qu’en permettant à l’adversaire de gagner du terrain, on se retrouve de fait plus souvent à défendre bas pour revenir entre le ballon et la cage (lorsque le pressing trap n’a pas fonctionné).
Et c’est à mon avis la raison pour laquelle l’Atletico choisit parfois de jouer en 4-1-4-1.

La variante quatrain quatrain

Premier constat, lorsque l’Atletico décide d’abandonner son 4-4-2 fétiche, ça ne se voit pas sur la feuille de match. Les hommes restent les mêmes et Simeone utilise leur polyvalence pour modifier les systèmes sans avoir besoin d’utiliser des joueurs spécifiques.

compos
Les joueurs sont très versatiles et peuvent occuper de nombreuses positions. Les possibilités ne sont même pas toutes listées ici.

Ainsi le changement de système n’est pas un moyen d’intégrer des joueurs ayant des compétences spécifiques. La justification se trouve donc forcément d’un point de vue collectif.
Et comme je vous le disais précédemment, cette organisation permet plus efficacement de gêner la progression de l’adversaire, pour cette raison d’accès sur les ailes, qui est bien meilleur avec 5 joueurs au milieu au lieu de 4 (oui je n’ai pas peur d’enfoncer des portes ouvertes !).
Cependant ce gain d’accès se fait au détriment de la capacité de récupération. En effet avec ce système en 4-1-4-1, l’Atletico n’a plus qu’un seul joueur à opposer à la première relance adverse. En 1c2 ou 1c3 il est impossible pour lui d’initier le piège pour forcer la relance sur l’aile. Pas fou, Diego Simeone ne lui demande donc plus d’agir comme le font les attaquants dans le 4-4-2, mais plutôt de neutraliser le pivot adverse.
Ce qui est gagné en résilience est perdu en capacité de récupération.

Mais je l’ai souvent répété lors d’articles précédents, défendre sans mettre en place de mécanismes de récupération est une très mauvaise idée. Et vous l’avez compris depuis le début de cet article, le coach de l’Atletico n’est pas du genre à avoir des mauvaises idées.

Lorsque les colchoneros troquent leur 4-4-2 pour un 4-1-4-1, l’ambition d’intercepter des ballons ou de les piquer dans les pieds (via le piège) laisse la place à une volonté d’empêcher la progression tout en venant régulièrement mettre la pression aux centraux pour le forcer à s’en débarrasser. Et cette fois-ci ce sont les relayeurs qui ont pour charge de provoquer la perte de balle. Pour empêcher les centraux adverses de diriger le jeu dans un fauteuil, Gabi, Saul ou Koke sortent régulièrement du milieu pour les cadrer et les pousser à la faute.

Vous l’avez noté, lorsque le relayeur va cadrer le porteur il veille à couper la ligne de passe vers le joueur initialement situé dans sa zone. C’est essentiel pour ne pas ouvrir des espaces dans le bloc à chaque mouvement de piston, c’est pourquoi cette technique individuelle doit faire partie du bagage d’un relayeur de l’Atletico ! Si jamais l’adversaire parvient à jouer dans le dos du piston, c’est au milieu reculé d’intervenir en couvrant l’espace grâce à l’échelonnement du milieu.
De plus malgré la ligne du milieu renforcée par la présence d’un 5ème joueur, celle-ci conserve son orientation très axiale. En effet l’ailier côté ballon couvre en priorité l’axe derrière le piston, alors qu’il pourrait anticiper et venir bloquer la solution la long de la ligne de touche. Dans les faits il ne démarre sa course vers le latéral que lorsqu’il est sûr que la passe va toucher ce joueur. N’ayant plus son relayeur pour le couvrir (puisqu’il vient de cavaler pour faire le piston), il ne peut plus se permettre de laisser le latéral adverse jouer vers l’avant. Sa position défensive est donc différente de celle adoptée dans le pressing trap, cette fois-ci il s’agit de le forcer à la passe en retrait. Et le relayeur « piston » a intérêt à avoir du souffle parce qu’il va d’abord revenir pour bloquer le jeu à l’intérieur avant de repartir faire le piston, car la pression est maintenue lors des passes en retrait (comme pour le bloc haut)

 

Pour résumer cette variante par rapport au classique 4-4-2, on peut dire qu’elle offre une meilleure couverture de la largeur du terrain, ce qui permet de s’opposer plus efficacement à la progression de l’adversaire. Cependant le pressing trap de la ligne de touche n’existe plus* dans cette configuration, les récupérations de ballon se font alors beaucoup plus en forçant l’adversaire à se débarrasser du cuir. Ces erreurs sont provoquées par les relayeurs qui agissent en pistons pour mettre la pression aux défenseurs centraux.

* Ce qui ne veut pas dire que l’Atletico ne récupère aucun ballon sur la ligne de touche ! Cela reste une zone propice aux duels lorsqu’on veut reprendre le ballon. Mais il n’y a plus de mécanisme aussi clair et huilé qu’en 4-4-2.

Cependant il n’est pas toujours possible d’empêcher la progression de l’adversaire, et il arrive que celui-ci atteigne les 30 mètres de l’Atletico. Le bloc médian n’est alors plus de rigueur, il faut passer en bloc cas !

Park the bus à la sauce argentine

Je dois avouer que ce n’est pas la phase de jeu que je préfère analyser car il y a moins de problématiques d’espace à gérer pour le bloc bas. En caricaturant, un bloc bas c’est très passif, ça fait le dos rond et ça repousse les tentatives. Pas super sexy, vous en conviendrez.
Mais même dans ces conditions « basiques » l’Atletico Madrid se démarque puisqu’ils ont démontré à de nombreuses reprises qu’ils pouvaient subir autour de leur surface sans concéder la moindre occasion.
Il y a évidemment les fameux « ingrédients » dont les entraîneurs sont friands : engagement, volonté, agressivité, détermination, … On le sait tous, l’Atletico n’est pas une équipe ordinaire dans ce domaine et sait mettre les ingrédients. Mais ce serait bien trop simpliste de limiter leur travail à ces aspects.

Tout d’abord on reconnaît le bloc bas de l’Atletico au premier coup d’œil. Le terme bloc semble avoir été inventé pour décrire leur unité, avec une structure qui est souvent décrite à l’étranger comme un 4-4-2-0 pour souligner l’intégration des attaquants dans le travail défensif. Ce groupe forme alors une sorte de trapèze, autour duquel il est possible de tourner en trouvant facilement des joueurs libres. Cette facilité à trouver des joueurs dans le couloir est accentuée par l’orientation des milieux latéraux qui ferment l’axe et laissent volontairement le joueur de couloir libre de recevoir le cuir.

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Ils sont sympas ces colchoneros, ils laissent l’adversaire libre dans le couloir

Encore une fois rien d’extraordinaire, beaucoup d’équipes choisissent de verrouiller l’axe pour forcer le jeu sur les ailes. L’OL avait par exemple bâti sa victoire face au PSG avec cette animation défensive.
Le problème avec ce choix, c’est qu’on laisse l’adversaire recevoir le ballon dans les 30 derniers mètres et avec du temps pour le maîtriser et se mettre face au jeu. Du temps qui peut permettre la mise en place de combinaisons (dédoublements par exemple).
Une nouvelle fois le plan de jeu collectif de l’Atletico va être magnifié par les joueurs qui le composent. Vous vous souvenez de la troisième technique individuelle du début de l’article ? Elle va être utilisée à chaque fois que le ballon va arriver dans les couloirs, avec un objectif clair : empêcher l’adversaire de déborder. Pour y parvenir les deux joueurs excentrés côté ballon (le latéral et le milieu latéral) travaillent ensemble et communiquent continuellement pour définir qui va cadrer et qui couvre. J’ai vraiment l’impression d’enfoncer des portes ouvertes et de décrire des bases du football ici … et pourtant.

Bref le bloc bas de l’Atletico est extrêmement compact dans l’axe, ce qui permet d’empêcher l’adversaire de jouer dans le cœur du bloc (sauf face à certains catalans, mais ça c’est une autre histoire). Le jeu est repoussé sur les ailes, et les joueurs excentrés doivent alors travailler ensemble pour empêcher les débordements.
Mais vous vous en doutez, il arrive que l’adversaire parvienne à centrer. Parfois il arrive à déborder, le plus souvent il décide d’envoyer le ballon dans la surface sans éliminer son adversaire.

Quand le ballon part dans la boîte, on se rapproche des limites de l’apport d’un coach. En effet l’entraîneur ne peut pas grand-chose lorsqu’arrive le duel pur, le 1 contre 1. Guardiola (encore lui !) l’avait joliment dit il y a quelques mois, à propos d’une situation offensive mais dont l’idée s’adapte ici :

Ce n’est pas à moi d’apprendre à mes joueurs à dribbler. Mais je peux essayer de créer des situations dans lesquelles ils pourront jouer des 1 contre 1. Je peux arranger ça – Pep Guardiola

Pour reprendre cette réflexion dans notre cas d’un centre dans la surface, cela revient à dire : l’entraîneur ne peut pas gagner le duel de la tête à la place des joueurs, mais il peut faire en sorte que la réception du centre soit plus simple à gérer.
Et la solution la plus simple pour gérer des situations chaotiques comme peuvent l’être des centres (et tous les seconds ballons qui vont en découler), c’est de mettre du monde dans la surface.
Bon mettre du monde dans la surface quand on a 8 joueurs qui « campent » juste devant, c’est plutôt simple je vous l’accorde. Mais encore une fois l’Atletico ne le fait pas n’importe comment, et fait preuve d’une régularité époustouflante dans l’application des consignes.
On peut notamment identifier une consigne imposée aux milieux de terrain côté faible (à l’opposé du ballon). En effet ils doivent, lorsque l’adversaire a l’opportunité de centrer, venir se placer dans la surface. Il y a donc toujours 5 joueurs (voire 6) dans la surface pour négocier les centres : le latéral opposé, les deux centraux, le milieu centre opposé et le milieu latéral opposé.

En se contentant d’analyser le bloc bas, on peut douter de la réalité de cette consigne puisque les milieux sont déjà situés à hauteur de la surface avant le centre. Mais elle ne fait plus aucun doute lorsque l’adversaire parvient à se mettre en position de centre alors que le bloc de l’Atletico n’était pas vraiment en place. On voit alors les deux joueurs intensifier leur course, si besoin, pour venir prendre place dans la surface.
Cette présence en nombre dans la boîte permet à l’Atletico de mettre toutes les chances de son coté, pour assurer de la présence à la retombée mais aussi pour s’opposer aux éventuelles frappes sur les seconds ballons.

 

Cette vidéo conclut l’analyse des différents blocs de l’Atletico et leur comportement défensif lorsque l’adversaire a le ballon. Cependant lorsque les hommes de Diego Simeone perdent le ballon, ils ne sont pas immédiatement positionnés en bloc. Ils doivent d’abord passer par la transition défensive. Et avoir une défense placée si bien rodée sans maîtriser les transitions défensives relèverait du sacrilège, n’est-ce pas?

Attaquer pour bien défendre

Je vous le promets, on arrive à la fin de l’article et je vais faire assez court. Mais je ne pouvais pas écrire 5000 mots sur les différents blocs de l’équipe de Diego Simeone sans parler des phases qui précèdent la défense placée.

Bien souvent le football est décomposé en 4 phases qui s'enchaînent
Bien souvent le football est décomposé en 4 phases qui s’enchaînent

Je ne suis pas forcément d’accord avec cette représentation car elle sépare chaque phase alors qu’en réalité elles influent les unes sur les autres. Par exemple une équipe qui défend devant sa cage devra réaliser une transition différente (de même pour la phase offensive) de celle qui cherche à récupérer dans les 30 mètres adverses. Cependant c’est la représentation la plus courante aujourd’hui et elle reste assez pertinente pour que je fasse une entorse à mes idées.

Dans le cas qui nous intéresse, la phase offensive de l’Atletico est façonnée par la volonté de pouvoir maîtriser la transition défensive (perte de balle).

Savez-vous comment Barcelone récupère la balle si vite? Car ils n’ont jamais besoin de courir plus de 10 mètres – pour presser -, puisqu’ils ne font jamais des passes de plus de 10 mètres – Johan Cruyff

Et bien on retrouve la même philosophie dans cette équipe madrilène. En effet on constate vite que lorsque le jeu se développe, et ils cherchent le plus possible à repartir de l’arrière, les offensifs de Diego Simeone sont très compacts du côté du ballon. Notamment les « ailiers » qui se comportent en réalité comme des milieux offensifs centraux voire des attaquants.
Cette grosse proximité entre les joueurs permet d’augmenter la probabilité de récupérer les seconds ballons et d’opposer rapidement des joueurs au porteur du ballon en cas d’interception adverse. Un pressing à la perte, le fameux gegenpressing, qui empêche l’adversaire de partir en contre.
De plus l’essentiel des actions offensives se développent dans les couloirs, avec des combinaisons courtes essentielles pour profiter de la compacité. Or perdre le ballon dans ces couloirs est bien moins dangereux que dans l’axe, c’est un bon moyen d’équilibrer l’équipe lorsqu’elle attaque.

 

Evidemment attaquer dans de si petits espaces nécessite une grande qualité technique, c’est pourquoi les recrutements récents de l’Atletico Madrid ont ciblé ce type de profil (Griezmann, Oliver, Correa, Carrasco, Vietto, …). Cela donne des offensives très agréable à voir, ce qui tranche avec l’image « brute » des colchoneros.

Atletico Madrid : conclusion

On arrive au bout de cette analyse de l’Atletico Madrid. En traversant le terrain d’un bloc haut jusqu’au bloc bas le plus extrême, en passant par la phase de transition, on a pu voir que cette équipe a de nombreuses cartes dans sa manche et que l’ensemble est très cohérent. Ces différentes solutions permettent de s’adapter à la situation du match et à l’adversaire, ce qui est primordial lorsqu’on ne peut pas prétendre imposer son jeu à tous les adversaires pendant toute la saison comme peuvent le faire le FC Barcelone ou le Bayern Munich.
Cependant même si tout ce que j’ai montré jusqu’ici montre que l’Atletico Madrid est une équipe au point collectivement, ces images ne peuvent pas rendre compte de la régularité et de la réalité de ces performances défensives. En effet on peut trouver des extraits d’animations défensives réussies pour toutes les équipes du monde, ce n’est pas pour autant que toutes défendent bien. C’est pourquoi j’aime bien ajouter des chiffres aux analyses.

On peut par exemple regarder la moyenne du nombre de tirs concédés pour 100 passes de l’adversaire. Cela permet de représenter la difficulté pour l’adversaire de trouver une position de tir lorsqu’il a le ballon.

atletico-def

Et sans surprise l’Atletico Madrid se détache puisqu’aucune équipe en Espagne ne concède aussi peu de tirs par passe de l’adversaire. Penchons-nous également sur les « Expected Goals » de la phase de groupe de Ligue des Champions de l’Atletico :

Seulement 3,2 expected goals concédés, meilleure équipe sur cette phrase de groupe. Et le match aller face au PSV (0,6) est dans la même veine. Si ça vous intéresse, voici ceux des autres prétendants à la victoire finale en C1 : Real Madrid, Paris Saint-Germain, Bayern Munich, Juventus Turin et enfin FC Barcelone

On peut d’ailleurs noter que les colchoneros ne sont pas juste excellents défensivement puisque leur puissance offensive a été dans les eaux des grandes écuries européennes.
Je ne vais pas plus vous assommer avec des chiffres et des stats, ils permettent juste d’appuyer le constat qui vient à la lecture de ce papier : oui l’Atletico défend très très bien.

Est-ce que ça sera suffisant pour les amener de nouveau vers les sommets européens? Difficile d’en être certain car ils n’ont pas forcément la marge offensive des cadors, marge qui permet d’assurer la qualification face aux équipes plus faibles. Mais assurément cette équipe fait partie des meilleures équipes d’Europe et sera un adversaire redoutable pour tous les autres qualifiés (s’ils passent le PSV). Aucune équipe ne peut envisager sereinement une double confrontation avec l’Atletico Madrid.

4 thoughts on “Analyse de l’excellence défensive avec l’Atletico Madrid

  • 14 mars 2016 at 18:59
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    Encore une excellente analyse. J’attendais celle-là avec une certaine impatience car on voit peu d’analyses des mécanismes de l’Atletico en langue française qui dépassent les « Le secret c’est le travail / ils mettent leurs tripes sur le terrain, à l’image de Simeone ».

    Pour la distinction 4-4-2 / 4-1-4-1, je ne sais pas ce que tu en penses mais j’ai du mal, justement parce que les joueurs sont les mêmes, à voir une dichotomie aussi claire dès le choix de formation de départ. J’ai souvent l’impression de voir une équipe initialement disposée en 4-4-2, mais dans laquelle un attaquant décroche vers le milieu par effet de balancier (lorsque l’adversaire vient de jouer sur le côté et repart dans l’axe et qu’il y a donc une transmission de marquage à effectuer), tandis que le milieu axial côté faible vient protéger la ligne du milieu (par le même effet de balancier). Et ce pour répondre à un besoin plus circonstanciel que structurel.

    Je suis pas sûr d’être clair, c’est pas évident par simple description textuelle 😀

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    • 14 mars 2016 at 19:28
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      On en vient souvent aux tripes (ou autres attributs dont on taira le nom) quand il faut expliquer des performances sans ballon malheureusement.

      Pour le 4-1-4-1 / 4-4-2 je t’assure que la différenciation existe. Ce n’est vraiment pas une séquence pendant laquelle un joueur se retrouve ponctuellement plus bas. D’ailleurs tu pourras noter qu’on ne voit pas les mêmes matchs pour les exemples de 4-1-4-1 ou 4-4-2. Il n’y a qu’un match dans tout ceux que j’ai visualisé au cours duquel ils ont changé d’organisation, c’est le match à Calderon face au Barca. Sinon tu vois vraiment les joueurs qui se replacent dans un système défini.

      Et merci beaucoup pour ton retour et ton esprit critique, la remarque était pertinente et ça aurait pu être effectivement plus circonstanciel que structurel!

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      • 28 octobre 2016 at 10:30
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        Excellente analyse!! Justement concernant les 2 systèmes : qu’est ce qui fait qu’ils vont jouer en 4-4-2 ou 4-1-4-1? Car tu laisses penser dans ton comm, qu’il s’agit d’un choix de départ de la part de Simeone. C’est en fonction du système adverse? Ou s’ils sont favoris ou pas?

        PS: à quand l’analyse du système offensif de l’atleti?

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        • 28 octobre 2016 at 21:25
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          L’utilisation de l’un par rapport à l’autre n’est pas très claire pour moi. Cela doit relever de spécificités chez l’adversaire, plus fines que le système utilisé.

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